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Débats post-budgétaires 2026-2027

Aadil Ameer Meea : «Maurice doit passer d’une économie de consommation à une économie de production»

25 juin 2026, 13:00

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Aadil Ameer Meea : «Maurice doit passer d’une économie de consommation à une économie de production»

Le ministre de l’Industrie, des PME et des coopératives, Aadil Ameer Meea (photo), a défendu le Budget 2026-2027 en le présentant comme un exercice de «responsabilité», mais aussi «d’ambition». Lors de son intervention, il a insisté sur la nécessité de reconstruire la base productive du pays, de renforcer les exportations et de rendre Maurice plus compétitive face aux nouvelles réalités économiques mondiales.

Aadil Ameer Meea estime qu’un changement de modèle économique est nécessaire. «Aucun pays n’est devenu prospère simplement en dépensant moins. Les pays deviennent prospères en gagnant plus, en produisant plus et en vendant davantage au monde», a-t-il déclaré. Selon lui, Maurice doit passer d’une économie basée sur la consommation et les importations à une économie axée sur la production, l’innovation et les exportations.

Le ministre a tiré la sonnette d’alarme sur le déficit commercial, estimé à Rs 211,3 milliards en 2025, et qui pourrait atteindre Rs 215 milliards en 2026. Il a rappelé que le secteur manufacturier représente environ 13% du PIB, 15% de l’emploi total et près de 80% des exportations domestiques. Toutefois, il a déploré un affaiblissement du secteur pendant la dernière décennie, avec une baisse de la part manufacturière dans l’économie, passée de 15,4% en 2014 à 12,8% en 2024.

Des «bills» à venir

Afin de relancer ce secteur, le gouvernement prévoit l’introduction d’un nouveau Industry Bill, qui servira de base pour renforcer la politique industrielle, l’investissement, les exportations et la compétitivité. Une nouvelle Mauritius Industry and Export Development Agency sera également mise en place avec l’objectif de doubler la valeur des exportations de biens, de 1,5 milliard USD actuellement à 3 milliards USD dans les cinq prochaines années.

Le ministre a également annoncé la prolongation de l’Investment Tax Credit pour les entreprises manufacturières jusqu’en juin 2029. Ce mécanisme permet une déduction de 45% sur trois ans pour les investissements dans les équipements, l’intelligence artificielle ou encore les brevets. Un Productivity Master Plan sera aussi élaboré par le National Productivity and Competitiveness Council.

Concernant les PME, Aadil Ameer Meea a annoncé l’arrivée d’un SME Bill et d’un Business Facilitation Bill afin de simplifier les démarches administratives. SME Mauritius mettra également en place une plateforme numérique unique regroupant aides, subventions, incitations fiscales et solutions de financement disponibles.

Le gouvernement souhaite aussi accompagner les startup avec une exonération d’impôt sur le revenu pendant dix ans, un Start-Up Bill, un Start-Up Council et un programme d’accélération.

Le ministre a aussi abordé la réforme des pensions, reconnaissant que certaines mesures avaient suscité des inquiétudes, notamment autour du means test. «Je ne vais pas faire semblant: cette réforme a soulevé des interrogations», a-t-il déclaré. Selon lui, ce critère de ressources posait un «véritable problème», notamment son impact sur les plus vulnérables et sur le principe d’universalité auquel les Mauriciens restent attachés.

«Doubters to believers»

Aadil Ameer Meea a expliqué que le MMM avait partagé ces préoccupations, mais avait choisi la voie du dialogue au sein du gouvernement. «Nous ne sommes pas allés sur les réseaux sociaux. Nous n’avons pas convoqué de conférence de presse. Nous n’avons pas brandi de menaces», mais le Bureau politique du MMM s’était réuni pour analyser la situation avant de solliciter une rencontre avec le Premier ministre, dont il a salué la décision de geler l’application du means test afin de permettre une réflexion plus approfondie.

Pour lui, cette approche démontre la capacité du gouvernement à régler les désaccords «autour d’une table» plutôt que par des déclarations publiques. Citant l’ancien entraîneur de Liverpool Jürgen Klopp, Aadil Ameer Meea a conclu qu’il fallait passer de «doubters to believers», appelant les différents acteurs à rester unis face aux défis économiques et sociaux.

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