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Écoles maternelles et pensions : Les syndicats sur deux fronts
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Écoles maternelles et pensions : Les syndicats sur deux fronts
■ Jane Ragoo et Narendranath Gopee, assis devant le Parlement, lors du rassemblement syndical contre le «Finance Bill» et les réformes jugées préjudiciables aux droits des travailleurs. Photos: Kiranchand Sookrah.
Deux mobilisations, un même message. Aujourd’hui, les syndicats entendent rappeler au gouvernement que les réformes engagées ne peuvent se faire sans concertation avec les premiers concernés. Du Jardin de la Compagnie au Parlement, deux manifestations successives mettront en lumière des revendications distinctes, mais portées par une même conviction : les droits des travailleurs et des citoyens ne doivent pas être remis en question.
Dès 10 heures, la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP) réunira responsables d’établissements, enseignants et employés des écoles maternelles privées au Jardin de la Compagnie. Au cœur de leur colère : la réduction du Grant-in-Aid (GIA) accordé aux écoles pré-primaires privées, une mesure annoncée dans le cadre de la révision du dispositif de financement.
Le gouvernement défend cette réforme en invoquant la nécessité d’assurer la viabilité financière du système sur le long terme et de garantir une meilleure utilisation des fonds publics. À la suite des travaux d’un comité interministériel, les autorités estiment que certaines dépenses remboursées, notamment les frais de fonctionnement et de location, étaient parfois excessives ou ne correspondaient plus aux objectifs du programme. Elles soulignent également que les enfants continueront de bénéficier d’un enseignement préscolaire gratuit, soit dans les établissements privés éligibles au GIA révisé, soit dans les écoles publiques, où des milliers de places demeurent disponibles. Les économies réalisées devraient, selon le gouvernement, permettre de consolider le soutien aux écoles concernées tout en améliorant la transparence et le contrôle des fonds publics.
Sur le terrain, toutefois, ces explications peinent à convaincre. Pour les enseignants, la réforme soulève davantage d’interrogations qu’elle n’apporte de réponses. Ils redoutent notamment une dégradation des conditions de travail avec la disparition de certains postes, notamment celui d’assistant enseignant dans plusieurs établissements. Gérer seul une vingtaine de très jeunes enfants représente, selon eux, une responsabilité difficilement soutenable.
«Beaucoup de questions restent sans réponse»
La secrétaire de la CTSP, Jane Ragoo, déplore avant tout l’absence de dialogue avec le ministère de l’Éducation. Elle rappelle qu’à la fin de l’année 2025, lorsque les premières modifications avaient été évoquées pour la rentrée 2026, le syndicat avait été reçu par le ministre Mahend Gungapersad. Ce dernier aurait alors assuré comprendre les préoccupations du secteur et aurait invité les syndicats à soumettre leurs propositions. «Nous avons remis notre document à la fin de janvier et demandé une rencontre. À ce jour, nous n’avons jamais été reçus pour en discuter», affirme-t-elle. La syndicaliste dit avoir appris avec surprise que le Conseil des ministres avait déjà arrêté sa décision il y a environ un mois. Les déclarations du ministre au Parlement cette semaine lui ont confirmé que la réforme suivrait son cours.
Jane Ragoo énumère une série de préoccupations auxquelles ni les employés ni les syndicats n’auraient obtenu de réponse. Que deviendra le temps de service des employés ? Comment un enseignant pourrat-il gérer seul une classe de 20 enfants avec un seul accompagnateur ? Qui surveillera les autres élèves si un enfant doit être conduit à l’hôpital ? Qu’adviendra-t-il du treizième mois ou encore des quelque 150 managers dont les postes seraient supprimés ? Autant de questions qui seront consignées dans un document que les manifestants prévoient d’adresser officiellement au ministre de l’Éducation.
Changement de cap
L’après-midi, le centre de gravité de la contestation se déplacera devant le Parlement. Les organisations syndicales y poursuivront leur mouvement de protestation contre le Finance Bill, en particulier contre les dispositions de la réforme de la pension de vieillesse. Cette mobilisation s’inscrit dans la continuité de l’initiative lancée par Malina Cheeneebash, accompagnée de son chien Loulou, qui avait débuté un mouvement symbolique devant l’Assemblée nationale, mardi soir.
Depuis, les syndicats se relaient quotidiennement afin de maintenir la pression sur le gouvernement. Selon les organisateurs, les passants sont nombreux à venir échanger avec eux. Certains touristes se seraient également arrêtés pour partager leur expérience des mouvements sociaux dans leur propre pays. Les syndicalistes disent toutefois regretter la faible mobilisation des jeunes autour de cette initiative, estimant qu’ils seront eux aussi concernés, directement ou indirectement, par les changements apportés au système de pension.
Pour Narendranath Gopee, président du National Trade Union Congress, le pays ne peut continuer à évoluer dans un climat de confrontation permanente entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Il rappelle que le dossier des pensions alimente les tensions depuis l’année dernière. Selon lui, le gouvernement aurait déjà dû revoir sa position sous la pression populaire et syndicale. «On nous dit que le gouvernement est à l’écoute de la population, mais dans les faits, il ne l’écoute pas», affirme-t-il.
Le dirigeant syndical réitère la position de son organisation : la pension de vieillesse constitue, selon lui, un droit acquis qui ne peut être remis en cause. Il appelle l’exécutif à revoir sa copie, tant sur cette réforme que sur les amendements envisagés à la Workers’ Rights Act, estimant qu’un véritable dialogue reste la seule voie pour éviter que le climat social ne continue de se détériorer.
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