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Divorce en hausse

Ce que révèlent les chiffres sur l’évolution des couples

24 juillet 2026, 14:00

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Ce que révèlent les chiffres sur l’évolution des couples

Le rapport Gender Statistics 2025 dresse un état des lieux contrasté de la condition des femmes à Maurice : sous-représentation politique, hausse des cas de violence domestique et écarts persistants dans certaines sphères professionnelles. Parmi les données qui témoignent des évolutions sociales figure celle du divorce, dont le taux a progressé de manière significative au cours des deux dernières décennies.

En 2025, la Cour suprême a prononcé 2 987 divorces, un chiffre en légère baisse par rapport aux 3 120 de l’année précédente, mais qui s’inscrit dans une tendance de fond bien plus marquante : le taux de divorce a plus que doublé en 20 ans, passant de 1,8 à 4,8 pour 1 000 habitants entre 2005 et 2025. Dans le même temps, le taux de mariage s’est effondré, de 18,4 à 12,4.

Ce sont les femmes qui initient le plus souvent la rupture. Sur les divorces de 2025, elles ont été à l’origine de 32,6 % des demandes, contre 23,3 % pour les maris, le reste des couples ayant opté pour une demande conjointe. Pour le Dr Valaydon, juriste et démographe, cette donnée n’est pas anodine. Il y voit le signe que les Mauriciennes «prennent conscience de leurs droits», portées par un niveau d’éducation plus élevé et une participation accrue à la vie économique. Le fait que la majorité des divorces se règlent aussi par consentement mutuel va, selon lui, dans le même sens : celui d’une «évolution positive du rapport des femmes au droit».

Le démographe rappelle toutefois une donnée souvent oubliée pour relativiser la hausse continue des chiffres : avant 1982 et l’introduction du Code civil, les mariages religieux ne permettaient pas le divorce. L’augmentation du nombre de ruptures depuis 20 ans reflète donc aussi, mécaniquement, la généralisation des mariages civils, et pas uniquement un changement des mœurs.

La durée du mariage joue également un rôle. Les couples divorcent le plus souvent après cinq à dix ans de vie commune, une tranche qui concentre plus d’un quart des cas (25,7 %), suivie par les unions de 15 à 25 ans (22 %). À l’inverse, les ruptures précoces, avant un an de mariage, restent rares (1 %). Autre donnée frappante : plus d’un tiers des couples divorcés (34,9 %) n’avaient pas d’enfants à charge au moment de la séparation.

Mais 61 foyers comptaient quatre enfants ou plus, un rappel que derrière chaque statistique se cache souvent une famille recomposée à reconstruire. Ces chiffres s’accompagnent d’un changement plus discret mais tout aussi révélateur : les Mauriciens se marient de plus en plus tard. L’âge moyen au premier mariage des femmes est passé de 27,3 ans en 2015 à 29,3 ans en 2025, celui des hommes de 30,8 à 32 ans. L’écart d’âge entre époux, lui, se resserre, de 3,5 à 2,7 ans sur la même période. Faut-il y voir une véritable transformation démographique de la structure familiale mauricienne ? Le Dr Valaydon nuance : le phénomène relève selon lui davantage de la sociologie que de la démographie pure.

Il appelle notamment à la prudence sur le lien entre recul du mariage et baisse de la fécondité. Une corrélation existe, mais elle reste minime et ne permet pas, selon lui, d’extrapoler une relation de cause à effet, la société mauricienne demeurant relativement conservatrice, avec une majorité de naissances qui continuent d’avoir lieu au sein du mariage.

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Prudence sur les chiffres

Pour Prisheela Mottee, présidente de Raise Brave Girls, les dernières statistiques de Statistics Mauritius indiquent un signe positif en apparence, mais qui invite à relativiser : cette diminution ne suffit pas, selon elle, à tirer des conclusions solides. Pour une analyse plus poussée, il manque encore plusieurs éléments d’explication autour de ce qui pousse un couple vers la rupture. Elle plaide, à ce titre, pour davantage de campagnes de sensibilisation autour de la communication au sein du couple, aussi bien avant que pendant la procédure de divorce, afin d’aider les couples à mieux vivre cette transition et à se préparer à la vie après la séparation. Elle appelle les autorités à mettre en place davantage de dispositifs d’accompagnement en ce sens.

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