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Santé

À neuf jours de son passage en Cour pour usage de cannabis médical, Mowtee Ramdhany décède

31 août 2025, 11:00

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À neuf jours de son passage en Cour pour usage de cannabis médical, Mowtee Ramdhany décède

Mowtee Ramdhany s’est éteinte hier, alors que son dossier sur l’usage thérapeutique du cannabis devait être examiné par la Cour suprême le 8 septembre. Patiente en phase terminale d’un cancer, elle se battait depuis des semaines pour obtenir l’autorisation de recourir à l’huile de cannabis afin de soulager des douleurs intenses et résistantes aux traitements classiques. Voyant que son combat n’aboutissait à rien au ministère, elle a saisi la Cour suprême le mercredi 27 août.

Son décès met en lumière les lenteurs d’un système juridique et administratif face à l’urgence médicale. Sa fille, Neetasha Devi Ramdhany Ramdoyal, avait été autorisée à porter son dossier devant la Cour, affirmant que la maladie de sa mère la rendait incapable de se déplacer et que ses souffrances étaient quotidiennes : douleurs chroniques, nausées persistantes, perte d’appétit et détresse physique et psychologique.

Le dossier de Ramdhany faisait appel aux articles 28A à 28L de la Dangerous Drugs Act, amendée en 2022 pour légaliser l’usage médical du cannabis, mais dont la proclamation et la mise en œuvre restent retardées. Elle demandait un accès encadré à des produits thérapeutiques à base de THC et de CBD, reconnus par les experts et le Medical Cannabis Therapeutic Committee (MCTC) pour des patients en état critique. La demande visait uniquement un usage médical, strictement contrôlé, et non récréatif.

Le combat de Mowtee Ramdhany rappelle celui de Shirish Rummun, ancien haltérophile de niveau national. Diagnostiqué en 2018 d’un cancer, il avait refusé chimiothérapie et mastectomie après avoir vu sa mère en mourir. Shirish Rummun s’était tourné vers des traitements alternatifs à base de cannabis en Afrique du Sud. Comme Mowtee Ramdhany, il avait sollicité le ministère de la Santé pour importer légalement ses médicaments, mais sa demande avait été refusée au nom de la Dangerous Drugs Act. Il avait porté l’affaire devant la Cour suprême, mais n’a pas vécu pour voir la loi amendée.

En novembre 2022, le Parlement avait voté la Dangerous Drugs (Amendment) Act, introduisant un cadre légal pour l’usage médical du cannabis. Cependant, la proclamation et la disponibilité des produits sont restées largement théoriques. Les déclarations de Kailesh Jagutpal, ministre de la Santé en 2023, faisaient état de démarches pour obtenir des produits à base de THC et de CBD, avec l’idée de les mettre à disposition des patients dans un cadre strict. Mais ces annonces, bien qu’importantes pour le contexte, sont restées des promesses, plusieurs années après l’adoption de la loi.

Pour Me Sanjeev Teeluckdharry, avocat de Ramdhany et Rummun et observateur du dossier, cette situation illustre le manque de réactivité du système : «J’espère que les futurs demandeurs y auront accès. Dossie urgent pa finn treter. Se palliative treatment sa. Eski ministère la santé pe fer so travay? La loi sur l’obtention de cannabis médical n’est pas fonctionnelle. Tousala zis lor papie.»

Les proches de Ramdhany rappellent qu’elle n’a jamais cherché un droit à la consommation récréative. Son combat visait uniquement un soulagement médical pour une personne en fin de vie. Comme Rummun, elle a souffert en attendant que le système judiciaire et administratif rattrape la législation. La Cour devait examiner son dossier le 8 septembre, mais elle est décédée avant cette audience, illustrant cruellement la distance entre le droit théorique et l’accès réel au traitement.

Le cas de Ramdhany et Rummun met en lumière plusieurs enjeux : la lenteur de la mise en œuvre d’une loi votée pour répondre à un besoin urgent, la difficulté des patients à obtenir un traitement même lorsque la législation le prévoit et la nécessité de mesures concrètes pour que les réformes de santé publique ne restent pas seulement symboliques.

Même si le ministère de la Santé a envisagé des produits de cannabis médical, avec encadrement par des médecins désignés et contrôle par le MCTC, la réalité pour les patients en détresse reste critique. Ramdhany et Rummun représentent des exemples tragiques de vies humaines affectées par des délais administratifs et juridiques, où l’accès aux traitements n’a pas suivi le rythme des besoins.

Leurs combats, bien que pas aboutis, permettent de mettre en lumière les manquements du système. Mais le prix payé par ces pionniers reste irréversible : une vie humaine qui aurait pu bénéficier d’un soulagement médical, restée suspendue à l’attente d’une loi et d’une procédure non opérationnelle.

Le combat continue pour ceux qui restent, mais le départ de ces deux figures illustre avec force la nécessité d’agir rapidement et concrètement, pour que la législation ne reste pas un simple texte sur le papier, mais devienne un véritable outil de soins et de dignité pour les patients.

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