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Enquête judiciaire sur les décès des patients dialysés

Les familles s’impatientent face aux nouveaux renvois

26 juillet 2026, 14:00

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Les familles s’impatientent face aux nouveaux renvois

■ Mᵉ Jean Michel Ah Sen, représentant du DPP, mène les auditions dans le cadre de l’enquête judiciaire visant à établir les circonstances entourant le décès de 12 patients dialysés durant la pandémie de Covid-19 en 2021. © Rishi Etwaroo

Plus d’un an après le début de l’enquête judiciaire sur le décès de 12 patients dialysés de l’hôpital de Souillac durant la pandé- mie de Covid-19 en 2021, les proches des victimes peinent à voir le dossier progresser. Si les premières audiences avaient avancé à un rythme soutenu, les renvois successifs observés ces derniers mois suscitent désormais frustration et incompréhension chez les familles ainsi qu’au sein de la Renal Disease Patients’ Association.

Mardi dernier, l’affaire a une nouvelle fois été renvoyée, cette fois au 25 août. Une décision qui laisse un goût amer à ceux qui espèrent, depuis plusieurs années, faire toute la lumière sur les circonstances ayant entouré ces décès.

Parmi eux figure Krishna Ramsamy. Le 29 mai 2025, devant la magistrate Shavina Jugnauth, à la cour de Curepipe, il avait livré un témoignage particulièrement émouvant sur les derniers jours de son épouse, Sarodjnee Ramsamy, décédée le 21 avril 2021 après avoir contracté la Covid-19. Interrogé par Me Jean Michel Ah Sen, représentant du Directeur des poursuites publiques (DPP), il avait raconté les échanges qu’il entretenait avec son épouse alors qu’elle était isolée à l’hôpital, atteinte du Covid-19. «Sa fenêtre donnait sur la cour. Je restais devant le portail et je lui parlais au téléphone. Même si je ne voyais que son ombre, je pense qu’elle me voyait», avait-il confié à la barre.

Il avait également évoqué les circonstances des funérailles de son épouse, expliquant que ces souvenirs demeurent une profonde source de souffrance. Plus d’un an après ce témoignage, Krishna Ramsamy affirme que la douleur reste intacte. «Nous avons l’impression d’être dans un tunnel sans lumière. Nous sommes dans le noir et dans le flou», confie-t-il.

Depuis 2021, dit-il, il a multiplié les démarches auprès de différentes instances, notamment du ministère de la Santé. Aujourd’hui, il espérait assister aux dépositions du personnel soignant, mais la nouvelle décision de renvoi a ravivé son sentiment d’attente. «Nous pensions que cette enquête judiciaire permettrait de faire avancer les choses. Aujourd’hui, nous avons surtout l’impression que le dossier n’avance plus», déplore-t-il.

Des questions toujours en suspens

Le même constat est dressé par Bose Soonarane, secrétaire de la Renal Disease Patients’ Association. Selon lui, les premières audiences, consacrées aux témoignages des proches des victimes et d’un témoin oculaire, se sont déroulées sans difficulté majeure. En revanche, depuis le début des auditions concernant les personnels de santé, les procédures semblent, selon lui, progresser plus lentement.

«Depuis plus d’un an, une dizaine de proches ont pu témoigner concernant les douze patients décédés. Mais depuis que l’enquête s’est orientée vers les personnels soignants, les audiences sont régulièrement reportées», affirme-t-il.

Le secrétaire de l’association s’interroge également sur la disponibilité de certains documents médicaux évoqués au cours de l’enquête. Il rappelle que deux instances avaient déjà examiné cette affaire auparavant, à savoir un Fact Finding Committee et un Medical Negligence Standing Committee.

«Nous nous interrogeons sur la localisation de certains dossiers médicaux évoqués durant les audiences. Nous espérons que toutes les recherches nécessaires seront entreprises afin que l’enquête puisse se poursuivre dans les meilleures conditions», indique Bose Soonarane.

Pour lui, si certains documents devaient demeurer introuvables, il appartiendra aux autorités compétentes de déterminer les suites à donner. «Ce que souhaitent avant tout les familles, c’est que toute la vérité puisse être établie», insiste-t-il.

Du côté du bureau du Directeur des poursuites publiques, Mᵉ Jean Michel Ah Sen poursuit les auditions dans le cadre de cette enquête judiciaire, dont l’objectif est de permettre à la Cour d’établir les faits et, le cas échéant, de formuler les recommandations qui s’imposent.

En attendant la prochaine audience fixée au 25 août, les familles continuent d’espérer que cette procédure apportera enfin des réponses aux nombreuses questions qui demeurent en suspens.

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