Publicité

Flic-en-Flac

Accès à la mer pour les enfants en situation de handicap grâce aux fauteuils amphibies

24 novembre 2025, 13:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Accès à la mer pour les enfants en situation de handicap grâce aux fauteuils amphibies

La plage publique de Flic-en-Flac a connu une matinée particulière le jeudi 20 novembre. À l’occasion de la Journée mondiale de l’enfance, la Beach Authority, en collaboration avec la Special Education Needs Authority (SENA), a lancé les activités de Floating Beach Wheelchair, permettant aux enfants en situation de handicap d’aller dans l’eau en toute sécurité grâce à des fauteuils amphibies.

Trois écoles étaient présentes : la Fondation Georges Charles, l’APRIM et l’APBS. Pour beaucoup de ces enfants, c’était une première expérience. Certains découvraient la sensation des roues flottantes avançant doucement vers la mer, d’autres riaient simplement en touchant l’eau. Ces fauteuils, pourtant acquis depuis deux ans, étaient restés inutilisés dans un entrepôt.

Le ministre de l’Intégration sociale, Ashok Subron, a rappelé l’importance de cette initiative. «Moris ena boukou trezor, parmi, nou lamer. Nou la pou rann sa rises-la aksesib a tou bann zanfan», a-t-il déclaré. Il a aussi souligné que beaucoup d’enfants mauriciens ne savent pas nager, ce qu’il juge inquiétant dans un pays entouré par la mer. «Every child is my child», a-til ajouté en citant Thabo Mbeki, avant d’évoquer l’augmentation du nombre de personnes vivant en situation de handicap et la nécessité d’adapter les politiques publiques.

La junior minister de l’Environnement, Joanna Bérenger, a, de son côté, insisté sur le fait que l’accessibilité n’est pas une faveur, mais un droit. «Kan enn dimounn pa kapav al lor laplaz akoz pena bann infrastriktir adapte, sa li enn form diskriminasion. Laksesibilite pa enn kado. Li enn drwa», a-t-elle affirmé. Elle a rappelé les combats menés depuis des années pour la reconnaissance des droits des personnes en situation de handicap et l’importance de ne pas laisser s’installer l’indifférence. Selon elle, cette initiative n’est pas seulement la mise en service d’un équipement ; c’est un rappel que chaque citoyen mérite sa place sur la plage, dans la société et dans l’avenir du pays.

Le chairman de la Beach Authority, Ananda Rajoo, a, lui, évoqué la symbolique de la mer. «Laplaz apartenir a tou dimounn. Depi lanfans, bizin aprann respekte lamer ek lavi ki ena ladan», a-til expliqué. Il a également reconnu les manquements du passé : les fauteuils, achetés pour Rs 7,6 millions, avaient été pointés dans un rapport de l’Audit pour être restés inutilisés. «Le ministre nous a demandé de mettre ces fauteuils en utilisation avant de passer à d’autres projets», a-t-il précisé, en rappelant que la priorité reste l’accessibilité.

Le chairman de la SENA, le Dr Veemen Kalisetty Appadu, a souligné les bienfaits de l’eau de mer pour les enfants à besoins particuliers. «Li pa zis enn aktivite pou amize. Delo sale ede pou soulaz douler, pou mobilite. Nou antoure par enn antidepreser natirel», a-t-il expliqué, tout en appelant à former l’ensemble du personnel de la SENA pour accompagner ces activités en toute sécurité.

Après Flic-en-Flac, les fauteuils seront aussi disponibles à St-Félix, Belle-Mare et Mont-Choisy, sur inscription auprès de la Beach Authority. Jeudi dernier, au-delà des discours, ce sont surtout les rires et les éclaboussures des enfants qui ont donné tout son sens à l’événement. Pour beaucoup, ce n’était pas seulement une sortie à la plage : c’était un accès retrouvé à un lieu auquel ils avaient droit depuis toujours.

Publicité