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Réorganisation

De «junior ministers» aux PPS : le gouvernement à la croisée des chemins

5 août 2026, 15:00

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De «junior ministers» aux PPS : le gouvernement à la croisée des chemins

■ Les «junior ministers» Tony Apollon et Anabelle Savabaddy.

Le Premier ministre, Navin Ramgoolam, a déclaré lundi que le gouvernement considérait un éventuel retour au système des Private Parliamentary Secretaries (PPS), remettant ainsi en question la structure des ministres délégués mise en place après les élections de novembre 2024. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions au sein de l’exécutif, depuis le renvoi de Sydney Pierre de son poste de junior minister au Tourisme.

À son arrivée au pouvoir, en novembre 2024, Navin Ramgoolam avait remplacé le système des PPS par celui des junior ministers, qu’il présentait comme un modèle éprouvé lors de ses précédents mandats. Le gouvernement avait alors réparti dix postes de ministre délégué entre les partenaires de la coalition Alliance du changement : cinq au Parti travailliste, trois au Mouvement militant mauricien et un chacun aux Nouveaux Démocrates et à Rezistans ek Alternativ. Les junior ministers devaient, selon le Premier ministre, être intégrés aux ministères afin d’assurer le suivi des dossiers politiques et administratifs, contrairement aux PPS, davantage orientés vers les infrastructures locales et le développement régional.

Principes de gouvernance

Le chef du gouvernement avait d’emblée insisté sur le respect du principe de Westminster relatif à la responsabilité ministérielle collective. Les junior ministers doivent voter conformément à la position du gouvernement sur les projets de loi et les grandes orientations politiques.

Dans une déclaration à l’Assemblée nationale, hier, le Premier ministre a précisé que le rôle des junior ministers consiste à épauler leurs ministres respectifs dans la réalisation des objectifs nationaux, par la mise en œuvre et le suivi des décisions ministérielles. Il a toutefois reconnu que «face à l’évolution de la société mauricienne, il est nécessaire de réévaluer les rôles et les responsabilités des élus».

Des questions subsistent quant à l’efficacité du modèle des ministres délégués. Plusieurs observateurs estiment qu’il n’a pas atteint les objectifs escomptés et qu’il a favorisé des tensions entre ministres et junior ministers. L’exemple le plus marquant est celui du différend entre Arianne Navarre-Marie et la junior minister Anishta Babooram, qui a finalement été transférée au ministère de la Santé. Ces tensions résultent en partie de l’absence de cadre juridique régissant les responsabilités des ministres délégués. Contrairement aux ministres à part entière, les junior ministers ne possèdent aucune responsabilité officielle formelle et dépendent fortement de la bienveillance de leurs ministres de tutelle, créant ainsi une ambiguïté structurelle.

Le Premier ministre a reconnu l’existence de ces conflits et a assuré que ces questions font l’objet d’un examen approfondi. La considération d’un retour au système des PPS suggère que le gouvernement explore des alternatives pour améliorer l’efficacité et réduire les frictions au sein de l’exécutif.

Cette évolution reflète les défis inhérents à la mise en place de structures gouvernementales adaptées aux besoins changeants de la société, tout en maintenant les principes fondamentaux de responsabilité ministérielle et de gouvernance démocratique.

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