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Procès de Peresolkina aux Assises
La Cour appelée à statuer sur la divulgation des déclarations de Martingale
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Procès de Peresolkina aux Assises
La Cour appelée à statuer sur la divulgation des déclarations de Martingale
Un nouvel enjeu procédural est venu marquer le procès de l’Ukrainienne Mariia Peresolkina devant la Cour d’assises. La défense souhaite obtenir les déclarations faites à la police par John Mick Martingale, figure centrale de cette affaire de trafic présumé de drogue et dont la mort en détention, en 2024, fait toujours l’objet d’une enquête judiciaire.
Lundi, Mᵉ Shameer Hussenboccus, qui représente l’accusée, a déposé une motion réclamant la communication de ces déclarations. Selon lui, ces documents pourraient contenir des éléments importants pour la défense de sa cliente. Le représentant du Directeur des poursuites publiques (DPP), Mᵉ Jheelan, a indiqué qu’il contesterait cette demande. Après avoir pris connaissance des positions des deux parties, le juge Iqbal Maghooa a fixé la poursuite des débats à ce mardi 30 juin, date à laquelle il entendra leurs arguments avant de rendre sa décision.
L’audience de lundi a également été marquée par la poursuite du contre-interrogatoire de l’inspecteur Bsomi, principal enquêteur de l’Anti-Drug and Smuggling Unit dans ce dossier. L’officier a admis qu’aucune preuve directe ne permettait d’établir que Mariia Peresolkina savait que les deux bouteilles découvertes dans ses bagages lors de son arrestation à l’aéroport SSR, le 29 octobre 2022, contenaient des cannabinoïdes synthétiques sous forme liquide.
Témoignages contradictoires
La défense s’est longuement attardée sur les échanges de messages récupérés dans le cadre de l’enquête. Mᵉ Hussenboccus a fait ressortir que, si John Mick Martingale évoquait explicitement la drogue dans certaines conversations avec d’autres interlocuteurs, aucun message échangé avec Mariia Peresolkina ne faisait référence à des stupéfiants. Il a également soutenu que le rapport établi par l’IT Unit ne reprenait pas plusieurs messages qui, selon lui, allaient dans le sens de la version de l’accusée, laquelle affirme ignorer le contenu des bouteilles. L’inspecteur Bsomi a avancé que certains messages avaient peut-être été supprimés, tout en reconnaissant ne pas avoir évoqué cette hypothèse avec le PC Ramchurn, auteur du rapport.
Mᵉ Hussenboccus a aussi relevé que la police n’avait enregistré la déposition de sa cliente que dix jours après son interpellation, alors qu’une telle enquête exige généralement une intervention rapide. Il a par ailleurs mis en évidence une contradiction entre les témoignages de l’inspecteur Bsomi et du policier Ramchurn. Le premier affirme avoir demandé la préparation du rapport informatique, tandis que le second soutient n’avoir reçu aucune instruction en ce sens.
Le contre-interrogatoire de l’enquêteur reprendra une fois que la cour aura statué sur la demande de divulgation des déclarations de John Mick Martingale.
Rappel des faits
Mariia Peresolkina, aujourd’hui âgée de 28 ans, est détenue à la prison de Beau-Bassin. Elle est poursuivie pour importation of dangerous drugs with an averment of trafficking. Les faits remontent au 29 octobre 2022. Avec son amie Olena Levina, elles ont été arrêtées à l’aéroport SSR à leur arrivée après la fouille des bagages de Mariia Peresolkina. Il y avait pour Rs 44,886 millions de cannabis synthétique liquide logé dans les deux bouteilles d’alcool trouvées.
Depuis son arrestation, l’accusée soutient qu’elle ignorait le contenu des bouteilles. Elle affirme que le Mauricien John Mick Martingale les lui avait confiées avant leur départ pour Maurice, en lui expliquant qu’il n’avait plus suffisamment de place dans ses bagages. Selon elle, les bouteilles étaient scellées et rien ne laissait penser qu’elles contenaient de la drogue. C’est d’ailleurs grâce aux indications fournies par les deux Ukrainiennes que John Mick Martingale avait été arrêté à l’aéroport. Ce dernier avait toutefois nié les connaître. Les poursuites engagées contre Olena Levina ont par la suite été abandonnées par le DPP, les bouteilles n’ayant pas été retrouvées en sa possession.
Placé en détention provisoire, John Mick Martingale avait été retrouvé pendu dans sa cellule de la prison de Beau-Bassin le 8 septembre 2024. Toutefois, une contre-autopsie réalisée par le Dr Sipho Mfolozi, médecin légiste sud-africain, a conclu à une mort par asphyxie due à une obstruction des voies respiratoires et à une compression du cou, évoquant des signes d’agression. À la lumière de ce rapport, le DPP avait ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire, actuellement entendue devant le tribunal de Rose-Hill.
La prochaine audience est fixée au vendredi 3 juillet.
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