Publicité

Chute d’un bus scolaire

Kennan, 12 ans, succombe à une fracture du crâne

18 septembre 2026, 09:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

Kennan, 12 ans, succombe à une fracture du crâne

■ Kennan Martin rentrait chez lui après une journée d’école quand le drame s’est produit.

Tombé d’un autobus scolaire trois semaines seulement après l’emménagement de sa famille à la NHDC de Grande-Pointe-aux-Piments, Kennan Martin a succombé à ses blessures trois jours après l’accident. L’autopsie pratiquée hier a conclu à une fracture du crâne comme cause du décès. Le chauffeur, âgé de 56 ans, arrêté hier matin et présenté en cour sous une accusation provisoire d’homicide involontaire, a été libéré sous caution.

Kennan, 12 ans, devait simplement rentrer chez lui après une journée d’école. Comme tous les après-midi. Mais le lundi 14 septembre, le trajet de retour s’est transformé en drame. Quelques minutes seulement après que l’autobus a quitté la Pointe-aux-Piments Government School, la porte de secours à l’arrière du véhicule se serait subitement ouverte. Le garçon, qui se trouvait à bord avec d’autres élèves, a chuté sur la chaussée alors que l’autobus circulait sur la Royal Road, à environ 100 mètres de Camp-La-Cloche, à Grande-Pointe-aux-Piments.

Selon les informations recueillies auprès de ses camarades, Kennan est resté sur l’asphalte, grièvement blessé pendant plus d’une quinzaine de minutes avant l’arrivée de son père, Steeven Martin. Dès qu’il a appris que son fils venait de faire une chute de l’autobus, ce dernier s’est précipité sur les lieux. Kennan a ensuite été pris en charge par le SAMU et transporté d’urgence à l’hôpital sir Seewoosagur Ramgoolam National (SSRN) de Pamplemousses. Son état était déjà critique. Admis aux soins intensifs, il a été placé sous respirateur artificiel.

Depuis lundi, Steeven Martin s’accrochait. Il priait pour que son fils se rétablisse, pour qu’il puisse se relever et rentrer à la maison. Mais les médecins l’avaient prévenu que l’état de santé de l’enfant était critique. Kennan souffrait surtout d’une fracture et, selon les explications données à son père, une intervention chirurgicale ne pouvait être envisagée alors que sa tension artérielle demeurait très basse.

«Je pense que si la compagnie avait réagi promptement, mon enfant aurait eu une chance de survie», avance aujourd’hui le père, encore sous le choc de la disparition de son fils. Steeven Martin affirme qu’après l’accident, il a pris contact avec la compagnie d’autobus pour l’informer de la chute et de l’état critique de son enfant. Selon ses dires, un responsable de la société lui aurait alors indiqué qu’une somme de Rs 100 000 pouvait lui être accordée pour subvenir aux soins de Kennan dans une clinique. «Est-ce que, avec Rs 100 000, j’aurais pu faire transférer mon enfant en clinique ?» Le père juge la somme insuffisante au vu de la gravité de la situation.

Après le décès de Kennan hier matin, la compagnie lui aurait également proposé, toujours selon ses dires, une somme de Rs 30 000 pour contribuer aux frais des funérailles. Nous avons sollicité la réaction d’un responsable de la société au sujet de ces déclarations ainsi que des circonstances de l’accident, mais nous n’avions pas obtenu de réponse au moment de mettre sous presse.

Pendant trois jours, la famille Martin aura espéré un dénouement différent. Mais hier, cet espoir s’est effondré. Le décès de Kennan a été constaté à l’hôpital SSRN, tôt dans la matinée. Les funérailles du garçon auront lieu aujourd’hui à 14 h 30. Pour ses parents, ses proches et ses camarades de classe, ce sera l’ultime au revoir à un enfant de 12 ans dont la vie s’est brutalement interrompue alors qu’il rentrait simplement de l’école.

Un dernier «bye» à sa famille

Kennan était le deuxième enfant du couple Martin. Il faisait, selon ses proches, la joie de sa famille. Son père raconte qu’il était particulièrement heureux depuis leur installation dans leur nouvelle maison de la NHDC de Grande-Pointe-aux-Piments. La famille avait emménagé trois semaines seulement avant le drame. Le garçon venait à peine de prendre ses marques dans son nouveau quartier, de découvrir sa nouvelle maison et de commencer cette nouvelle étape de sa vie.

«Ce jour-là, quand il est parti, il m’a dit ‘bye’. Je ne savais pas que c’était la dernière fois que j’entendais la voix de mon fils», confie Steeven Martin, en larmes. «Li ti enn zanfan bien briyan, gayar, li ti bien amikal e respektab. Il avait un avenir prometteur. Son départ laisse un grand vide dans notre vie. Je demande la justice pour la mort de mon enfant. Il avait toute la vie devant lui.»

Derrière cette tragédie familiale se trouvent de nombreuses questions auxquelles l’enquête devra apporter des réponses. Après son interrogatoire lundi soir, le chauffeur avait été autorisé à partir sur instruction d’un haut gradé de la police. Il a été arrêté hier matin après le décès de l’enfant. Il a comparu en cour sous une accusation provisoire d’homicide involontaire avant d’être libéré sous caution. Dans les heures ayant suivi l’accident, il avait été soumis à un alcootest et à un test de dépistage de drogue, lesquels se sont révélés négatifs. Il avait également été conduit à l’hôpital SSRN où un prélèvement sanguin avait été effectué pour analyse.

Un receveur d’autobus âgé de 35 ans, de nationalité népalaise, se trouvait également à bord au moment des faits. Le véhicule a été conduit au poste de police pour les besoins de l’enquête. Il transportait des élèves de la Pointe-aux-Piments Government School lorsqu’est survenu l’accident.

Pourquoi la porte de secours s’est-elle ouverte alors que l’autobus était en marche ? Selon les explications fournies aux enquêteurs par le chauffeur à la police, cette porte ne pouvait pas être actionnée depuis l’intérieur du véhicule, la poignée étant à l’extérieur et intégrée dans un cadre vitré. Pour accéder à la poignée, il fallait d’abord briser la vitre avant de pouvoir ouvrir la porte.

L’autobus est équipé d’un système de vidéosurveillance CCTV. Les images pourraient constituer un élément important de l’enquête et permettre de reconstituer les circonstances exactes des quelques secondes précédant la chute de Kennan. Le lieu de l’accident, en revanche, n’est pas couvert par une caméra Safe City.

Au-delà des circonstances immédiates de l’accident, l’état et le fonctionnement de cette porte de secours posent question. Selon des informations recueillies, des préoccupations concernant sa sécurité auraient déjà été exprimées avant le drame. Ces éléments devront toutefois être vérifiés dans le cadre de l’enquête afin d’établir si des plaintes ou signalements avaient effectivement été faits, auprès de qui, à quel moment et quelles mesures avaient éventuellement été prises.

Pour la famille Martin, ces questions ne pourront jamais effacer ce qui s’est passé lundi après-midi. Kennan était parti à l’école et devait simplement rentrer chez lui. Une question demeure : comment un simple trajet scolaire a-t-il pu coûter la vie à un garçon de 12 ans ?

Publicité