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«Créer un fonds pour soutenir les entreprises qui se lancent en Afrique»
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«Créer un fonds pour soutenir les entreprises qui se lancent en Afrique»
● <B>L?économie africaine se réveille. Quelles sont les opportunités qui se présentent pour les entreprises mauriciennes sur le continent ?</B>
Les ouvertures existent dans pratiquement tous les secteurs d?activité. Compte tenu de l?expérience de Maurice dans certaines industries, j?estime que les opérateurs mauriciens peuvent trouver des créneaux intéressants dans l?agro-industrie, les services financiers, l?hôtellerie et le tourisme, l?aquaculture et l?ingénierie légère.
Plusieurs économies africaines se trouvent aujourd?hui dans la même situation que Maurice vers la fin des années 80. Elles ont bénéficié de la flambée des cours pétroliers et d?autres matières premières et de l?annulation des dettes, entre autres. Leurs classes moyennes sont en pleine expansion et tirent la croissance de la consommation.
C?est un bon moment pour entrer dans ces marchés. Les opportunités sont là. Il y a des niches à prendre. Mais il faut faire vite car d?autres pays sont déjà sur le coup. Le continent a tout ce qu?on n?a pas : de vastes superficies de terre, des ressources naturelles, des matières premières et des marchés en pleine expansion.
Maurice est partie prenante de la Southern African Development Community (SADC) et du Common Market for Eastern and Southern Africa (COMESA). Cela nous donne la possibilité d?accéder à des marchés dans des conditions préférentielles, d?importer de ces pays en des termes favorables et d?étendre nos barrières économiques au-delà de nos limites géographiques.
● <B>Avoir une stratégie africaine </B>
C?est très rassurant de constater que le secteur privé mauricien a commencé à explorer Madagascar depuis les années 90 et tout récemment les autres îles avoisinantes dont les Seychelles et les Maldives. Cependant, très peu d?entreprises mauriciennes se sont aventurées sur le continent. Il existe beaucoup d?opportunités dans des pays tels la Zambie, la Tanzanie, le Mozambique, et d?autres Etats en Afrique centrale et en Afrique de l?ouest.
● <B>Que faut-il faire pour que Maurice puisse explorer le business sur le continent ? </B>
Il faut une action concertée entre le secteur public et le secteur privé. Je pense, par exemple, à la création d?un fonds auquel participeront la Development Bank of Mauritius, la State Investment Corporation, la SICOM et certains groupes privés. Ce fonds servira à soutenir les entreprises mauriciennes qui veulent se lancer en Afrique.
Une fois que le fonds a été constitué, des institutions de financement internationales telles la Banque européenne d?investissement, la Development Bank of South Africa et des agences comme Proparco et Norsad pourraient être appelées à y contribuer.
Je pense qu?il est tout à fait possible de lever des capitaux d?un montant de $ 50 millions (Rs 1,5 milliard environ). Le fonds pourra investir sous forme de fonds propres et/ou de quasi equity dans les sociétés qui vont faire des affaires dans les pays africains. Ceci pour assurer que les bénéfices de ces opérations sont rapatriés à Maurice.
Les grands groupes mauriciens devront avoir une stratégie africaine. Il faut qu?ils aient des personnels qui sont dédiés à la recherche et à la conclusion des opportunités en Afrique. Cela ne peut se faire en restant à Maurice et attendre que les opportunités arrivent.
Les entreprises concernées devront avoir des objectifs par rapport à leur engagement sur le continent. Elles peuvent décider de consacrer, par exemple, 50 % de leur portefeuille d?investissement en Afrique pour les cinq prochaines années. Je crois sincèrement qu?il s?agit là d?un objectif réalisable.
Il n?y a pas que les entreprises privées qui peuvent trouver des créneaux porteurs en Afrique. Les compagnies d?Etat telle la State Bank of Mauritius (SBM) peuvent y trouver de très belles perspectives de croissance. La SBM doit pouvoir avoir une présence dans plusieurs pays africains au lieu de se limiter à Madagascar et l?Inde.
● <B>Comprendre les marchés</B>
D?autre part, il faut donner une nouvelle orientation aux actions de promotion sur le continent. Les initiatives d?Enterprise Mauritius sont certes importantes, mais elles ne suffisent pas. Il est nécessaire d?aller au-delà des foires et des Salons professionnels.
Quand je voyage en Afrique, je constate qu?il y a beaucoup de business potentiel pour les opérateurs mauriciens. Il faut que les entreprises prennent le temps à comprendre les marchés et la culture des affaires en Afrique. Pour cela, il faut aller sur place et développer de bons réseaux. Cela ne peut pas se faire en organisant une ou deux foires par an.
● <B>Les entreprises mauriciennes craignent beaucoup les risques de faire des affaires sur le continent?</B>
Les risques existent dans tous les pays. Il faut savoir les évaluer et les gérer. Etant donné que les groupes mauriciens ne sont pas des grosses multinationales avec beaucoup de ressources financières, il faut bien choisir les pays dans lesquels on va investir.
La stabilité politique est un facteur essentiel pour développer les affaires. La Zambie, par exemple, est un pays politiquement stable et a été une démocratie depuis qu?elle est indépendante. Elle offre un bon climat pour l?investissement.
De plus, Maurice et ce pays ont des liens diplomatiques étroits et amicaux qui remontent au temps de Sir Seewoosagur Ramgoolam et du président Kaunda. Il faut pouvoir capitaliser sur ces atouts.
Il y a, d?autre part, des plans d?assurance pour se protéger contre des risques politiques. Il est aussi possible de faire appel à des institutions de développement internationales pour qu?elles puissent partager les risques.
Propos recueillis par A.R.</B>
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