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Mort d’une enfant battue : La CDU mise à l’index par la grand-mère paternelle

27 juin 2011, 20:00

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Mort d’une enfant battue : La CDU mise à l’index par la grand-mère paternelle

Kamalambal Acheemootoo avait déjà averti la Child Development Unit que sa petite-fille, Pallavee, était une enfant maltraitée. On lui a assuré le contraire. La petite est décédée d’une rupture du cœur sous la violence des coups.

Elle aurait soufflé ses trois bougies dans deux mois. A un âge où elle était censée recevoir tout l’amour de ses parents, Pallavee Yoshini Acheemootoo a succombé ce mardi 28 juin aux coups qui lui ont été infligés sur tout le corps.

L’horreur a été découverte par le personnel soignant des urgences de l’hôpital Dr A.G Jeetoo, à Port-Louis, à la mi-journée. La petite y a été emmenée, morte, par sa mère, Hannah Alida Acheemootoo, née Toophany, 29 ans.

L’habitante de Vallée-Pitot a expliqué que sa benjamine a fait une chute dans la salle de bain. Et qu’elle s’est mise à vomir avant de perdre connaissance. Le corps de la petite présentant plusieurs ecchymoses, la police a aussitôt été avertie.

Les conclusions de l’autopsie par le chef du service médicolégal de la police, le Dr Sudesh Kumar Gungadin, ont été sans appel. Pallavee était une enfant battue. Elle portait d’anciennes ainsi que de nouvelles traces d’ecchymoses, au bras et au cou principalement, provoquées par des coups et des pincements.

À force d’avoir été battue, sans doute avec un bâton ou à coups de poing, son cœur s’est rompu. Elle était également sujette à des saignements à la tête et aux intestins, c’est dire la violence exercée sur elle. Ces éléments en main, la CID de Port-Louis Nord a aussitôt embarqué la mère et son nouveau compagnon, Fekar Sheikh Madar, 21 ans, pour un interrogatoire.

A la rue Napoléon Bonaparte, à Cité Rozemont, Vallée-Pitot, c’est la consternation. Il n’était un secret pour personne qu’Alida battait ses enfants. Surtout depuis le décès de son époux, Vanessen, 33 ans, emporté par la maladie, il y a un an et demi. 

« On l’entendant souvent en train de les frapper et de les injurier. Comment ne pas entendre les pleurs ? », confie une voisine sous le couvert de l’anonymat. « Maintenant, je comprends pourquoi elle était en train de courir dans tous les sens dans la rue vers les 11 heures », explique-t-elle vers les 16 heures 30.

Dans la rue, les voisins ne peuvent s’empêcher de parler à mots couverts du drame qui s’est joué. Alida vivait dans le dénuement complet dans la vieille maison qu’un proche de Vanessen avait gracieusement mis à la disposition de son époux avec qui elle s’était unie en secondes noces.

Employée chez un marchand de dholl-puri de la localité, elle n’avait même pas accès à l’électricité. Le propriétaire de la maison d’en face a simplement fait un embranchement électrique jusqu’à chez elle afin qu’elle ne demeure pas dans l’obscurité. A la mort de son époux, un maraîcher du Marché Central, elle s’était mise en ménage avec Fekar Sheikh Madar, un habitant de la rue Alma d’où elle-même est originaire.

Présente devant la maison où le drame s’est joué, la mère du premier époux de la jeune femme se félicite d’avoir pris les deux enfants issus de cette union sous son aile. Elle s’inquiète du sort du fils aîné issu de son second mariage et qui a survécu à son jumeau. Agé de 4 ans, il était chez un voisin quand les proches de Vanessen sont venus le récupérer.

Chez les Acheemootoo, à Pailles, la colère gronde contre la Child Development Unit (CDU). La mère de Vanessen Kamalambal, n’a jamais cessé d’avertir ce service du ministère de la Protection de l’enfance, depuis un an, que la petite Pallavee avait le corps couvert de cicatrices, lâche un proche.

« A trois reprises, ma mère a fait une demande pour obtenir la garde de Pallavee en expliquant qu’elle était une enfant battue. On lui a assuré que tout allait bien, qu’un officier lui avait rendue visite », s’indigne Kevin, frère aîné de Vanessen.

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