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« Made in China »
Aujourd?hui un cinquième de toute l?humanité entame l?année du chien. Une image, s?il en fallait une, de l?influence grandissante de la Chine et de sa diaspora sur l?ensemble de la planète. À Maurice, en Europe, aux États-Unis, ou ailleurs aux quatre coins du monde, des lions vont jubiler dans les rues.
Il y a encore quelques décennies on le répétait à l?envi : la Chine fera trembler la planète quand elle se réveillera. Cela s?est avéré. Elle est valeur du jour la troisième puissance mondiale et elle continue de croître à une vitesse phénoménale. Elle est devenue depuis trois ans le premier réceptacle des investissements directs étrangers mondiaux.
La production industrielle chinoise est inouïe. Les produits « Made in China » envahissent tous les pays. La Chine fabrique 55 % des jouets du monde, 50 % des appareils-photos, 40 % des téléviseurs. Et chez nous, plus que les délices culinaires associés à la Fête du Printemps, l?on ressent fortement les secousses, notamment sur le plan textile.
Plus loin (en page 15), Amédée Darga, à la tête d?Enterprise Mauritius, réitère qu?il faut revoir notre stratégie en textile-habillement : en effet, on ne pourra jamais concurrencer la Chine avec son réservoir de millions et de millions d?ouvriers qui travaillent à bas prix.
Mais même si on doit changer de filière textile, en misant davantage sur le haut de gamme style Italie, il y a des leçons à tirer de l?expérience chinoise. Certes là-bas les salaires des ouvriers sont bas ? ils sont encore plus bas en Indonésie et au Bangladesh ! ? mais l?attractivité chinoise est plus que l?aspect mercantile: c?est un ensemble que forment l?accueil fait aux investisseurs étrangers et l?accès à des ressources humaines de qualité disposant à travailler à des heures qu?on jugerait indues chez nous.
Il faut cependant souligner que l?absence de syndicats et l?accès direct à un marché domestique gigantesque sont d?autres facteurs que Maurice ne pourra jamais brandir au nez des investisseurs.
À toutefois considérer la Chine uniquement comme un réservoir d?industries bon marché est réducteur.
La haute couture européenne y a pignon sur rue. Ce pays est aussi en plein développement dans les hautes technologies et dans la recherche pharmaceutique. Il y aura d?ici deux ans plus de développeurs chinois de logiciels qu?en Inde. La Chine diplôme 400 000 ingénieurs par an, dont le niveau n?a rien à envier aux grandes universités européennes. Alcatel a du reste recruté, en 2003, 3 500 ingénieurs formés en Chine pour ses centres de R&D de Chengdu et Shanghai.
Outre son économie, la culture traditionnelle chinoise ne cesse d'étendre son influence. Parmi les traditions qui sont appréciées des étrangers, il y a au-delà du zodiaque (le chien qui chasse le coq), de plus en plus d?écoles qui intègrent dans leur cursus, parallèlement à Shakespeare, Emerson, Molière et autres références de l?Ouest, les écrits érudits de Confucius et de Lao-Tseu, entre autres.
Les sciences politiques, elles, se focalisent sur les paris lancés par Deng Xiaoping au début des années 80 : celui de l?ouverture et celui de la modernisation. Encore plus instructive la constance de ces réformes maintenues avec rigueur par Jiang Zemin et Hu Jingtao par la suite.
Cette année 2006 est placée sous le signe du « meilleur ami de l?homme »; c?est justement là où la Chine a encore du retard à rattraper...
Mais l?heure est à la célébration. Kung Shee Fat Choy. Il faudra nous habituer à l?orthographe : le chinois sera la première langue sur Internet d?ici deux ans.
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