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Pakistan
Manifestations sanglantes au Cachemire : des familles dénoncent la répression et réclament justice
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Manifestations sanglantes au Cachemire : des familles dénoncent la répression et réclament justice
La tension ne faiblit pas dans la partie du Cachemire administré par le Pakistan, où des manifestations contre le coût de la vie se sont transformées en affrontements meurtriers avec les forces de sécurité. Selon plusieurs témoignages recueillis par la BBC à Rawalakot, l'un des principaux foyers de la contestation, des dizaines de personnes ont été tuées et de nombreux autres manifestants blessés au cours des deux derniers mois.
À l'origine du mouvement se trouve le Joint Awami Action Committee (JAAC), qui affirme réclamer des prix plus abordables pour la farine et l'électricité, ainsi qu'un meilleur accès aux services essentiels comme la santé et l'éducation. Le mouvement dénonce également le non-respect d'un accord conclu en octobre dernier avec les gouvernements pakistanais et régional, censé répondre à ces revendications.
À Rawalakot, des médecins soignent les blessés dans des installations de fortune. L'un d'eux explique avoir pris en charge une quinzaine à une vingtaine de victimes atteintes par balles depuis le 27 juillet. Les manifestants affirment que certains blessés hésitent à se rendre dans les hôpitaux par crainte d'être arrêtés, une accusation rejetée par les autorités.
La BBC a également recueilli les témoignages de plusieurs familles endeuillées. Une mère raconte avoir perdu son fils unique alors qu'il participait à une manifestation. «Nous demandions seulement nos droits. Nous ne sommes pas des terroristes», confie-t-elle, assurant que son fils était convaincu qu'il était de son devoir de défendre une cause qu'il jugeait juste. D'autres proches des victimes disent être à la fois accablés par leur perte et fiers de l'engagement de leurs enfants ou de leurs frères.
Les autorités de la région contestent toutefois cette version des faits. Elles affirment que les forces de l'ordre ont uniquement riposté à des attaques visant les agents de sécurité et soutiennent que le JAAC est un mouvement violent cherchant à perturber les élections locales en cours. Interdit depuis le mois de juin, le groupe est accusé d'être financé par des intérêts étrangers, des allégations qu'il rejette catégoriquement.
Dans la ville, l'accès reste fortement perturbé par des barrages routiers, des points de contrôle et des coupures d'internet, compliquant l'acheminement de la nourriture et des secours. Malgré ce climat de forte tension, le JAAC affirme rester disposé à dialoguer avec les autorités, tout en annonçant la poursuite de son mouvement de protestation.
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