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« Nous traitons les ONG que nous aidons en partenaires »

7 janvier 2006, 20:00

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La Fondation espoir et développement (Fed) a été créée par le grou-pe Beachcomber pour financer un certain nombre de projets de développement. Pourquoi ?

Dans le cadre de leur budget de sponsoring, les entreprises mauriciennes participent financièrement à différents projets de « proximité », comme des tournois de pétanque ou de fléchettes. Il faut savoir que les entreprises ont certaines contraintes liées au fait qu?elles essaient de faire plaisir à tout le monde. Ainsi, elles seront généralement plus disposées à financer dix projets de Rs 5 000 chacun, qu?un seul de Rs 50 000. Cela satisfait également les responsables marketing, car il y aura ainsi dix « événements » visibles, médiatisés. Il y a un côté « relations publiques » dans les dons de certaines entreprises.

Beachcomber a choisi de procéder différemment. Tout d?abord, notre « marché » n?est pas local, et nous avons voulu nous concentrer dans la durée et essayer de donner des moyens aux personnes pour les aider à décoller. D?où notre option de financer des ONG.

Que faites-vous au juste ?

Les établissements du groupe Beachcomber sont déjà présents dans les régions où elles sont situées. La Fed, de son côté, offre une enveloppe de Rs 10 millions annuellement pour les projets choisis. Ce choix s?opère selon des critères précis et nous avons identifié quatre secteurs d?action : l?éducation et la formation ; la santé et la prévention-réhabilitation de la toxicomanie ; le social ; et, la culture, les sports et les loisirs. Nous ne finançons pas la construction de bâtiment, mais nous finançons les dépenses courantes, comme les salaires de permanents ou le coût d?études.

Cet argent est-il bien employé ?

Oui. Les bénéficiaires de notre aide doivent suivre des critères stricts de gestion et nous rendre compte régulièrement de l?avancée de leurs projets. Nous avons participé, nous en sommes convaincus, à l?institution d?une gestion plus rigoureuse et professionnelle chez les bénéficiaires de notre aide. Nous effectuons également plusieurs visites sur le terrain et plusieurs rapports intermédiaires sur les projets qui sont soumis. Il y a un engagement de la part de tout bénéficiaire d?accountability.

L?entreprise ne se donne-t-elle pas bonne conscience quant à sa responsabilité sociale en offrant un chèque à des ONG ?

À la Fed, nous traitons les ONG que nous aidons en partenaires et nous ne voulons pas être une simple pompe à fric. Ainsi, outre notre engagement financier, nous demandons à nos partenaires d?être, en retour, « utiles » aux 4 000 employés du groupe Beachcomber.

D?abord, nous souhaitons que les employés de Beachcomber puissent participer aux activités de nos bénéficiaires. Car, après tout, c?est le fruit de leurs efforts qui permet de dégager les Rs 10 millions allouées à la Fed chaque année. Ainsi, Pils, par exemple, fait régulièrement des campagnes de prévention et d?information sur le sida auprès de nos employés. J?estime que de nombreuses ONG devraient proposer ce type de « service » aux entreprises qui les aident.

Quels sont les axes dans lesquels le Fed compte s?engager prochainement ?

Beachcomber veut être plus présent au niveau des projets en faveur de l?artisanat, de l?« employabilité » de jeunes et de la promotion des PME liées à l?artisanat.

Propos recueillis par Érick BRELU-BRELU

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