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« Il faut s?ouvrir au monde »

10 septembre 2006, 00:00

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■ Voyez-vous des similitudes entre la Nouvelle-Zélande et Maurice ?

La Nouvelle-Zélande a entrepris des réformes en profondeur en prônant des mesures d?ensemble. Nous faisons face aux mêmes difficultés que vous. Nous sommes loin de nos marchés mais nous avons eu la volonté d?ouvrir notre économie, ce qui l?a aidée à se développer. Nous avons dû faire face à un fort taux de chômage et ce n?est pas pour autant que nous avons baissé les bras. On s?en est sorti. Cette visite nous permet donc de partager notre expérience comme celles du Chili, de l?Irlande et du Mexique. Je suis ici pour encourager Maurice et l?aider à la transformation de son économie.

■ Quels ont été les résultats des réformes que vous avez initiées ?

Nous avons obtenu de très bons résultats sur le taux du chômage. Celui-ci est faible aujourd?hui. Nous avons aussi doublé notre taux de croissance, alors qu?il stagnait autour de 3,7 % pendant les années précédant la réforme. La Nouvelle-Zélande est devenue un pays où il est très facile de faire du business. Au niveau budgétaire, nous atteignons l?équilibre ou même des excédents alors qu?avant le déficit était chronique. Du coup, la dette publique qui avait atteint 57 % de notre produit intérieur brut est descendue à 10 %. Ce sont quelques exemples concrets de ce que nous a rapporté notre politique de réforme. Je suis convaincue que la vôtre vous permettra de réussir. Vous connaîtrez sûrement une phase de progrès accélérée si les mesures initiées sont comprises par tous.

■ Pour beaucoup de Mauriciens, le budget a été un choc?

Le budget donne une direction à suivre. Il apporte des solutions, il ne peut pas être considéré comme un choc. Les vrais chocs sont les difficultés dans le textile, les produits pétroliers et la perte de vos préférences commerciales. Le budget vise à apporter des solutions concrètes pour faire face à ces problèmes difficiles, certes, mais pas insurmontables. Nous avons connu les mêmes difficultés en Nouvelle-Zélande. Alors il faut commencer par apporter des changements fondamentaux. La première condition est une stabilité au niveau macro-économique, par le contrôle des grands indicateurs comme l?inflation, un faible déficit public, un régime fiscal incitatif, l?ouverture des marchés et la responsabilité fiscale des gouvernements successifs.

■ Quels sont les ingrédients pour la réussite d?une réforme ?

Il faut d?abord avoir du courage politique pour prendre les mesures qui s?imposent afin de créer les conditions nécessaires pour redresser votre économie. La réussite de notre programme est aussi due au fait, qu?en dépit des changements de gouvernements au cours des dernières années, les recettes de base sont restées les mêmes. L?adhésion des citoyens est aussi primordiale ; il faut un changement d?attitude quand vient le temps de la réforme. Les gens doivent comprendre l?urgence de changer.

Et pour cela, il faut aussi avoir le leadership nécessaire.

■ Et croire que l?ouverture de l?économie va être bénéfique?

Il faut s?ouvrir au monde et vous verrez que ces conditions réunies vont donner plus de souffle à votre économie. Il faut ouvrir votre économie et s?armer afin de faire face à la compétition. Les temps ont changé et il faut s?adapter aux nouvelles donnes sur le plan du commerce international et des nouvelles pratiques. Imaginez, il y a dix ans, l?Internet n?existait pas. Bien des choses se sont passées dans le monde informatique. Ce qui est fantastique car ce secteur génère pleins de nouvelles activités et de la croissance.

■ La performance des organismes parapublics suscite bien des débats à Maurice. Comment les dynamiser selon vous ?

En qui concerne le secteur public, il faut tout d?abord savoir dans quelles activités l?État veut et doit s?impliquer. Et une fois qu?on choisit les domaines, l?accent doit être mis sur l?efficience et la productivité.

L?État investit dans ces organismes parapublics, il est donc impératif que ces derniers travaillent de manière efficace en fournissant les services et résultats qu?on attend d?eux. Ce sont les résultats qui comptent, sinon la bataille de la compétitivité est perdue.

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