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Nécrologie
Adieu à Alain Rouget, maître des lettres
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Nécrologie
Adieu à Alain Rouget, maître des lettres
Il est des professeurs qui passent et d’autres qui demeurent, longtemps après que la cloche a sonné. Alain Rouget appartenait à cette race rare. Dans les salles du collège du Saint-Esprit, il ne se contentait pas d’enseigner la grammaire ou de corriger des fautes : il insufflait à ses élèves le goût des mots, la rigueur d’une phrase bien bâtie, la joie d’une idée lumineuse.
Il ne flattait point, ne cajolait pas : il allait droit au but, dénonçant la paresse d’un «tu peux faire mieux», saluant l’effort maladroit d’un «bel effort». Et même les cancres, à son contact, relevaient la tête. Par lui, Maupassant et Balzac reprenaient chair, Gro Sirop et Bacoulou s’animaient, et l’adolescent distrait découvrait soudain le sacré de la littérature.
Sa pédagogie débordait le cadre scolaire : elle était culturelle, humaine, historique et politique. Il détestait le népotisme, qui empêchait l’émergence d’une véritable égalité des chances.
Alain Rouget s’est éteint comme il a vécu : sans bruit, lisant son journal, fidèle à lui-même. Il laisse derrière lui des générations qui, aujourd’hui, lui doivent jusqu’à la pudeur de savoir écrire un courriel sans trop de fautes.
À ses proches – son épouse, sa fille, son fils Yanic et sa nièce Brinda – l’express adresse ses sincères condoléances. Une veillée mortuaire aura lieu ce vendredi après-midi au Moura Funeral Home, à Petite-Rivière. Les funérailles se tiendront samedi, au retour de son épouse. Adieu, Monsieur le Professeur
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