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« Il met en pratique ce que je lui dis »

17 avril 2005, 00:00

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Elle déboule en trombe d?une salle de classe. La voiture à l?enseigne de l?express, garée dans la cour de l?école primaire d?Allée Brillant, la met mal à l?aise. « Je voulais être discrète, mais c?est raté. Je n?aime pas mélanger la politique sur le lieu du travail », explique Roshnee Gunness, l?épouse du nouveau ministre des Infrastructures publiques, Ajay Gunness. C?est bien de politique qu?on parlera.

Roshnee est inspectrice de préprimaire dans la zone 4. Elle connaît son mari depuis 25 ans, vous retrace le parcours de ce dernier dans le détail. Rien ne lui échappe. Du syndicaliste qui a mené une grève de la faim, au président de village de Médine-Camp-de-Masque, du président de shivala et de l?UPSEE au député de la circonscription 9 puis 10, du Junior Minister au portefeuille des Infrastruc-tures publiques? elle l?a vu gravir les échelons.

Roshnee ne s?en cache pas. La politique l?a dévorée aussi. Elle aurait pu se lancer plus activement dans l?arène, poser sa candidature pour les municipales, si elle n?avait pas Rusheel qui a un an et trois mois à peine. Elle s?est tout de même taillé une place importante auprès de son époux. « C?est ça la vie. On ne peut pas rester chez soi et regarder le pays. Si je ne l?accompagne pas sur le terrain, ses mandants demandent où je suis. » Après ses heures de boulot, elle se transforme donc en secrétaire, reçoit chez elle les doléances des gens. « Je les écoute et je report back. Parfois, je leur donne des conseils. Notre porte est ouverte à tous. »

Le compromis entre vie privée et vie publique est loin d?être parfait. « Quand on va dîner dehors, il y a toujours des gens qui viennent lui parler business. On a le téléphone jusque dans la chambre à coucher. Mais on ne se plaint pas, nous voulons être à proximité des gens. » Et si vous semblez l?accuser d?avoir des privilèges parce qu?elle est femme de ministre, si vous lui demandez si elle paye ses notes de restaurant, elle se récrie tout de suite : « Il faut qu?on garde nos reçus en guise de précaution. » De toute façon, la famille Gunness n?a pas beaucoup de loisirs ensemble. « Heureusement qu?il y a les sms, comme ça je peux communiquer avec lui, même quand il est en réunion. »

Roshnee Gunness reste proche de son mari. Elle le rassure, l?encourage, l?inspire même peut-être. « Comme je ne suis pas ministre, j?ai du recul sur les choses. Je lui en parle. Je ne sais pas s?il me take for granted, mais en tout cas, je l?observe et parfois, je vois qu?il met en pratique ce que je lui dis. » Quand elle a le temps, elle va assister aux séances au Parlement. Soudé, le tandem Gunness l?est jusque dans le choix de leurs vêtements. « Il cherche tout le temps mon opinion. » Elle se fait d?ailleurs un point d?honneur de repasser elle-même ses chemises et pantalons.

« Même s?il n?est plus ministre demain, mon mari continuera son combat. Nous sommes habitués à cette vie publique », dit-elle avec un « nous » qui montre qu?elle ne risque pas d?être évincée.

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