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«National Youth Parliament»
L’hémicycle aux couleurs de la relève
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«National Youth Parliament»
L’hémicycle aux couleurs de la relève
Les participants du NYP entourant notamment la speaker Shirin Aumeeruddy-Cziffra, lors de la photo de groupe hier. (Photos : Tony Fine et Nishka Mohitram)
Hier, l’Assemblée nationale a pris ses quartiers plus tôt que d’habitude : les séances démarrent en principe à 11 h 30, mais il n’était que 9 h 30 lorsque la présidente, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, a cédé sa place pour deux jours à une simulation qui n’avait plus grand-chose d’un tel processus.
Une soixantaine de jeunes attendaient dans l’hémicycle, cheveux lissés et costumes sombres respectant le code vestimentaire de la Chambre, avec parfois une touche personnelle – un vernis, une cravate qui détonnait. Dans la tribune publique, des parents tendaient le cou pour apercevoir leurs enfants parmi les rangs.
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, salue les jeunes parlementaires.
Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, était présent, mais pas à sa place habituelle : il l’avait, lui aussi, cédée à une jeune femme – une scène inédite. Quelques ministres et députés avaient fait le déplacement, mais pas l’opposition, une absence sur laquelle il est revenu lors de son discours d’ouverture de cette cinquième édition du National Youth Parliament (NYP), donnant au lancement une tournure politique.
Il est revenu sur ses débuts en politique : leader du Parti travailliste depuis 1990, entré au Parlement l’année suivante comme leader de l’opposition, sans, dit-il, «aucune» connaissance des procédures parlementaires. Il a rappelé deux victoires électorales où son alliance avait remporté les 60 sièges de l’Assemblée – un scénario «mauvais pour la démocratie», faute d’opposition, et l’une des raisons de la réforme électorale défendue par son gouvernement. «Chaque vote compte», a-t-il martelé, un électorat informé étant selon lui nécessaire à une opposition forte.
Une soixantaine de jeunes ont pris place dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale, le temps de deux jours de simulation parlementaire.
Navin Ramgoolam a ensuite fait le lien entre cette réforme et la motion des jeunes parlementaires sur la paix, la justice et des institutions fortes, y voyant un reflet de son programme en matière de démocratie et d’État de droit. Il a aussi évoqué l’intelligence artificielle comme priorité d’investissement pour faire de Maurice une île «intelligente», ainsi que l’accord conclu avec l’Inde pour sécuriser l’approvisionnement pétrolier du pays face aux crises internationales.
Quelques ministres et députés ont fait le déplacement pour suivre les travaux de cette cinquième édition du NYP.
Le cœur des deux autres discours a, quant à eux, porté sur la transmission entre générations. Azarel Ernesta, speaker de l’Assemblée nationale des Seychelles, a présenté le Parlement des jeunes comme une illustration de ce passage de relais : «Les actions posées par une génération affectent la vie de la suivante», a-t-elle rappelé, se disant convaincue que ce Parlement des jeunes «se taillera fièrement une place dans l’histoire». La speaker Shirin Aumeeruddy-Cziffra, a poursuivi sur cette idée de passation, invitant les participants à «défendre leurs idées avec respect pour leurs adversaires du jour», et espérant que celui ou celle qui lui succédera saura appliquer «la même fermeté empreinte de douceur» qu’elle dit avoir adoptée depuis son élection.
Mais au-delà des discours, les principaux concernés attendaient surtout le moment de passer de la théorie à la pratique…
Emma Sonia Cécile, leader de l’opposition : «C’est vraiment une nouvelle aventure»

Pour Emma Sonia Cécile, leader de l’opposition lors de cette cinquième édition du NYP, cette première séance est synonyme d’adrénaline et d’excitation. Après les journées de formation, cette élève du Lorette de Quatre-Bornes se dit impatiente de mettre en pratique les connaissances acquises. «J’ai hâte de voir comment cette session va se passer. Avec toutes les formations qu’on a eues, pouvoir mettre tout ça en pratique maintenant, c’est vraiment une nouvelle aventure», confie-t-elle. Avec son équipe, elle portera une motion autour de l’Objectif de développement durable 16, consacré à la paix, à la justice et à des institutions fortes, un sujet qui, selon elle, touche directement au fonctionnement démocratique du pays. L’objectif est notamment de «pouvoir avoir un système qui est impartial et fait pour tout le monde», explique-t-elle, la paix occupant également une place centrale dans cette réflexion: «Promouvoir la paix, surtout, est au cœur de toute notre île», souligne-t-elle.
Tahseen Oozeerally, Première ministre : «Les filles à la maison, elles aussi peuvent le faire»

À 18 ans, Tahseen Oozeerally, élève en Grade 13 au Forest Side SSS, a endossé le rôle de Première ministre une responsabilité dont elle se dit particulièrement fière, d’autant qu’il s’agit de la première fois, en cinq éditions, qu’une femme occupe ce poste. «C’est aussi pour dire aux filles à la maison qu’elles aussi peuvent le faire», affirme-t-elle. Au cours des journées de formation, elle dit avoir voulu adopter une approche participative avec son gouvernement, répartissant interventions et rôles à travers discussions et sondages pour que chacun puisse s’exprimer. Elle insiste aussi sur l’importance du rôle de l’opposition : «S’il n’y a personne pour nous critiquer, on ne peut pas apporter de vrais changements», souligne-t-elle. Consciente de la portée symbolique de cette expérience, la jeune Première ministre adresse un message aux élus : «On est très chanceux d’occuper leur place et on espère leur faire honneur.»
Rayyan Oderuth, «speaker» : «On veut amener une politique moderne»

Devenir speaker de l’Assemblée nationale pour ces deux jours représente aussi une nouvelle expérience pour Rayyan Oderuth, habitué à suivre les travaux parlementaires mais qui découvre ici les débats sous un angle différent. Le rôle exige, selon lui, «beaucoup de patience et de composure», ainsi qu›une capacité à penser rapidement et à prendre des décisions justes pour tous. Cette fonction s’inscrit dans la continuité de deux éditions d’un parlement organisé par son école, la MGI, où il a d’abord occupé un siège dans l’opposition avant d’endosser le rôle de Premier ministre. «J’ai fait les deux extrémités de la Chambre. Maintenant, speaker, c’est une nouvelle expérience», explique-t-il. Impressionné par le potentiel des jeunes participants, il affirme : «Nous, les jeunes, on veut amener une politique moderne dans le pays.» Il souligne également le courage dont doivent faire preuve les participants, que ce soit pour se présenter aux sélections ou prendre la parole devant le pays, lors de débats diffusés en direct.
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