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Alimentation
Le froid et les vents soutenus font grimper les prix des légumes
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Le froid et les vents soutenus font grimper les prix des légumes
■ La majorité des légumes ont enregistré une hausse de 15 à 30 % en l’espace de deux semaines.
Les ménages constatent depuis plusieurs jours une hausse du prix de plusieurs légumes sur les marchés et dans les supermarchés. Lalo, pomme d’amour et aubergine figurent parmi les produits dont les prix ont sensiblement augmenté. Cette situation s’explique notamment par des conditions climatiques défavorables, qui affectent la production et l’approvisionnement sur le marché local.
Le prix du lalo est ainsi passé de Rs 200-225 à Rs 250-300. La pomme d’amour, qui se vendait entre Rs 40 et Rs 50, coûte désormais Rs 60-70. Pour l’aubergine, le prix est passé de Rs 15-20 à Rs 25-40. Selon Kreepalloo Sunghoon, secrétaire de la Small Planters Association, la majorité des légumes ont enregistré une hausse de 15 à 30 % en l’espace de deux semaines. Selon lui, le froid et les vents soutenus ralentissent le développement des cultures et réduisent les volumes disponibles sur le marché. «Quand il fait froid et qu’il y a beaucoup de brise, cela empêche les plants de se développer normalement.»
Cette situation pourrait se poursuivre jusqu’à la fin de septembre, voire la mioctobre, en fonction de l’évolution des conditions météorologiques. Certaines cultures résistent toutefois mieux aux intempéries. C’est le cas de la carotte, moins exposée aux effets du froid et du vent puisqu’elle se développe sous terre.
Face à cette hausse, les consommateurs doivent adapter leurs habitudes. Plusieurs privilégient les légumes les plus abordables et réduisent les quantités achetées. Du côté des planteurs, une amélioration des conditions climatiques et un approvisionnement suffisant en eau pour l’irrigation sont considérés comme essentiels à une reprise progressive de la production.
Davantage de terres sous culture
Pour Salil Roy, président de la Planters’ Reform Association, la hausse actuelle des prix ne peut toutefois pas être attribuée qu’aux conditions climatiques. Selon lui, le manque de production locale constitue également un problème majeur. «Il y a un grand manque. D’un côté, on voit de nombreuses terres abandonnées et, de l’autre, des légumes qui pourraient être produits à Maurice ne le sont pas.»
Il précise avoir évoqué cette question avec le Premier ministre, notamment le nombre important de terres agricoles abandonnées à Maurice. Pour lui, il est préoccupant que le pays dispose de terres qui pourraient être exploitées alors que certains légumes sont importés. Il estime qu’une augmentation de l’offre permettrait de mieux réguler les prix. «Si nous avons davantage de production, les prix pourront être équilibrés», affirme-t-il, tout en insistant sur la nécessité de garantir un prix durable pour les planteurs.
Salil Roy appelle ainsi à une révision du secteur et à davantage d’encouragements et de facilités pour les agriculteurs. Il s’inquiète également du gaspillage des ressources en eau. Selon lui, une meilleure canalisation permettrait de retenir une partie de l’eau qui se déverse actuellement dans la mer et de renforcer l’irrigation. Alors que le climat demeure incertain, la production locale revient au centre des préoccupations. Pour Salil Roy, le principe de «planter ce qu’on consomme et consommer ce qu’on plante» devrait être davantage appliqué. «We should walk the talk», insiste-t-il.
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