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Eau, climat et avenir

«60 % de notre eau se perd dans les fuites, le taux le plus élevé en Afrique»

28 novembre 2025, 15:00

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«60 % de notre eau se perd dans les fuites, le taux le plus élevé en Afrique»

■ Une stratégie a été mise en place avec notamment le remplacement progressif d’anciennes conduites et la construction de réservoirs de localité.

«Face à un climat devenu imprévisible, face à des ressources en eau sous pression, face à un réseau vieillissant hérité d’un autre siècle, une seule voie est possible : agir maintenant. Je prends ici un engagement clair au nom du gouvernement : nous continuerons à investir, à innover, à moderniser. Nous continuerons de renforcer la sécurité hydrique du pays.» C’est ce qu’a déclaré le ministre de l’Énergie et des Services publics, Patrick Assirvaden, à la conférence «Eau, Climat & Avenir : Agir Maintenant !», organisée hier à PlaineMagnien par Business Mauritius, en collaboration avec Club Export de La Réunion.

Cette conférence a réuni plusieurs acteurs du secteur de la distribution de l’eau à Maurice et à La Réunion, dont Dominique Valgresy, présidente de Club Export Réunion, Madhavi Ramdin-Clark, vice-présidente de Business Mauritius, Gilles Hubert, président de l’Office de l’eau de La Réunion, Shyam Thanoo, directeur de la Central Water Authority, et Lomush Juggoo, directeur de la Water Resources Unit. Patrick Assirvaden a souligné que le thème de cette conférence reflète l’urgence de la gestion de l’eau face aux défis climatiques et lui rappelle les difficultés auxquelles il a dû faire face au début de son mandat en janvier, avec une sécheresse prolongée où le principal réservoir du pays, Mare-aux-Vacoas, avait frôlé le seuil critique d’un niveau de remplissage de 15 %.

Il a expliqué qu’un suivi quotidien des données avait révélé le risque associé à une dépendance exclusive à la pluie, en raison des dérèglements climatiques. Les précipitations irrégulières et les cycles déstabilisés exigeaient une diversification des sources d’approvisionnement. Ainsi, un dialogue a été engagé avec le secteur privé pour mobiliser rapidement des forages existants et alimenter le réseau en eau.Un programme ambitieux a également ajouté 25 nouvelles unités de forage, fournissant plus de 25 000 m3 d’eau par jour, en particulier dans les zones vulnérables. De plus, une importante quantité d’eau douce se déverse dans les rivières sans être utilisée, ce qui a conduit à l’investissement dans des filtres à pression mobiles, ajoutant 14 000 m3 d’eau par jour au réseau.

Parallèlement, des pertes d’eau significatives dues à de vieilles conduites ont été identifiées, avec un taux de perte de 60 %, le plus élevé d’Afrique. «Cette situation est inacceptable», a martelé le ministre. Dans cette optique, une stratégie a été mise en place avec l’identification des zones les plus vulnérables, le remplacement progressif d’anciennes conduites, la modernisation du réseau et surtout, la construction de réservoirs de localité, beaucoup plus proches des foyers. Cette approche vise à assurer un accès équitable à l’eau par le biais de changements culturels et techniques. Un projet de minibarrages est également en développement pour stocker les eaux pluviales et renforcer les réserves. Ce projet, soutenu par des partenaires internationaux comme l’Agence française de développement et l’Union européenne, marque une transition vers une gestion durable de l’eau.

Dans un climat imprévisible, il est crucial d’agir pour garantir un accès constant à l’eau potable pour tous les Mauriciens, rendant cette responsabilité essentielle pour l’avenir du pays, a conclu le ministre Assirvaden.

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