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France : Villepin valide la piste de la corruption dans l''affaire Karachi
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France : Villepin valide la piste de la corruption dans l''affaire Karachi
Dominique de Villepin a confirmé vendredi que des soupçons de corruption en France avaient conduit le président Jacques Chirac à interrompre en 1995 le versement de commissions en marge d''''une vente de sous-marins au Pakistan.
Cette information donnée par celui qui était à l''époque secrétaire général de l''Elysée confirme les soupçons de la justice et divers témoignages déjà recueillis par elle.
Dominique de Villepin, qui fut Premier ministre de 2005 à 2007, a déclaré sur TF1 qu''il demandait à être auditionné comme témoin par le juge d''instruction Renaud Van Ruymbeke dans cette instruction où le rôle de Nicolas Sarkozy fait l''objet d''investigations.
"Il est important que la vérité soit connue dans ce dossier et j''ai d''ailleurs dès cet après-midi demandé au juge Van Ruymbeke, qui instruit ce dossier, de recueillir le plus rapidement possible mon témoignage et si possible dès la semaine prochaine", a-t-il dit.
L''affaire de corruption et l''arrêt des paiements pourraient avoir amené un attentat qui a fait 15 morts en 2002 à Karachi, dont 11 Français qui construisaient les sous-marins.
Elu président en 1995, Jacques Chirac a bien fait cesser le paiement de certaines des "commissions", d''un montant de 84 millions d''euros, convenues en marge du contrat de vente de sous-marins signé en 1994 par Edouard Balladur, rival de Jacques Chirac à la présidentielle, a expliqué Dominique de Villepin.
"Jacques Chirac, quand il est arrivé comme président de la République en 1995, a souhaité moraliser la vie publique internationale, c''est-à-dire interrompre les contrats qui pouvaient donner lieu à rétro-commissions", a-t-il dit.
Le retour de l''argent en France était illégal, a-t-il rappelé. "Il y avait des commissions qui revenaient vers la France vers des personnalités politiques ou non politiques qui, elles, étaient totalement illégales", a dit Dominique de Villepin.
L''argent de ces rétro-commissions, selon une piste suivie par la justice, pourrait avoir servi à la campagne présidentielle d''Edouard Balladur, dont Nicolas Sarkozy était le porte-parole.
Un rapport de la police luxembourgeoise a montré qu''Edouard Balladur et Nicolas Sarkozy, respectivement Premier ministre et ministre du Budget, avaient donné leur aval à la création au Luxembourg de deux sociétés qui ont servi aux transferts financiers suspects.
Visé par une plainte des familles de victimes, qui lui reprochent d''avoir mis en danger leurs parents par l''arrêt des paiements, Dominique de Villepin a nié avoir été informé d''un risque de représailles au Pakistan.
"Aucune information spécifique (sur un risque NDLR) n''a été portée à notre connaissance", a-t-il dit. Il a précisé que Jacques Chirac n''avait arrêté que les circuits financiers qui profitaient à des Français.
Les commissions dues à des Pakistanais ont été payées, a-t-il dit, sous-entendant que l''arrêt des paiements ne pouvait à ses yeux avoir été le mobile de l''attentat.
(Source: Reuters )
 
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