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Assassinat de Kayli Arseth aux USA
Jose Luis Lopez Xique condamné à la prison à perpétuité sous trois chefs d’accusation
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Assassinat de Kayli Arseth aux USA
Jose Luis Lopez Xique condamné à la prison à perpétuité sous trois chefs d’accusation
L’ancien sergent réserviste dans l’armée américaine Jose Luis Lopez Xique, 27 ans, ne saura plus ce qu’est mener une vie d’homme libre. Il a été condamné le 15 octobre dernier sous trois chefs d’accusation à la prison à perpétuité, sans possibilité de libération conditionnelle, pour l’assassinat le 16 juin 2025, de Kayli Arseth, jeune femme de 22 ans, née d’une mère mauricienne et d’un père américain, qui travaillait comme éducatrice spécialisée auprès des enfants autistes à Minneapolis dans l’État du Minnesota aux USA (voir l’express du 11 octobre 2025). Jose Luis Lopez a tué la jeune femme par dépit amoureux (rejection killing) après l’avoir traquée à son insu pendant trois semaines. Les Arseth estiment quelque part que justice a été rendue à leur fille car son bourreau sera privé de sa liberté de mouvement à jamais.
Kayli Arseth, 22 ans, avait été retrouvée morte dans son appartement à Richfield, le 17 juin 2025, après une vérification de sécurité (welfare check). Contrairement à ses habitudes, elle ne s’était pas présentée à son travail ce jour-là. La police qui s’est rendue à son appartement a découvert son cadavre. Elle avait été abattue par balle à bout portant dans la tête. Les jours précédant la mort de cette jeune femme, Jose Luis Lopez Xique demandait à celle-ci d’entamer une relation amoureuse avec lui et elle lui avait répondu qu’elle n’était intéressée que par l’amitié.
Kayli Arseth, qui aimait se faire des amis, avait eu contact en ligne avec Jose Luis Lopez Xique sur le site de rencontres Hinge. Mais bien avant cela, il la traquait (stalking) à son insu. C’est en cour que la famille de Kayli Arseth a appris que l’assassin de leur fille avait consulté les pages LinkedIn de Paul Arseth, le papa de Kayli, et de Sydney, la sœur aînée de Kayli, de même que la page Wikipédia de Heather, l’autre sœur de Kayli. Il avait aussi traqué le numéro de téléphone de Paul Arseth. Il a recherché sur Google l’historique des adresses de la famille Arseth et avait même enregistré une photo Google de leur maison.
Préméditation
Il a d’abord suivi Kayli pendant plus d’une semaine, ayant trouvé un moyen de découvrir où elle habitait. Il l’épiait en permanence, se garant sur le parking des appartements de Richfield tard la nuit et très tôt le matin, entre 1 et 4 heures. Pour tuer le temps en attendant de la voir sortir de chez elle, il visionnait du porno. Il l’a suivie jusqu’à son travail avec la voiture d’un membre de sa famille et a même pris une photo de la voiture de Kayli sans qu’elle s’en rende compte. Il a aussi cherché des informations sur les amies de Kayli.
Le réserviste de l’armée américaine avait même réussi à placer un traceur sur la voiture de la jeune femme, ainsi que près de la fenêtre de son appartement pour s’en souvenir. Kayli ne lui avait jamais donné son numéro de téléphone ni sa plaque d’immatriculation ni l’adresse précise de son appartement ni celle de son travail. Il l’a piégée pour obtenir l’adresse de son lieu de travail en lui faisant livrer des aliments par le service de distribution DoorDash.

Quand ils se sont rencontrés après avoir échangé des messages sur Snapchat dans lesquels la jeune femme avait été claire quant à la relation qu’elle voulait avoir avec lui, à savoir une relation purement amicale, il l’a mal pris. Trois semaines et demie plus tard, il l’a abattue. Cet acte est connu comme assassinat par dépit amoureux (rejection killing). Les policiers ont pu remonter sa piste et le localiser par le biais de son téléphone. Il a été arrêté presque trois semaines après l’assassinat de Kayli Arseth et il n’a même pas semblé surpris, demandant aux policiers de «hurry it up.» Lorsqu’il a été coffré, des égratignures et des blessures étaient visibles sur ses bras et sa poitrine.
L’examen de son téléphone a montré que dans l’après-midi du 16 juin 2025, il a passé une heure sur le parking de l’appartement de Kayli Arseth et un peu plus tard, qu’il se trouvait à Bloomington ou à proximité. Dans une benne à ordure, les policiers ont retrouvé deux sacs qu’il avait jetés et contenant des munitions, une boîte de pansements vide, des gants en caoutchouc jetables, une paire de chaussures, un chapeau, des lingettes et du ruban adhésif. Plusieurs de ces items avaient été achetés par lui dans la matinée.
Le jury a été sélectionné lors de la semaine du 14 septembre 2026. Trois accusations ont été retenues contre lui : meurtre au premier degré avec préméditation, meurtre intentionnel au deuxième degré et harcèlement avec circonstances aggravantes à l’aide d’une arme dangereuse. La mère de Kayli, la Mauricienne Caroline Chan Ying, qui qualifie l’assassin de sa fille de «monstre», raconte qu’après avoir été mis en accusation pour meurtre au premier degré en décembre 2025, 16 jurés ont été retenus dont quatre suppléants. «Le procès a débuté le 28 septembre dernier. Il devait durer un peu plus d’une semaine. Il y a eu un léger retard la deuxième semaine, car une nouvelle décision de la Cour suprême affectait l’affaire. Elle portait sur l’alternate perpetrator (la thèse d’un autre auteur possible). Comme il s’agissait de la première affaire aux États-Unis affectée par ce nouveau règlement, le juge n’avait aucun précédent à suivre.»
Heather Arseth a fait un témoignage poignant sur la vie de sa sœur Kayli. Les autres membres de la famille ont aussi témoigné. «Nous avons tous lu nos déclarations d’impact. Nous avons donné la place de mon mari à une amie de Kayli qui n’avait pu assister au procès avant la fin car elle avait été convoquée comme témoin de la défense. Ce n’est qu’après avoir été libérée de son rôle de témoin qu’elle a pu entrer dans la salle d’audience.»
La salle était pleine et comprenait, en sus des Arseth, plusieurs de leurs amis, ainsi que des amis de Kayli. «Aucun membre de la famille du monstre ne s’est présenté avant l’énoncé de la peine, le 15 octobre. Sa sœur était là, mais nous n’avons jamais vu ses parents.» Un des amis de Jose Luis Lopez Xique est venu au tribunal pendant deux jours, arborant des lunettes connectées (meta glasses) et un ordinateur. Le procureur a alors demandé qu’il ne puisse pas utiliser l’ordinateur et cette interdiction a même pesé sur les employés de la cour.
Ce qui a davantage coulé le prévenu, c’est qu’il a choisi de témoigner pour sa défense. À la barre, il a mentionné que ses parents étaient des immigrants sans papiers. Il a affirmé qu’il patrouillait sur le parking de Richfield à des heures aussi indues pour «s’assurer que Kayli soit en sécurité». Sans ménagement, le procureur lui a fait remarquer qu’il n’avait jamais évoqué cela avec Kayli et qu’en plus, cette attitude s’apparentait à du «harcèlement obsessionnel». «Le procureur l’a pris en flagrant délit de mensonge.»

À aucun moment de son audition n’a-t-il demandé pardon pour son acte ou présenté ses condoléances à la famille. «Il n’a fait que parler de lui et après que nous ayons lu nos déclarations, il a choisi de ne rien dire.» Le jury de 12 personnes a délibéré et en moins de deux heures, l’a déclaré coupable sous trois chefs d’accusation, à savoir meurtre au premier degré avec préméditation, meurtre intentionnel au deuxième degré et harcèlement avec circonstances aggravantes à l’aide d’une arme dangereuse. Le verdict a été la prison à vie sans possibilité d’obtenir la liberté conditionnelle.
À l’issue de l’audience, Heather Arseth a déclaré à la presse que «les bonnes preuves étaient réunies pour qu’un monstre puisse être mis derrière les barreaux».
«Kayli aurait encore dû être avec nous, à profiter de la musique, de l’art et à restaurer sa moto», a affirmé la procureure du comté de Hennepin, Mary Moriarty. «Ces meurtres par rejet(rejection killings) sont profondément enracinés dans la misogynie et s’inscrivent dans un schéma plus large de violences envers le genre visant les femmes.» Son bureau a expliqué que les rejection killings sont une forme de féminicide dans laquelle des femmes sont ciblées parce qu’elles affirment leur autonomie sur leur propre corps. Selon ce bureau, ils se distinguent des violences conjugales et des violences exercées par un partenaire intime. Comme ils sont souvent comptabilisés avec ces crimes, il est difficile de savoir à quel point ils sont fréquents.
Meggie Royer, Senior Communications Manager de Violence Free Minnesota, a indiqué que des meurtres de ce type ne sont pas rares. «C’est vraiment enraciné dans la misogynie et la violence de genre.» Elle a ajouté qu’ils sont aussi mal documentés. «Il n’existe pas de système national de suivi de ces homicides, donc pas de données complètes», a-telle précisé. «Il y a eu des efforts plus informels de la part de femmes pour recenser ces informations.» Meggie Royer estime qu’il faut mobiliser les hommes et les garçons, avoir des conversations sur la misogynie et respecter les femmes et les filles.
Heather Arseth souhaite que les auteurs de rejection killings écopent de peines plus sévères, comme de plus longues peines de prison. «Que Kayli reste un souvenir et un exemple, pour que nous puissions créer de nouveaux précédents, de nouvelles lois et opérer des changements, afin que ce type de crime ne se reproduise plus.»
Heather Arseth est rentrée chez elle en Californie au cours de la semaine écoulée. Sa sœur Sydney est aussi repartie après l’énoncé du verdict.Caroline Arseth estime que justice a été rendue à sa fille assassinée. «Oui, justice lui a été rendue. Le jury n’a pas été convaincu par le manège de Jose Luis Enrique Lopez. Nous sommes soulagés qu’il ne puisse jamais sortir de prison. C’est la peine la plus sévère, puisqu’il n’y a pas de peine de mort dans l’Etat. Malheureusement, cela ne nous ramènera pas Kayli. Mais une chose est certaine: les rues de Minneapolis sont plus sûres avec lui derrière les barreaux pour le reste de sa vie !»
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