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«C?est faux de dire que nous abusons de notre position sur le marché»

14 novembre 2007, 00:00

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PBL est un des plus gros fournisseurs de boissons gazeuses et alcoolisées à Maurice. Comment un opérateur de votre envergure perçoit-il l?avènement d?une loi sur la concurrence ?

L?introduction d?une législation sur la concurrence est une démarche très positive. C?est une étape logique en termes de réglementation sur la manière d?opérer.

Cependant, ce ne serait pas une bonne chose de copier des textes de loi qui sont, au fait, appropriés aux grands pays et de les appliquer au contexte local. Je me réfère au critère de 30 % des parts de marché, qui pourrait suggérer qu?une entreprise occupe une position de monopole. Dans certaines activités de notre usiness, en l?occurrence la bière et les boissons gazeuses, nous détenons des parts de marché largement supérieur à 30 %.

Si l?on compare la situation à Maurice avec celle qui prévaut dans des marchés plus développés à l?étranger, l?on s?apercevra que les produits de la compagnie Coca Cola occupent 30 %, 40 %, ou même plus, de parts de marché. C?est la réalité lorsqu?on travaille avec un brand multinational et à plus forte raison, avec une enseigne comme Coca Cola qui est un leader sur le marché international.

La position de leadership et de part de marché substantielle est déterminée par le consommateur. Celui-ci a une grande variété de boissons gazeuses à Maurice. Le marché compte environ six types de colas et une gamme d?autres boissons gazeuses. Toutefois, les consommateurs choisissent les produits de Coca Cola.

L?argument de «brand» international ne s?applique pas aux bières, que vous fabriquez. Peut-on envisager d?autres opérateurs dans cette industrie?

Ayant travaillé dans l?industrie de la brasserie pendant plusieurs années, je peux vous dire que ce business exige une certaine taille pour assurer des économies d?échelle. Phoenix Beverages est dans cette activité depuis 1963. Pendant de très longues années, nous avons été l?unique brasserie sur le marché. J?accueille le fait que nous ayons maintenant un concurrent.

Toutefois, il serait irréaliste d?imaginer une situation où plusieurs brasseries se battraient dans un marché de taille relativement petite. Dans un tel cas de figure, les coûts d?opération seront plus élevés faute d?économies d?échelle suffisantes. Cela n?est pas dans l?intérêt des consommateurs.

Notre marché représente une production annuelle de moins de 400 000 hectolitres (volumes de cent litres). La plupart des brasseries au monde détiennent une capacité largement supérieure à ce chiffre et ne s?intéresseront jamais à une capacité inférieure à un million d?hectolitres par an.

Lorsqu?on évoque les positions de monopole dans le cadre du «Competition Bill», plus d?un font référence à la position de monopole de PBL. Comment réagissez-vous face à cette perception ?

PBL opère dans quatre lignes d?activité, à savoir la bière, le vin, l?eau et les boissons gazeuses. Nous faisons face à une forte compétition dans tous les secteurs. Concernant la bière, la concurrence vient du rhum et d?autres spiritueux.

Nous avons aussi beaucoup de concurrents dans le marché du vin. Je dois préciser que les vins produits à Maurice sont également un compétiteur à la bière. Il existe, d?autre part, plusieurs produits concurrents dans l?activité des boissons gazeuses. Il y a également les boissons non gazeuses qui sont une menace.

En ce qui concerne le business de l?eau, nous représentons un très faible pourcentage de la consommation totale de cette denrée sur l?ensemble de l?île.

Il y a des allégations selon lesquelles vous abuseriez de la force de votre portefeuille de produits pour contraindre les revendeurs à acheter vos différents produits. Que répondez-vous à cette accusation ?

J?accueille favorablement l?avènement de la loi sur la compétition et les exigences de transparence qui vont avec. Cela va nous permettre d?établir la vérité concernant nos pratiques de vente. Nous pourrons également répondre à nos détracteurs qui, sans cesse, nous accusent d?abuser de notre portefeuille pour forcer les détaillants à acheter des produits autres que ceux qu?ils souhaitent. Ils allèguent, par exemple, que nous obligeons les revendeurs à acheter la bière Phoenix parce qu?ils ont besoin de Coca Cola.

La vérité est que plus de 40 % de nos clients vendent de la bière Phoenix mais pas nos boissons gazeuses ou notre eau embouteillée. C?est faux de dire que nous abusons de notre position sur le marché.

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