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Kronik KC Ranzé
Variations sur un thème : la corruption !
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Kronik KC Ranzé
Variations sur un thème : la corruption !
La conférence de presse de Sanjay Dawoodarry, Directeur général (DG) de la Financial Crimes Commission (FCC), mardi a été l’occasion pour lui de marquer des points.
Accompagné de son équipe, l’ancien directeur d’enquête, aujourd’hui DG, de la FCC passe un message fort et clair. Ils n’ont qu’un but : celui de mieux protéger l’intérêt du public. «No retreat, no surrender», clame-t-il. Pour ce faire, ils feront leur travail de fourmi avec assiduité, souvent au-delà des heures classiques, parfois sous la surveillance malveillante et la menace de ceux sur qui ils enquêtent ; établissant des dossiers qu’ils espèrent adéquats pour «gagner en cour». La FCC ne tolèrera aucune brebis galeuse, aucun tire-au-flanc, aucun «martin» des ennemis publics, aucun traître, aucun vendu…
Si M. Dawoodarry a voulu dresser une image se rapprochant de celle des «incorruptibles» d’Eliot Ness, ce n’était pas mal réussi ! Son credo affiché de transparence promet qu’aucun cas ne sera tabou ou «covered up» et qu’il sera guidé par la loi et les seuls faits. Répéter, plus d’une fois, qu’ils ne sont pas infaillibles est une indication d’honnêteté appréciable face aux attitudes plus connues de suffisance dans ce genre de présentation… Loin d’être parfait, le contraste lui est favorable.
Cependant, la bataille pour la crédibilité de la FCC ne se gagnera pas dans une conférence de presse, mais avec des résultats ! Pour améliorer le niveau et les résultats, il ne faudra pas hésiter à recruter les talents extérieurs qui manquent. La Commission est solide et doit aider.
Les défis sont immenses. 1 794 dossiers sous enquête (dont 1 335 sous Preliminary Investigation seulement), ce n’est pas de la foutaise ! Comme argué dans ces colonnes, le pays attend de son agence contre la criminalité financière qu’elle soit plus rapide et que ses dossiers soient ficelés «comme il faut» pour être retournés le moins souvent possible par le DPP pour «complément d’information»… En passant, n’étant pas infaillible non plus, j’ai peutêtre donné l’impression («SERVIR OU SE SERVIR», 23 août dernier) qu’il n’y avait qu’UNE première fournée de six dossiers envoyés au DPP le mois dernier ? Or, 65 dossiers sont déjà en cour concernant 99 personnes… Voilà ! C’est corrigé !
Cependant, la FCC dont la mission est très certainement complexe, ne devrait pas se laisser tromper par des chiffres fantastiques qui promettent de nombreux grands bandits, mais qui accouchent de petites souris. Souligner, par exemple, des enquêtes engageant Rs 55 milliards et des Attachment Orders de Rs 10 milliards peut, à la rigueur, assouvir un certain sentiment de virilité, mais ces chiffres font un contraste frappant, par la suite, avec les Rs 30,4 millions seulement d’actifs récupérés et vendus jusqu’ici… Il y a eu 166 arrestations, soit ! Elles ne seront néanmoins légitimisées qu’au moment où il y aura presque autant de condamnés !
La FCC commencerait bien en épinglant au moins un Al Capone !
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Une enquête époustouflante du New York Times cette semaine continue d’étaler de sérieuses interrogations sur le mercantilisme de Trump.
Dans sa dernière mouture, Trump nous emmène dans le monde de la viande…
Par décret présidentiel, Trump signait la semaine dernière une proclamation qui permettait pour les 90 prochains jours, l’importation, Duty free, de 660 millions de livres de bœuf pas cher… Les éleveurs de bétail, généralement MAGA, protestent vivement, arguant qu’une déstabilisation du marché, même temporaire, heurte leurs ventes et menace leur futur. Ils soulignent aussi que cette importation contredit la politique d’America First de Trump ! Le viseur de Trump, lui, pourrait être sur les élections de mi-mandat. Il espère possiblement faire baisser les prix sur une commodité recherchée à la veille du rendez-vous électoral du 6 novembre prochain? Cette baisse qui ne sera que temporaire confirme-t-il le caractère transactionnel de ce qu’entreprend généralement Trump : «Je baisse tes prix, vote pour mes candidats !» Ou autre chose de plus pernicieux ?
❝ Corruption happens when there is impunity, or where they think they can get away with it !”
Joao Lourenco
Depuis des mois, isolé dans sa tour d’ivoire, avec ses riches amis, Trump traite la question des prix abordables («affordability») de canular démocrate («hoax»). Il se réveillerait enfin ? Mais il est coincé entre ses intérêts propres (sales !), ses promesses de faire baisser les prix instantanément à son arrivée au pouvoir, son hypocrisie transactionnelle le temps d’une élection seulement, les intérêts de ses amis riches et ceux des producteurs locaux qui lui étaient fidèles. Ainsi va la vie d’un politicien, qui doit, à un moment ou un autre, trancher dans le fatras et déplaire à certains pour amadouer les autres…
Mais derrière cette décision se cache bien plus sordide.
Les viandes qui vont s’importer ne sont pas du sirloin, du rib eye ou du filet. Ce seront plus généralement les chutes diverses de viande, largement frigorifiées pour on ne sait combien de temps, qui seront ajoutées à de la viande américaine plus grasse pour faire de la viande hachée. Destination ? Principalement les hamburgers ! Qui coûteront moins cher ? Peut-être même pas puisque les bénéficiaires pourraient tout aussi bien être les empaqueteurs de viande, les chaînes de fast-food et les supermarchés ? L’avenir dira…
Ce qui semble plus que probable c’est que le plus grand producteur de protéine animale au monde, opérant déjà dans 180 pays, JBS, compagnie brésilienne, va en profiter. La famille Batista en est le propriétaire. Cette compagnie fondée en 1953 par José Batista Sobrinho (et qui, avant que les théories «bien avisées» ne pleuvent, n’a strictement rien à faire avec le Batista de Cuba ou le Sobrinho de l’Angola…) a grandi d’une petite boucherie au géant actuel, dont la holding, en 2017, était condamnée à USD 3,2 milliards de pénalités diverses pour de la corruption à tous vents. En effet, plus de 2 000 politiciens et bureaucrates avaient été arrosés pour USD 186 millions ! Trois présidents brésiliens étaient concernés. Les frères Batista faisaient même alors de la prison et la Bourse de New York leur refusait depuis le «listing» qu’ils réclamaient.
Cependant, ayant accepté de payer les pénalités sur les 25 prochaines années, JBS, déjà établi dans l’empaquetage de viande aux ÉtatsUnis depuis 2007, retrouva des couleurs et de l’appétit et obtenait, en novembre dernier, une entrevue à la Maison-Blanche… Coïncidence ou pas : quelque temps plus tard le Stock Exchange de New York accédait à la demande de JBS, vieille déjà d’une décade, d’être listée. Coïncidence aussi ? Une subsidiaire de JBS avait été le donateur le plus important à l’inauguration du second mandat de Trump avec USD 5 millions.
Coïncidence sans doute : après cette rencontre de novembre, M. Batista s’envola pour le Venezuela, pour demander au président Maduro de démissionner, sans succès, cependant qu’une compagnie de sa famille achetait une part importante dans la production pétrolière vénézuélienne… en juillet dernier. Coïncidence possible aussi : l’Union européenne suspendait les importations de bœuf du Brésil jeudi dernier craignant l’usage abusif d’antibiotiques. Le décret de Trump prit effet cette même semaine. Le Wall Street Journal, de son côté, annonçait que le décret de Trump permettant l’importation de viande bovine sans taxe à l’entrée, était signé un jour seulement après une nouvelle rencontre avec M. Batista, ce que le NYT souligne est peutêtre une coïncidence de plus…
Ajoutez à cela que l’étiquetage des viandes importées devait, à l’époque, obligatoirement souligner le pays d’origine, mais que ce règlement fut terminé par le congrès républicain de 2015, dont le speaker était alors John Boehner. Une année plus tard, Mr Boehner rejoignait le Conseil de direction de… JBS Foods International, dans une autre coïncidence étonnante.
Une bien belle histoire, si vous me demandez !
Une bien belle façon de la dénoncer serait de libeller tout ce qui dérange de «fake news» ?
Mais cette approche-là, l’équipe Trump l’a adoptée depuis longtemps déjà. C’était tellement commode !
Mardi, couronnant tout royalement, Trump offrait USD 5 000 à chaque Américain, s’il gagnait le 6 novembre prochain ! Il ne croit donc pas que les hamburgers suffiront ?
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Les résultats PISA 2025 sont là. Saluons le courage de renouer avec ce comparateur international de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) après notre fuite en pagaille depuis 2009…
Nous sommes au-dessous des moyennes OCDE, ce qui ne surprendra personne. La clé c’est de faire ce qu’il faut pour améliorer nos scores à l’avenir !
Un fait me saute aux yeux. Les étudiants qui n’utilisent aucun outil numérique scorent, en science 485, soit mieux que la moyenne OCDE de 480. Ce score baisse à 468 pour ceux qui utilisent leurs écrans 2/3 heures par jour (OCDE à 499) et s’écroule à 400 quand cet usage atteint 7 heures par jour ou plus (OCDE stable à 481). L’écran corrompt-il la cervelle ou les moins doués noient-ils leurs insuffisances de départ là-dedans ? L’important avec l’écran, c’est la dose et… l’usage qu’on en fait !
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