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Protestation citoyenne
«Finance Bill» : La jeunesse s’invite dans la contestation devant le Parlement
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Protestation citoyenne
«Finance Bill» : La jeunesse s’invite dans la contestation devant le Parlement
■ Malina Cheeneebash et son chien Loulou ont passé la nuit puis la journée devant le Parlement où la militante entend maintenir son «sit-in» jusqu’au vote du «Finance Bill». © Tony Fine
Le froid de la nuit de mardi n’a pas entamé sa détermination. Pas plus que le soleil écrasant d’hier midi. Assise devant le Parlement, une pancarte à ses côtés et son fidèle chien Loulou à ses pieds, Malina Cheeneebash a choisi une autre forme de mobilisation : un sit-in, qu’elle entend poursuivre jusqu’au vote du Finance Bill, prévu vendredi. Cette jeune militante de la Platform Komun Syndikal veut ainsi adresser un message : selon elle, la réforme de la pension ne concerne pas uniquement les futurs retraités, mais aussi toute une génération qui devra en assumer les conséquences.
Pendant de longues heures, elle est restée là, malgré les regards curieux, les interrogations des passants et la présence constante des forces de l’ordre. Son objectif n’est pas de créer un affrontement, explique-t-elle, mais d’occuper un espace de dialogue. «Je ne peux pas laisser passer les choses telles qu’elles sont. On ne peut pas attendre que seuls les plus âgés prennent la parole. Les jeunes sont dynamiques. Nous avons voulu essayer autre chose qu’une manifestation classique : un sit-in, avec une demande claire jusqu’à vendredi», explique-t-elle.
Pour elle, la mobilisation dépasse les clivages politiques. «Nous sommes conscients que le débat est politisé. Mais il faut aussi laisser aux jeunes la place de s’exprimer.»
■ (De g. à dr.) Hans Soobramanien, Shanya Behary-Paray et Malina : trois jeunes qui souhaitent faire entendre la voix de leur génération dans le débat autour du «Finance Bill». © Tony Fine
Elle raconte avoir longuement réfléchi avant de s’installer devant le Parlement. «Ce n’était pas une décision facile, surtout avec le regard des autres. Mais j’ai été surprise par l’élan de solidarité que j’ai reçu depuis mardi soir.» Au fil des heures, les encouragements se sont multipliés. Elle dit avoir reçu le soutien de passants, de personnes sans domicile fixe rencontrées dans les rues de Port-Louis, mais aussi de Saminaden Shivajee, gérant de Roti Aka, qui mène lui-même une grève de la faim en lien avec la situation du jardin d’enfants de Résidence Vallijee. «Il m’a encouragée à continuer», raconte-t-elle.
«Réveillez-vous et agissez»
Si Malina avait commencé seule son action mardi soir, la journée d’hier a progressivement changé le visage du sit-in.
Des membres de la Platform Komun Syndikal sont venus lui apporter leur soutien, rejoints par deux jeunes militants de la Confédération des travailleurs des secteurs public et privé (CTSP), Hans Soobramanien et Shanya Behary-Paray. Leur présence traduit, selon eux, la volonté d’une partie de la jeunesse de participer au débat public. «Nous sommes ici pour nous faire entendre. Nous ne sommes pas d’accord avec le Finance Bill. Nous voulons aussi porter la voix des jeunes qui n’ont pas forcément l’occasion de s’exprimer», explique Shanya Behary-Paray. Elle estime que les organisations syndicales n’ont pas été suffisamment écoutées lors des consultations prébudgétaires. «En tant que citoyens mauriciens, nous avons aussi le droit d’exprimer ce qui nous dérange. Et s’il faut revenir manifester, nous le ferons.»
■ Des membres de la Platform Komun Syndikal se sont relayés hier devant le Parlement pour soutenir le «sit-in» et maintenir la pression à l’approche du vote du «Finance Bill». © Droit réservé
Pour Hans Soobramanien, son engagement est aussi nourri par une histoire familiale. «Mes grands-parents ont travaillé dur toute leur vie. Ma grand-mère était ouvrière dans une usine textile, mon grand-père facteur. Du côté maternel, ils étaient planteurs et se levaient très tôt pour aller aux champs. Ils ont fait énormément de sacrifices pour nous. Aujourd’hui, nous voulons défendre cet héritage.» Le jeune homme lance également un appel à sa génération. «Réveillez-vous, sortez de votre sommeil et agissez.»
À l’approche du vote du Finance Bill, prévu vendredi à l’Assemblée nationale, les organisateurs indiquent que d’autres jeunes ainsi que plusieurs syndicalistes se relaieront devant le Parlement afin de maintenir cette présence symbolique. Pour eux, au-delà du débat sur la réforme de la pension, il s’agit surtout d’affirmer que la jeunesse entend désormais prendre sa place dans les discussions qui façonneront son avenir.
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Mobilisation en relais jusqu’au vote
La Platform Komun Syndikal ne compte pas relâcher la pression avant le vote du Finance Bill, prévu ce vendredi. Afin de maintenir une présence continue devant le Parlement, les différentes composantes de la plateforme se relaieront dans le cadre d’un sit-in entamé mardi soir.
Selon Reeaz Chuttoo, président de la CTSP, cette mobilisation s’organisera par rotations. «Hier, c’étaient les jeunes et les moins jeunes de la CTSP qui assuraient la présence devant le Parlement. Demain, une autre équipe prendra le relais», explique-t-il. La journée de vendredi s’annonce également chargée. À partir de 10 heures, la CTSP organisera un rassemblement de travailleuses bénéficiant du Grant in Aid Scheme au Jardin de la Compagnie. Cette mobilisation sera suivie, à partir de 15 heures, d’un nouveau rassemblement devant le Parlement, pendant que les députés se prononcent sur le Finance Bill.
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