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PISA 2025

Maurice face à l’urgence de redresser les performances scolaires

10 septembre 2026, 19:30

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Maurice face à l’urgence de redresser les performances scolaires

■ Le rapport PISA 2025 pointe des résultats scolaires en retrait par rapport à la moyenne de l’OCDE.

Le nouveau rapport du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA), publié par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), dresse un constat préoccupant sur les performances scolaires à travers le monde. Après la chute historique enregistrée en 2022, les résultats ont, dans de nombreux pays, continué à stagner ou à reculer.

Les résultats de PISA 2025 placent Maurice sous la moyenne de l’OCDE dans les trois domaines évalués : les sciences, les mathématiques et la lecture. Si les performances en sciences progressent légèrement depuis 2010 et que celles en lecture restent relativement stables, les mathématiques accusent, elles, un recul. Le rapport met également en lumière plusieurs défis liés à l’absentéisme, au retard scolaire, au climat dans les établissements et à l’usage du numérique.

À Maurice, les élèves de 15 ans évalués restent ainsi en dessous de la moyenne de l’OCDE dans les trois domaines étudiés. L’évolution depuis 2010 apparaît toutefois contrastée. Les performances en sciences connaissent une légère amélioration, tandis que la lecture demeure relativement stable. En revanche, les résultats en mathématiques sont en baisse.

Des écarts qui persistent

Au-delà des scores, le rapport souligne d’importantes différences entre les élèves les plus performants et ceux qui éprouvent davantage de difficultés.

Ces écarts constituent un enjeu majeur pour le système éducatif, notamment en matière d’égalité des chances et d’accompagnement des élèves en difficulté. L’étude s’intéresse également à plusieurs facteurs qui influencent l’expérience scolaire, notamment la curiosité, la persévérance, le climat au sein des établissements, l’utilisation du numérique et le harcèlement.

À Maurice, 44 % des élèves ont atteint au moins le niveau 2 en mathématiques, contre 65 % en moyenne dans les pays de l’OCDE. À ce niveau, les élèves sont capables d’interpréter des situations mathématiques simples, comme comparer des distances ou convertir des devises. À l’autre extrémité de l’échelle, seul 1 % des élèves mauriciens ont atteint les niveaux 5 ou 6, contre 8 % en moyenne dans l’OCDE. Ces niveaux correspondent à des compétences permettant notamment de modéliser des situations complexes et de mettre en œuvre des stratégies efficaces de résolution de problèmes.

En lecture, 48 % des élèves mauriciens ont atteint le niveau 2 ou un niveau supérieur, contre 69 % en moyenne dans l’OCDE. À ce niveau, les élèves sont capables d’identifier les idées principales et de repérer des informations explicites dans des textes de longueur modérée. À Maurice, pratiquement aucun élève n’a atteint le niveau 5 ou un niveau supérieur, qui implique notamment de comprendre des textes longs ou abstraits et de distinguer les faits des opinions. Dans l’OCDE, 6 % des élèves atteignent ce niveau.

Curiosité et persévérance

Sur le plan des attitudes, 82 % des élèves mauriciens se disent curieux à l’égard de divers sujets, contre 73 % en moyenne dans l’OCDE. Par ailleurs, 75 % déclarent redoubler d’efforts lorsqu’ils sont confrontés à des travaux difficiles, contre 60 % en moyenne dans l’OCDE.

Par ailleurs, 19 % des élèves mauriciens considèrent l’école comme une perte de temps, un chiffre légèrement inférieur à la moyenne de l’OCDE, qui s’établit à 24 %.

La curiosité et la persévérance sont positivement associées aux performances en sciences. À Maurice, une augmentation d’une unité du niveau de curiosité est associée à une amélioration de 18 points des performances en sciences, contre 19 points en moyenne dans l’OCDE. De même, la persévérance est associée à un gain de 9 points, contre 13 points en moyenne dans l’OCDE.

Les élèves qui considèrent que l’école a de la valeur obtiennent également des résultats nettement supérieurs en sciences à ceux qui estiment qu’elle constitue une perte de temps.

Le numérique au cœur des usages

Les élèves mauriciens déclarent passer en moyenne 1,7 heure par jour à utiliser des appareils numériques à l’école dans le cadre d’activités d’apprentissage, soit exactement la moyenne de l’OCDE.

Toutefois, une part importante de cette utilisation est consacrée à des activités sans lien avec l’apprentissage. Les élèves mauriciens déclarent ainsi passer en moyenne 1,5 heure par jour sur des appareils numériques à l’école à des fins de loisirs, contre 1,1 heure dans l’OCDE.

En 2025, 79 % des élèves mauriciens fréquentaient par ailleurs des établissements où l’utilisation du téléphone portable n’était pas autorisée dans l’enceinte scolaire, contre 49 % en moyenne dans l’OCDE.

Le harcèlement demeure également une source de préoccupation. Quelque 29 % des élèves mauriciens ont déclaré avoir été victimes d’au moins une forme de harcèlement plusieurs fois par mois ou plus en 2025, contre 20 % en moyenne dans l’OCDE.

Dans un contexte mondial marqué par une baisse de l’attention, une utilisation croissante de l’intelligence artificielle et une pénurie d’enseignants, les résultats de PISA 2025 constituent un signal important pour Maurice. Ils soulignent la nécessité de renforcer les apprentissages fondamentaux, de réduire les écarts entre les élèves et de créer un environnement scolaire davantage propice à la réussite et au bien-être.


Vikash Ramdonee : «L’éducation devrait intégrer des compétences sociales et émotionnelles»

Vikash Ramdonee, président de la United Deputy Rectors and Rectors Union, estime que les résultats doivent être analysés à la lumière de plusieurs problèmes fondamentaux qui affectent le système éducatif mauricien, notamment l’environnement scolaire, les infrastructures et la formation des enseignants.

Il s’inquiète également de la place croissante des outils numériques dans le quotidien des élèves. Selon lui, leur utilisation peut nuire à la curiosité et au développement cognitif lorsqu’ils prennent le pas sur l’apprentissage actif. Malgré leur curiosité naturelle, les élèves peuvent, ditil, éprouver des difficultés à mobiliser concrètement les connaissances acquises.

Vikash Ramdonee plaide ainsi pour une refonte du curriculum accordant davantage de place aux mathématiques, en s’inspirant notamment des approches adoptées à Singapour, en Inde et en Finlande. Il estime également que les parents doivent être davantage impliqués dès l’entrée de l’enfant à l’école.

«L’éducation devrait intégrer des compétences sociales et émotionnelles et ne pas se limiter à l’académique», insiste-t-il. Pour lui, il est essentiel de resserrer les liens entre parents, enseignants et système éducatif afin de mieux préparer les nouvelles générations aux défis contemporains.

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