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Egypte : les Frères musulmans veulent constituer un comité avec ElBaradeï

30 janvier 2011, 20:00

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Les Frères musulmans ont annoncé lundi qu''''ils s''employaient à former un large comité politique avec l''opposant Mohamed ElBaradeï, afin de nouer un dialogue avec l''armée égyptienne.

Mohamed ElBaradeï, ancien directeur général de l''AIEA et lauréat du prix Nobel de la paix à ce titre, est rentré la semaine dernière d''Autriche et a pris part aux manifestations, en appelant le président égyptien, Hosni Moubarak, à quitter le pouvoir.

"Nous sommes en train de discuter de la formation d''un large comité de négociation chargé des questions politiques, avec ElBaradeï. Un comité qui reflète la volonté du peuple et qui négocierait avec l''armée", a déclaré à Reuters un dirigeant des Frères musulmans, Essam el Erian.

ElBaradeï n''a pas encore été approché par les Frères musulmans en vue de former un tel comité, a déclaré le frère de l''opposant, Ali ElBaradeï.

Entre-temps, un nouveau gouvernement a été mis sur pied en Egypte, avec un nouveau ministre de l''Intérieur et un nouveau ministre des Finances, a-t-on déclaré lundi.  Samedi dernier, le président Hosni Moubarak a désigné un nouveau Premier ministre en la personne d''Ahmed Chafik, ministre sortant de l''Aviation civile et ancien commandant de l''armée de l''air. Dans le même temps, Moubarak a pourvu le poste de vice-président, vacant depuis 30 ans, en nommant Omar Souleïmane, chef des services de renseignement.

Sur le terrain, une semaine après les premières manifestations, le mouvement de contestation en reste vigoureux.  Lundi matin, des milliers de personnes étaient rassemblées sur la place Tahrir (place de la Libération), épicentre de la révolte dans le centre du Caire qui a fait déjà au moins cent vingt-cinq morts. Certains manifestants y ont passé la nuit malgré le couvre-feu en vigueur dans la capitale, à Suez (est) et à Alexandrie (nord) de 14 heures (heure de Paris) à 7 heures. Autour de la place, cernée par des chars, les militaires contrôlaient les identités des manifestants sans toutefois empêcher l''accès au lieu. Des membres de comités populaires vérifiaient qu''aucun policier en civil ne s''infiltre parmi les manifestants.

Le gouvernement a fait preuve de fermeté dimanche, ordonnant à la police de retourner dans les rues du pays qu''elle avait désertées vendredi. Les policiers avaient, pour une raison que personne n''explique officiellement, mystérieusement disparu au cours des deux derniers jours, laissant la ville en proie aux pillards, aux détenus échappés des prisons et aux groupes d''autodéfense placés au pied des immeubles. Ils ont réapparu dimanche.

 

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