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Conférence internationale du travail

Dameeantee Thylamay porte la voix des travailleurs mauriciens à Genève

10 juin 2026, 19:30

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Dameeantee Thylamay porte la voix des travailleurs mauriciens à Genève

Dameeantee Thylamay, représentante de la CITU, est intervenue à la 114ᵉ Conférence internationale du travail à Genève pour défendre les intérêts des travailleurs mauriciens.

La réforme de la pension de vieillesse, l’impact de l’intelligence artificielle (IA) sur l’emploi, les défis du monde du travail et l’importance du dialogue social. Autant de sujets mis en avant par la représentante de la Congress of Independent Trade Unions (CITU), Dameeantee Thylamay, à la 114ᵉ session de la Conférence internationale du travail organisée par l’Organisation internationale du travail (OIT) à Genève, en Suisse. Au nom des travailleurs mauriciens, la syndicaliste a salué le rapport du directeur général de l’OIT, qu’elle a qualifié de riche en réflexions pour les États membres.

Dameeantee Thylamay a rappelé que depuis plus d’un siècle, l’OIT demeure un pilier de la justice sociale, du travail décent et du tripartisme. Elle a particulièrement insisté sur les enjeux liés à l’IA, sujet qui occupe une place croissante dans les débats internationaux. Si cette technologie offre de nouvelles opportunités en matière d’innovation, de productivité et de croissance économique, elle soulève également des inquiétudes concernant la suppression d’emplois, la surveillance des travailleurs et la protection de leurs droits. «La technologie doit être au service de l’humanité et ne doit pas compromettre le travail décent», a-t-elle affirmé. Les travailleurs et leurs représentants devraient donc être pleinement associés aux discussions sur l’introduction, la mise en œuvre et l’encadrement de l’IA sur les lieux de travail.

La représentante de la CITU a également attiré l’attention de l’assemblée sur plusieurs préoccupations qui touchent les travailleurs mauriciens. Elle a notamment évoqué la décision gouvernementale de repousser progressivement l’âge d’éligibilité à la pension de vieillesse de 60 à 65 ans. Une mesure qui suscite de nombreuses inquiétudes, particulièrement chez les employés exerçant des métiers physiquement exigeants. «De nombreux travailleurs avaient planifié leur avenir en fonction d’un départ à la retraite à 60 ans. Aujourd’hui, ils font face à une incertitude concernant leur sécurité financière et leur bien-être», a-t-elle souligné.

Autre dossier évoqué : la mise en place d’un comité chargé d’examiner les anomalies et problématiques relevées dans plusieurs secteurs d’activité. Dameeantee Thylamay a rappelé que les employés des secteurs public, parapublic et privé continuent de faire face à des difficultés liées aux retards de recrutement, aux pénuries de personnel, aux perspectives limitées de promotion et à certaines pratiques de gestion des ressources humaines.

Elle a particulièrement insisté sur le rôle essentiel des employés des organismes parapublics dans la prestation des services à la population et a plaidé pour un traitement équitable et de meilleures perspectives d’évolution professionnelle. La syndicaliste a toutefois salué certaines initiatives prises par le gouvernement mauricien. Parmi elles figure l’adoption du protocole national relatif aux fortes pluies, applicable aux secteurs public et privé, qui vise à mieux protéger les travailleurs lors d’épisodes météorologiques extrêmes.

Dameeantee Thylamay a également félicité le ministre du Travail et des relations industrielles, Reza Uteem, pour son initiative de reconstituer le Conseil national tripartite. Selon elle, cette instance constitue une plateforme essentielle de consultation, de dialogue et de prise de décision concertée entre le gouvernement, les employeurs et les syndicats.

En conclusion, la représentante de la CITU a réaffirmé la conviction du mouvement syndical mauricien que le dialogue social demeure l’outil le plus efficace pour résoudre les différends, promouvoir l’équité sociale et accompagner les réformes économiques et sociales. Face aux défis liés aux retraites, aux transformations technologiques, au changement climatique et à l’avenir du travail, elle a lancé un appel en faveur d’un engagement renouvelé envers le tripartisme, la justice sociale et le travail décent.

Une intervention qui a permis de porter les préoccupations des travailleurs mauriciens sur la scène internationale, alors qu’une importante délégation mauricienne, comprenant notamment le ministre Reza Uteem, participe aux travaux de cette 114ᵉ Conférence internationale du travail à Genève.

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