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Nations unies

Maurice répond aux revendications de Chagossian Voices

16 juillet 2026, 17:32

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Maurice répond aux revendications de Chagossian Voices

Le dossier des Chagos s'est de nouveau invité sur la scène internationale. Cette semaine, à Genève, lors de la 19e session du Mécanisme d'experts des Nations unies sur les droits des peuples indigènes (EMRIP), l'organisation Chagossian Voices a porté devant les Nations unies son plaidoyer en faveur d'une reconnaissance des Chagossiens comme peuple autochtone. Une démarche immédiatement contestée par la République de Maurice, qui a exercé son droit de réponse pour réfuter ces affirmations.

Selon Chagossian Voices, les Chagossiens continuent d'être exclus des décisions concernant leur terre natale, malgré les changements en cours. Ses représentants, Richard Ally et Jemmy Simon, se sont adressés aux délégués de l'EMRIP, et ont également présenté des témoignages vidéo de Chagossiens et de leurs descendants lors d'un événement parallèle intitulé Chagos at the Crossroads.

Devant les experts des Nations unies, Chagossian Voices a soutenu que l'accord entre Londres et Port-Louis ne répond pas aux attentes de la communauté chagossienne. L'organisation estime notamment que les Chagossiens ont été écartés des discussions concernant leur avenir. Elle reproche également au texte de ne pas garantir un véritable droit au retour, en particulier sur Diego Garcia, de ne pas prévoir des réparations suffisantes et de confier à Maurice l'administration du fonds d'aide de 40 millions de livres sterling ainsi que la responsabilité du processus de réinstallation.

Selon Chagossian Voices, l'accord accorde d'importants avantages financiers à Maurice, tandis que les bénéfices directs pour les Chagossiens demeurent limités. L'organisation affirme aussi que les points de vue de la diaspora mondiale, aujourd'hui majoritaire puisque plus de la moitié des Chagossiens vivent hors de Maurice, n'ont pas été suffisamment pris en compte.

Elle rejette par ailleurs l'expression «Mauriciens d'origine chagossienne», estimant que les Chagossiens constituent un peuple distinct, doté de sa propre histoire, de sa culture et de son identité. Au cours de la session, Chagossian Voices a présenté des éléments historiques, culturels et des témoignages destinés, selon elle, à démontrer la continuité historique du peuple chagossien et son lien durable avec l'archipel. L'organisation affirme que les Chagossiens répondent aux critères internationaux permettant d'être reconnus comme peuple autochtone. Elle a ainsi appelé les Nations unies à reconnaître leurs droits à l'autodétermination, au retour sur leur territoire, à des réparations, au développement ainsi qu'à la préservation de leur culture et de leur mode de vie.

Richard Ally, s'exprimant au nom de Chagossian Voices, a déclaré : «Pendant trop longtemps, des décisions concernant notre patrie ont été prises sans nous». Il a estimé que «rien concernant le peuple chagossien ne devrait être décidé sans le peuple chagossien lui-même.»

Maurice rejette le statut de «peuple indigène»

Dans son droit de réponse présenté devant l'EMRIP, la Mission permanente de Maurice auprès des Nations unies a rejeté les déclarations de Chagossian Voices, de l'Association Chagossiens de France et de Chagos Asylum People. Port-Louis a réaffirmé qu'«il n'y a jamais eu de population indigène sur l'ensemble du territoire mauricien, y compris l'archipel des Chagos». Maurice rappelle être un pays multiculturel et multiracial, peuplé de descendants venus d'Afrique, d'Asie et d'Europe, où tous les citoyens, y compris ceux d'origine chagossienne, bénéficient des mêmes droits et libertés.

La délégation mauricienne souligne également que le gouvernement continue de soutenir les Mauriciens d'origine chagossienne par l'intermédiaire du Chagossian Welfare Fund, dont le conseil d'administration est composé de représentants élus de cette communauté.

La délégation mauricienne explqiue également que la Cour a reconnu que la question du rétablissement des Mauriciens, y compris ceux d'origine chagossienne, sur les îles devait être traitée dans le cadre de l'achèvement du processus de décolonisation. Sur cette base, Maurice affirme que les anciens habitants des Chagos et les Mauriciens d'origine chagossienne «ne sont pas et ne peuvent pas être considérés comme un peuple autochtone».

Des consultations mises en avant

Dans son intervention, Maurice rappelle avoir associé des représentants chagossiens à ses démarches visant à faciliter leur retour dans l'archipel, notamment lors de la procédure consultative devant la Cour de justice internationale. Le gouvernement affirme également avoir organisé des consultations régulières avec des Mauriciens d'origine chagossienne pendant les négociations avec le Royaume-Uni afin de protéger leurs intérêts.

Port-Louis met enfin en avant les dispositions de l'accord signé le 22 mai 2025, qui prévoit la création d'un Trust Fund financé par le Royaume-Uni au bénéfice de la communauté chagossienne, ainsi que des possibilités de réinstallation sur certaines îles de l'archipel et l'organisation de visites.

La délégation mauricienne rappelle enfin qu'un comité interministériel présidé par le Premier ministre a été mis en place pour piloter les projets concernant les Chagos et qu'il comprend trois représentants de la communauté chagossienne. Elle conclut que les personnes se présentant devant l'EMRIP comme représentant un «peuple autochtone» des Chagos avancent une affirmation «sans fondement et incorrecte», estimant que leurs déclarations sont «sans pertinence» dans ce forum consacré aux peuples autochtones.

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