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Suicides en prison : des psychologues recrutés pour encadrer les détenus à risques
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Suicides en prison : des psychologues recrutés pour encadrer les détenus à risques
L’administration carcérale sollicite l’aide des Ong et des psychologues pour encadrer les détenus présentant des tendances suicidaires. Jean Bruneau, le commissaire des prisons, veut mettre un terme aux actes de désespoir en prison.
Un suicide en prison, c’est un cas de trop. Avec deux pendaisons depuis le début de l’année, à savoir celles de Jean-Pierre Laurent et d’Iqbal Rose, le commissaire des prisons, Jean Bruneau, a décidé de prendre le taureau par les cornes.
Désormais, tous les détenus présentant des tendances suicidaires seront pris en charge par des médecins et des psychologues pour un suivi. Cela, dès leur arrivée dans les différents centres pénitentiaires de l’île.
L’aide des Ong, à l’instar de Befrienders, a ainsi été sollicitée pour mener à bien cette mission. Une première réunion entre les différentes parties concernées doit se tenir mardi prochain 8 mars, annonce Jean Bruneau à lexpress.mu.
«On veut décourager ce type de comportement et il faut bien commencer par quelque chose», explique le commissaire des prisons. Une liste des détenus à risques, surtout ceux ayant déjà fait des tentatives de suicide ou qui ont un passé d’alcoolique ou de toxicomane, va être dressée. Ils bénéficieront d’une attention spéciale des gardes-chiourmes et d’un encadrement adéquat des psychologues.
Ces détenus ne seront donc pas enfermés seuls dans une cellule, comme cela a été le cas pour Jean-Pierre Laurent et Iqbal Rose. Un suivi devra se faire tout le long de leur incarcération pour éviter qu’ils commettent un acte de désespoir en prison.
Des deux suicides qu’a connus la prison depuis le début de l’année, Jean-Pierre Laurent était connu comme souffrant de problèmes psychologiques. Interné à l’hôpital psychiatrique à la demande de ses proches et voisins, à l’issue de sa sentence pour l’assassinat de sa cousine en 1997, il a été envoyé à la Prison centrale en 2003.
Sur place, il s’est fait remarquer pour son agressivité. Il y a quatre ans, il a attiré l’attention sur lui pour avoir refait le portrait d’un infirmier avec une fiole brisée. Au vu de son état mental, il a été laissé tranquille. Jusqu’en octobre 2008 où il a tué son camarade de chambre, Nawa Jhugeea, avec un tesson de bouteille.
Malgré les demandes répétées de l’administration carcérale pour Jean-Pierre Laurent soit renvoyé à l’asile psychiatrique, le ministère public ne s’est jamais inquiété de son cas. L’ancien mécanicien a donc fini par se donner la mort dans l’après-midi du samedi 29 janvier.
Le deuxième cas de suicide à la Prison centrale remonte à ce mercredi 2 mars. Connu pour des troubles liés à la toxicomanie, sous traitement à la méthadone, Iqbal Rose s’est pendu dans sa cellule. Ses proches n’y comprennent plus rien, l’homme ayant seulement huit mois encore à passer en prison, ayant déjà connu les conditions de détention en cours à la prison de haute sécurité de Phoenix, dite La Bastille, lors de ses trois années de détention pour «damaging property by band».
 
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