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Fron Militan Progresis

Paul Bérenger : «On ne peut plus gouverner comme ça, sans dialogue, sans consultation nationale»

9 août 2026, 09:00

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Paul Bérenger : «On ne peut plus gouverner comme ça, sans dialogue, sans consultation nationale»

■ Les trois députés du Fron Militan Progresis, Joanna Bérenger, Chetan Baboolall et Paul Bérenger, à l’issue de leur conférence de presse. © Rishi Etwaroo

Toutes les projections étaient tournées vers la nomination toute fraîche de Chetan Baboolall comme nouveau leader de l’opposition. Mais le sujet principal de la conférence de presse tenue hier matin à l’hôtel Hennessy Park par le Fron Militan Progresis (FMP) était ailleurs. Paul Bérenger, entouré de Chetan Baboolall et de Joanna Bérenger, a préféré parler de gouvernance. Ou plutôt de ce qu’il qualifie d’absence de gouvernance.

«Les récents événements autour du Finance Bill et de la réforme des pensions montrent qu’on ne peut plus gouverner comme ça, sans dialogue, sans consultation nationale», lance le leader du parti. Il veut un dialogue institutionnalisé et a cité en modèle la Jamaïque. «Sans faire exactement pareil», précise-t-il. Il propose trois axes.

D’abord une Fiscal Responsibility Act, loi fixant discipline et transparence budgétaires. La Jamaïque n’a pas de loi autonome sous ce nom, mais un ensemble équivalent : la Financial Administration and Audit Act et la Public Bodies Management and Accountability Act. Paul Bérenger cite aussi la Nouvelle-Zélande, qui applique ce principe depuis 1994, et l’Inde, avec sa Fiscal Responsibility and Budget Management Act de 2003.

Une telle loi, selon lui, ne doit pas se faire au détriment des plus vulnérables. Elle figurait au paragraphe 223 du discours du Budget de l’année dernière, comme engagement à venir. Elle en a disparu cette année. Pour Paul Bérenger, c’est la preuve que le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, ne prend pas la question au sérieux.

Deuxième axe, «plus important que tout» selon lui : une Independent Fiscal Commission Act. Un organe indépendant chargé de veiller à l’application de la Fiscal Responsibility Act. À sa tête, un commissaire nommé pour sept ans, mandat non renouvelable, indépendance garantie par la loi. Son rôle n’est pas de contester la politique du gouvernement, mais d’en surveiller l’application.

Comme troisième axe, Paul Bérenger plaide pour un National Partnership Council. Un conseil présidé par le Premier ministre lui-même, réunissant ministres, opposition parlementaire, secteur privé, syndicats et société civile, pour bâtir un consensus sur les grands enjeux nationaux avant qu’un texte n’arrive au Parlement. Le National Economic Development and Labour Council, de l’Afrique du Sud, est un exemple ; toute loi touchant au droit du travail doit d’abord y passer.

Paul Bérenger rappelle son propre passage comme ministre des Finances, en 1982-83, quand il avait fait voter une National Economic and Social Council Act, restée depuis sans grand écho. Un tel conseil existe déjà à Maurice, dit-il, mais ne s’est pas réuni depuis un moment.

Cette direction, le FMP dit vouloir la proposer non seulement en tant que parti mais à «tous les progressistes», syndicats et société civile compris.

Sur la dette, en réponse à une question, l’ancien Premier ministre adjoint situe la position officielle communiquée au Fonds monétaire international à environ 80 % du PIB, stable. Sans vigilance, prévient-il, le risque est qu’elle augmente plutôt que baisse. L’objectif est de la faire baisser sans pénaliser les plus vulnérables.

Quant à la nomination de Chetan Baboolall comme leader de l’opposition, Paul Bérenger situe la décision entièrement entre les mains du président de la République, dans le respect de la Constitution, sans pression du FMP. Il a affirmé qu’eux, les trois députés du parti, ont envoyé une lettre conjointe et signée au président, non pour formuler une demande, mais pour l’informer que Chetan Baboolall est le «leader of the FMP in the legislative assembly». Le point à préciser : si le président estime qu’un parti dispose d’une majorité au sein de l’opposition, c’est le chef de ce parti qui doit être nommé leader de l’opposition. Paul Bérenger répète, une fois de plus, ne pas vouloir occuper lui-même ce poste.

Interrogé sur le Public Accounts Committee, le député de l’opposition rappelle que sa composition ne relève pas de la Constitution mais des Standing Orders du Parlement : c’est la speaker qui nomme le Chairperson, après consultation du leader de l’opposition. Concernant les fonctions de whip de l’opposition, il indique que le FMP propose Joanna Bérenger.

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