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Questions à…
Nita Deerpalsing : «Il est temps de revendiquer un espace où l’engagement politique est authentique et orienté vers le bien commun»
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Nita Deerpalsing : «Il est temps de revendiquer un espace où l’engagement politique est authentique et orienté vers le bien commun»
Nita Deerpalsing, de Lavwa Lavenir.
L’ancienne députée du Parti travailliste (PTr) a lancé un nouveau mouvement, Lavwa Lavenir, ce mercredi 16 septembre. Après 11 années passées au sein du parti, celle qui dit être restée fidèle aux principes du Ptr de 1936 veut, selon le manifeste de Lavwa Lavenir, «une île Maurice où les individus, les communautés et la nature peuvent s’épanouir ensemble».
⚫ Qu’est-ce qui vous a motivée à créer Lavwa Lavenir aujourd’hui et qu’est-ce qui distingue votre nouveau parti des formations politiques déjà présentes ?
Ce que nous avons proposé est un think tank, destiné à engendrer un engagement politique, bien que tous les membres ne soient pas candidats. J’ai voulu créer un modèle similaire à la Fabian Society en Angleterre, pour établir une base philosophique politique. Nous cherchons à définir les idées qui devraient ancrer un engagement politique, car un tel ancrage est crucial pour éviter que les partis se déclarant progressistes ne dérivent et se perdent. L’engagement politique ne doit pas être motivé par l’orgueil ou le profit, mais par la volonté d’améliorer le pays. En observant la situation actuelle, il est clair qu’il faut un changement. Il est inconcevable que les fonctionnaires n’arrivent pas à s’exprimer sur le lourd système bureaucratique défaillant, les autres lacunes et dysfonctionnements ainsi que les magouilles internes faisant partie des micro politics du milieu par peur de représailles.
Les acteurs du secteur privé partagent également cette peur. Ce climat de peur constitue un obstacle à la communication et à l’action. Notre mouvement vise à rassembler ceux qui aspirent à un meilleur avenir pour leur pays tout en offrant un cadre sécurisé pour exprimer des idées et des suggestions. Il est temps de revendiquer un espace où l’engagement politique est authentique et orienté vers le bien commun.
⚫ Comment comptez-vous construire Lavwa Lavenir sur le terrain et convaincre les Mauriciens qui sont aujourd’hui désabusés ou éloignés de la politique ?
C’est cela le défi qu’il faudra relever. On a publié un manifeste (https://www. lavwa-lavenir.com/) et j’invite tout le monde à le lire. On a suggéré dans ce manifeste que tous les documents du gouvernement soient comme le modèle suédois, à savoir de facto ouverts au grand public, sauf exception justifiée. La lutte contre la corruption est essentielle et il ne suffit pas d’en parler. Un objectif mesurable doit être mis en place pour améliorer la position du pays dans l’indice de Transparence International. Cela impliquera des évaluations annuelles pour suivre l’avancement dans ce domaine et la publication de rapports. L’accent est mis sur des actions plutôt que sur des promesses vagues, en évitant la création d’institutions ayant à la tête des nominés politiques. L’objectif final est d’atteindre un niveau de transparence qui permettra de maintenir l’intégrité nécessaire à toutes les ambitions énoncées dans le manifeste. Pour atteindre cet objectif, il sera essentiel de démontrer l’engagement à travers des résultats concrets et mesurables, afin d’établir une culture de responsabilité et de confiance dans la gouvernance.
⚫ Envisagez-vous de travailler avec d’autres formations politiques ou souhaitez-vous que Lavwa Lavenir évolue de manière indépendante ?
On vient de débuter et on va garder notre indépendance, farouchement, pour le moment, parce que comme je vois dans le paysage politique actuel, on ne sait pas qui va finir avec qui. Je n’ai aucune idée de ce qui va se passer au Mouvement socialiste militant (MSM) ou même avec le PTr d’aujourd’hui. Je suis une Travailliste et je reste une Travailliste dans l’âme, et mes convictions reposent et découlent des notions politiques depuis le fondement du parti en 1936. Bon, peut-être qu’il y aura des gens, des individus qui sont désabusés justement par ce qu’ils voient aujourd’hui et qui voudraient rejoindre ce mouvement pour vraiment porter en avant les vraies valeurs du PTr. Et encore une fois, je vous dis, parce que notre vision dans le manifeste est résumée en trois mots : Lazistis, Akorite et Ekselans. S’il n’y a pas de justice, il n’y aura jamais d’akorite dans le pays. C’est-àdire que le tissu national ne se formera jamais s’il y a des gens qui sont discriminés. Donc, la justice, ça doit être partout, partout, partout. Il ne faut pas qu’il y ait des institutions ki get figir.
⚫ Le gouvernement a lancé la Constitutional Review Commission et invite les citoyens à soumettre leurs propositions. Envisagez-vous de faire des propositions ?
Définitivement. Nous allons soumettre les propositions que nous avons déjà présentées dans notre manifeste. Nous attendons également de voir s’il y aura la possibilité de faire des dépositions orales. Mais la Commission est, selon moi, principalement composée de personnes qui ont une affinité avec le parti au pouvoir. Je suis désolée, et sans manque de respect pour le juge Boolell, qui lui est peut-être au-dessus de la mêlée, mais les autres, ce sont tous des nominés politiques. Or, lorsqu’on met en place une Constitutional Review Commission, l’opposition aurait dû y être représentée. Si cela avait été le MSM, j’aurais dit la même chose. Même si l’on considère que l’opposition n’est pas parfaite, ce n’est pas le problème. De facto, l’opposition aurait dû en faire partie. Ainsi que les syndicats, les gens qui sont actifs dans la société civile, etc. Donc, pour moi, la composition de cette Constitutional Review Commission est faussée dès le départ.
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