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Portrait

L’ombre de Girish, la lumière de Chetan

7 août 2026, 10:00

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L’ombre de Girish, la lumière de Chetan

Élu en tête de liste dans la circonscription n◦10 en 2024, Mᵉ Chetan Baboolall est devenu, à 46 ans, le visage du FMP appelé à briguer le poste de leader de l’opposition. «C’est un grand honneur et une grande responsabilité», a-t-il déclaré hier à l’express, tout en exprimant sa reconnaissance envers Paul Bérenger, dont il se présente comme un fidèle.

Avocat de profession, il revendique une trajectoire forgée loin des cercles du pouvoir. À Bel-Air, où il est né et a grandi, son père, extracteur de sable avant de se lancer dans le transport et la pêche, lui transmet très tôt le goût du travail, de l’effort et de la proximité avec les gens. Aujourd’hui encore, Baboolall reste une figure familière de Bel-Air comme de Trou-d’Eau-Douce, où il est connu pour avoir toujours maintenu le contact avec ses mandants, bien avant son élection.

La politique, il y est venu par conviction autant que par héritage familial. Sa famille était traditionnellement travailliste, mais son frère cadet, Girish, choisit de rejoindre le Mouvement militant mauricien (MMM). Chetan suit le même chemin. Les deux frères partent étudier le droit en Angleterre avant de revenir exercer comme avocats, avec la volonté d’aider ceux qui n’ont pas toujours les moyens de se défendre. Ils deviennent rapidement inséparables, partageant la même profession, les mêmes engagements et la même passion pour le débat politique.

Le tournant de sa vie survient en décembre 2011. Girish Baboolall, alors âgé de 31 ans, meurt dans un violent accident de la route. Ce drame marque profondément Chetan. Quinze ans plus tard, le bureau de son frère est resté intact dans son étude, comme un hommage permanent à celui dont il dit avoir repris le combat. Ses proches racontent que cette disparition l’a rendu plus réservé, mais aussi plus déterminé.

Au MMM, il gravit progressivement les échelons jusqu’à intégrer le Bureau politique. En mars 2026, lorsque Paul Bérenger rompt avec le gouvernement, Chetan Baboolall fait partie des très rares élus mauves à le suivre dans l’opposition. Alors que 16 députés choisissent de rester au pouvoir, lui revendique un choix dicté par les convictions plutôt que par les postes. «L’Histoire jugera», répète-t-il.

Depuis les bancs de l’opposition, il s’est imposé comme l’un des critiques les plus constants de la réforme des pensions, dénonçant les revirements successifs du gouvernement et le manque de transparence entourant le means test. Il a également plaidé pour la dépénalisation, voire la légalisation contrôlée du gandia, afin de lutter contre la prolifération des drogues synthétiques, un sujet qu’il considère comme l’une des principales urgences nationales. S’il accède officiellement au poste de leader de l’opposition, l’avocat de Bel-Air, fan de Che Guevara – au point d’avoir choisi «CHE» comme plaque d’immatriculation – devra désormais traduire ses convictions en leadership politique.

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