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Alliance «On-Off» bis repetita
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Alliance «On-Off» bis repetita
Le mauvais feuilleton que nous sert, ces jours-ci, le MMM – en direct de son studio de la rue Ambrose – rappelle l’alliance On-Off de triste mémoire de 2014. À cette époque, le Premier ministre Navin Ramgoolam et le leader de l’opposition Paul Bérenger tentaient, tant bien que mal, de fignoler un arrangement électoral en maintenant le Parlement en état de suspension pendant huit longs mois. Aujourd’hui, le même Bérenger hésite encore: doit-il ou non quitter le gouvernement, officiellement, sur fond de réforme électorale? Cette réforme tant promise, mais si souvent sacrifiée sur l’autel des calculs partisans, serait-elle devenue plus facile à entreprendre en dehors du cabinet?
Un communiqué du Bureau du Premier ministre, daté du 14 août 2014, pourrait presque être recyclé mot pour mot aujourd’hui : «Les discussions ont beaucoup avancé et il reste quelques points à peaufiner». Pour le reste, il fallait, et il faut toujours, patienter.
En 2014 comme en 2024, la promesse est quasiment la même : le PTr et le MMM s’unissent pour offrir au pays une réforme électorale digne de ce nom. Pas un mini-amendement cosmétique destiné à calmer les impatiences, un vrai.
En 2014, avant leur débâcle face à l’alliance Lepep, l’objectif du tandem rougemauve était clair : rafler, après celui de 1995, un autre 60-0 et profiter, «une dernière fois», d’un système électoral inique et injuste. Lors d’une conférence de presse à Clarisse House, Ramgoolam avait souri quand Bérenger lança, face aux caméras : «Le PTr et le MMM vont construire un pays phare, un modèle de démocratie.» Mais, aux elections, la mayonnaise n’avait pas pris. Le calcul simpliste ‒ 40 % + 40 % = 80 % ‒ s’est transformé en addition de méfiances.
Le 12 décembre 2014, l’express titrait: «La Chute». Nous écrivions alors que Ramgoolam et Bérenger avaient les chiffres, mais pas les êtres. Leurs alliances reposaient sur des équations, non sur des émotions. Le terrain racontait autre chose que leurs discours : la fatigue du pouvoir, la lassitude des militants, l’usure d’un rêve mal partagé.
Et pendant qu’ils s’acharnaient à réconcilier leurs appareils politiques, un petit parti, certes soutenu par l’argent du Sun Trust, réinventait sa stratégie: créativité, audace et connexion avec les bread-and-butter issues du peuple…
Aujourd’hui, en 2025, en tête des points de friction entre Bérenger et Ramgoolam, reste la réforme électorale ‒ et plus précisément le sort du Best Loser System (BLS). Le leader du MMM voudrait le maintenir, avec une dose de proportionnelle. Ramgoolam, lui, veut en finir : «Le BLS et la proportionnelle ne peuvent coexister ; c’est une contradiction.»
Derrière les formules, une question taboue : le gouvernement mettra-t-il la réforme à l’ordre du jour du Conseil des ministres ? C’est, au fond, tout l’enjeu du nouveau psychodrame du vendredi à Ambrose.
***
À chaque annonce de réforme électorale, la même hypocrisie. On promet de dépasser les clivages communautaires, mais on conserve un système qui les fige. Le Best Loser System continue d’assigner chaque Mauricien à une identité figée dans le recensement poussiéreux de1972. Cinquante ans plus tard, ce mécanisme, censé garantir la diversité, n’est plus qu’un alibi commode pour ne rien changer.
Les deux dirigeants le savent : le statu quo arrange tout le monde. Pendant ce temps, nous restons prisonniers d’un fichier ethnique obsolète, incapables d’élire sans cocher la case d’une appartenance. Le droit fondamental de se présenter sans décliner son origine reste bafoué. La vraie question n’est plus faut-il réformer le BLS ?
Il est temps de mettre de côté la propagande des vieux appareils. Pour que ce pays se modernise, il faudra dépasser les intérêts des «propriétaires» de partis politiques et de leurs courtisans. La réforme électorale ne doit plus être le jouet d’un Parlement d’habitudes.
Ce dont Maurice a besoin, ce n’est pas d’un nouvel épisode du lassant feuilleton, tantôt On, tantôt Off. Ce dont nous avons besoin c’est surtout d’une loi sur le financement des partis et de sang neuf injecté dans un système en décomposition. Tant que nous aurons les mêmes acteurs récitant le même script, la République ne sera qu’un théâtre d’ombres, avec des Sobrinho et des Ravatomanga prêts à acheter notre conscience politique.
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