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Affaire Mamy Ravatomanga
Une bande sonore fait monter la pression
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Affaire Mamy Ravatomanga
Une bande sonore fait monter la pression
Le lanceur d’alerte Nasser Beekhy s’est présenté le 11 septembre à la FCC, accompagné de son avocat, Mᵉ Samad Golamaully.
Lors du troisième congrès du Mouvement socialiste militant (MSM), tenu le vendredi 11 septembre à Grand-Bois, dans la circonscription n°13, Rivière des Anguilles-Souillac, l’ex-Premier ministre Pravind Jugnauth a dévoilé un enregistrement audio qu’il présente comme un nouvel élément majeur dans l’affaire Mamy Ravatomanga. On y entend une conversation évoquant le paiement de plusieurs centaines de millions de roupies pour un supposé «cover-up» de l’enquête de la Financial Crimes Commission (FCC), ce qui vient relancer un dossier politico-financier déjà explosif.
Le troisième congrès du MSM était attendu, après ceux de Centre de Flacq et Sainte-Croix. À cette occasion, l’ex-Premier ministre et leader du parti, Pravind Jugnauth, est longuement revenu sur l’affaire Mamy Ravatomanga.
Devant ses partisans, il a diffusé un enregistrement audio qu’il présente comme un élément susceptible de jeter une lumière nouvelle sur le dossier.
«Tou dimounn pe rod kas ar misie-la»
Selon Pravind Jugnauth, la bande sonore mettrait en cause un conseiller rattaché au Prime Minister’s Office (PMO). Cette personne aurait, selon les allégations avancées, réclamé plus de Rs 300 millions – voire Rs 350 millions selon certaines sources – afin de faciliter un «cover-up» de l’enquête de la FCC visant l’homme d’affaires malgache.
Le leader du MSM a qualifié ces révélations de «très graves» et a également affirmé que le deal concernant Mamy aurait déjà été scellé par le gouvernement en place.
Une phrase issue de la vidéo est particulièrement mise en avant : «Tou dimounn pe rod kas ar misie-la». La bande sonore s’accompagne d’images montrant uniquement l’écran d’un téléphone portable lors d’un appel effectué via WhatsApp. Selon les éléments présentés, la conversation ferait référence à un éventuel paiement de Rs 300 millions au «dokter», qui ne ferait confiance à personne, hormis un supposé conseiller au PMO.
Le paiement aurait, selon les allégations formulées, été lié à une intervention visant à obtenir la libération de Mamy Ravatomanga.
Si son contenu devait être authentifié et confirmé par une enquête indépendante, cet enregistrement pourrait constituer un nouvel élément important dans une affaire qui dépasse désormais largement les frontières mauriciennes.
Arrêté en octobre 2025, Mamy Ravatomanga est depuis détenu à la prison de haute sécurité de Melrose.
Fondateur du puissant Groupe Sodiat et présenté comme un proche de l’ancien président malgache Andry Rajoelina, l’homme d’affaires malgache est au cœur d’un dossier politico-financier qui a progressivement pris une dimension régionale et qui affecte également les relations entre Madagascar et Maurice.
L’enquête de la FCC porte notamment sur des soupçons liés au blanchiment d’argent et à d’éventuelles tentatives d’interférence dans le cours de l’enquête.
Nasser Bheeky et sa clé USB
L’un des protagonistes du dossier, le whistleblower Nasser Bheeky s’est récemment présenté dans les locaux de la FCC, accompagné de son avocat, Mᵉ Samad Golamaully. Ils ont remis aux autorités une clé USB contenant la vidéo évoquée dans cette affaire.
Selon Me Golamaully, la vidéo existait déjà avant l’arrestation de son client en octobre 2025 et aurait donc été enregistrée avant que celui-ci ne retienne les services d’un avocat.
L’homme de loi affirme également que des vérifications auraient été effectuées auprès de Meta afin de déterminer notamment l’heure de l’appel, sa durée et la concordance des données disponibles. «Aster se bann otorite ki bizin fer zot lanket», a déclaré Mᵉ Golamaully.
Nasser Bheeky fait l’objet d’une accusation provisoire d’entente délictueuse et de trafic d’influence. Il lui est reproché d’avoir joué le rôle d’intermédiaire dans l’organisation d’une rencontre qui aurait eu lieu le 15 octobre 2025 entre David Jean Christian Thomas, présenté comme un proche de Mamy Ravatomanga, et Junaid Haroon Fakim, alors assesseur/ commissaire au sein de la FCC.
Selon les soupçons évoqués dans le dossier, cette rencontre aurait pu avoir pour objectif d’interférer dans l’enquête pour blanchiment d’argent visant l’homme d’affaires malgache.
Une situation «kokas»
Pour Mᵉ Samad Golamaully, les nouveaux éléments soulèvent également des questions quant au rôle des différentes institutions impliquées dans l’enquête.
L’avocat souligne que son client aurait cité la FCC dans son affidavit ainsi que devant la cour. Il rappelle également que Nasser Bheeky aurait affirmé ne pas faire confiance à la FCC et à son directeur, Titrudeo Sanjay Dawoodarry.
Il estime que l’institution pourrait désormais se retrouver dans une situation «kokas».
Selon lui, les éléments recueillis devraient être transmis au Central Crime Investigation Department afin que les autorités compétentes puissent mener les vérifications nécessaires.
Mᵉ Golamaully précise que son client souhaite qu’une enquête indépendante soit menée sur l’ensemble de l’affaire.
Authentification nécessaire
Du côté du Prime Minister’s Office, la réponse est mesurée. Touria Prayag, directrice de la communication au PMO, a déclaré : «Il faut laisser la FCC faire son travail d’une façon indépendante, une institution qui marche d’ailleurs de façon indépendante depuis que le nouveau gouvernement est en place.»
Cette nouvelle séquence pourrait donc ouvrir un nouveau chapitre dans l’affaire Mamy Ravatomanga.
Entre l’enregistrement audio, la vidéo remise à la FCC, l’affidavit de Nasser Bheeky et les déclarations contradictoires des différents protagonistes, les prochaines étapes de l’enquête seront scrutées de près.
Pour l’heure, les accusations et les éléments contenus dans ces enregistrements doivent encore être authentifiés et établis par les autorités compétentes. Leur portée juridique et la responsabilité éventuelle des personnes citées restent donc à être déterminées.
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