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8 avril 1982 : Et le sourire revient

18 avril 2026, 16:00

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8 avril 1982 : Et le sourire revient

■ Terre!

«Mo ti krwar pa pou trouv later ankor» fut la première exclamation d’une jeune fille à ses parents en foulant le sol au Chien de Plomb à 01h45 mercredi matin, rapporte l’express du jeudi 8 avril 1982. Le Romaya immobilisé par une panne au large de l’île Plate pendant environ sept heures venait d’accoster, ramenant à bon port une centaine de passagers trop contents de retrouver le bon vieux plancher des vaches !

«Ce fut quand même une bonne expérience» fut, par contre, un commentaire un peu plus optimiste d’un «rescapé» de cette aventure qui n’aura été en fin de compte que source d’émoi pour les parents des 76 étudiantes du collège d’État Dr Maurice Curé de Vacoas, parties en excursion à l’île Plate mardi matin.

Mardi soir une poignée de parents mis au courant des avaries du Romaya au large de l’île Plate attendaient au Chien de Plomb. Au fil des minutes, le petit groupe grossit devant le port désert tandis que l’ Amar s’efface doucement sur le frêle écran de brume orange qui descend peu à peu sur la rade déjà enveloppée de la lumière fade des projecteurs. La longue attente des parents anxieux commence.

Les 76 jeunes filles du collège Maurice Curé de Vacoas avaient quitté Port-Louis à 8 heures mardi matin pour une visite à l’île Plate à bord du Romaya qui entamait sa cent- cinquantième croisière. Le caboteur bleu marine touchait l’île Plate vers 11 heures et la visite commençait une heure plus tard sous un soleil de feu. On se rend au phare en attendant l’heure du déjeuner. Quelques hommes de la Special Mobile Force sur place depuis le matin en prévision des exercices de tir qui ont eu lieu la veille ont de la visite... bref tout se passe bien jusque dans l’après-midi, quand tous les passagers du Romaya sont à bord pour le retour. Les machines ne peuvent redémarrer.

L’ingénieur en chef pense que c’est le générateur qui pose quelques problèmes. *«Même avec un générateur de secours, nous ne voulions pas prendre la mer», expliquait peu après son arrivée Sam Pyndiah, propriétaire du bateau. «On a tout changé.Toutes les pièces de rechange que nous avions à bord y sont passées ! Ce n’est que bien plus tard dans la soirée que nous allions découvrir que l’avarie avait été causée par une simple obstruction du pot d’échappement (...). Une panne bête.»

Entre-temps, la radio du port avait été avertie de l’avarie tandis qu’un ami de Sam Pyndiah, prévenu par téléphone, apporta en fin d’après-midi du ravitaillement et des rafraîchissements aux passagers à bord d’une embarcation partie de Grand-Baie.

L’Amar avait quitté Port-Louis vers 21 h 50 pour rejoindre le Romaya et éventuellement ramener les passagers. Il fut rejoint par le caboteur à mi-chemin à la hauteur du Coin de Mire vers 23 heures. C’est alors que le patrouilleur décida d’escorter le Romaya jusqu’à Port- Louis. Profitant de cette sortie nocturne, les quatorze hommes à bord de l’Amar procédèrent à quelques exercices de lancement de fusées éclairantes.

«À aucun moment les passagers du Romaya n’ont été en danger. Si tel avait été le cas, nous en aurions tout de suite informé les autorités portuaires et le directeur de la marine», a déclaré Sam Pyndiah.

L’anxiété atteint son paroxysme au Chien de Plomb quand, à 1 heure mercredi matin, une bonne cinquantaine de parents commencent à trouver le temps long. La brume s’est épaissie au large et masque complètement l’horizon en s’étalant sur les navires endormis, les quais déserts et les hangars de tôle.

01 h 07. Des points lumineux rouges et verts émergent lentement. La petite foule se presse sur les garde-fous du Chien de Plomb. Un ouf de soulagement provient du groupe de parents tandis qu’un sourire refait son apparition sur le visage crispé de la directrice u collège Maurice Curé, Arlette Bazire. On sort les thermos de thé chaud tandis que des manœuvres d’accostage sont exécutées.

Les parents s’organisent en vitesse pour le transport des jeunes filles vers leurs domiciles respectifs. La passerelle est descendu collège Dr Maurice Curé descend en courant. Il est alors 01 h 45. En moins d’une demi-heure, le Chien de Plomb retrouvera sa quiétude du petit matin.

WhatsApp Image 2026-04-18 at 12.35.06.jpeg ■ Les passagers trop contents de retrouver le bon vieux «plancher des vaches».

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