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Parlement
«Supplementary Appropriation Bill» : Rs 2,3 milliards votées dans un climat tendu sur l’enseignement supérieur
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«Supplementary Appropriation Bill» : Rs 2,3 milliards votées dans un climat tendu sur l’enseignement supérieur
■ Seul intervenant de l’opposition, Adrien Duval (à dr.) a contesté Navin Ramgoolam sur l’item de l’enseignement supérieur.
Le Supplementary Appropriation (2024-2025) (No.2) Bill a été adopté, hier, au Parlement sans amendement. Ce texte de loi prévoit une enveloppe supplémentaire de Rs 2,3 milliards pour couvrir des dépenses additionnelles du gouvernement pour l’année financière 2024-2025, au-delà des montants déjà approuvés dans l’Appropriation Act 2024 et le Supplementary Appropriation Act 2025.
Selon les chiffres présentés par le Premier ministre et ministre des Finances, Navin Ramgoolam, cette somme comprend Rs 1,77 milliard de dépenses récurrentes et Rs 493,7 millions de dépenses en capital. Les principales allocations concernent notamment le ministère de l’Enseignement supérieur, de la science et de la recherche, avec environ Rs 1,4 milliard ; celui du Logement et de l’aménagement du territoire, avec Rs 437,5 millions; et celui des Collectivités locales, avec Rs 325,6 millions.
Présentant le projet de loi, Navin Ramgoolam a expliqué que les dépenses relevant de cinq postes budgétaires avaient dépassé les montants initiaux, tandis que deux nouveaux postes avaient été créés après les élections générales de novembre 2024.
Parmi les dépenses additionnelles, le Premier ministre a cité Rs 31,7 millions pour le Mauritius Prison Service, principalement pour le paiement des allocations dominicales aux officiers éligibles ; Rs 69,6 millions pour le Mauritius Fire and Rescue Service pour des raisons similaires; ainsi que Rs 437,6 millions pour le ministère du Logement et de l’aménagement du territoire, notamment pour des compensations liées à l’acquisition de terrains et à des travaux de nettoyage à l’île-aux-Bénitiers.
Navin Ramgoolam est également revenu sur la création du ministère de l’Enseignement supérieur après l’arrivée du nouveau gouvernement. Selon lui, les Rs 1,4 milliard concernées proviennent de la réorganisation des allocations qui figuraient auparavant sous le ministère de l’Éducation. Le Premier ministre a toutefois profité de son intervention pour critiquer la gestion financière de l’ancien gouvernement. Selon lui, le Budget 2024-2025 représente «un exemple clair d’irresponsabilité fiscale» de l’ancien ministre des Finances.
Il a affirmé que les prévisions de revenus avaient été «largement surestimées», tandis que les dépenses avaient été «significativement sous-estimées», donnant ainsi une image erronée de la situation économique. Navin Ramgoolam a soutenu que le déficit budgétaire avait finalement atteint Rs 66,8 milliards, contre une estimation initiale de Rs 26,8 milliards, alors que le ratio déficit/ PIB était passé à 9,3%, contre une projection de 3,4%. Il a également affirmé que la dette publique représentait 88,5% du PIB, bien au-dessus des objectifs annoncés par l’ancien gouvernement.
«C’est la situation dont nous avons hérité», a déclaré le Premier ministre, ajoutant que le gouvernement avait dû prendre des «décisions difficiles mais nécessaires» afin de restaurer la stabilité des finances publiques.
Adrien Duval interpelle sur l’enseignement supérieur
Le whip de l’opposition, Adrien Duval, a lui concentré son intervention sur la plus importante allocation additionnelle, celle destinée au ministère de l’Enseignement supérieur. Le député a remis en question les indicateurs de performance du secteur. Selon lui, certains Key Performance Indicators (KPI) utilisés lors du précédent exercice budgétaire ont été modifiés ou retirés, rendant difficile l’évaluation des résultats obtenus.
Il a notamment cité l’ancien indicateur du pourcentage de diplômés trouvant un emploi dans les six mois suivant l’obtention de leur diplôme. Selon lui, cet indicateur a été remplacé par une nouvelle mesure fondée sur une période d’un an. «On change les KPI en cours de route et on nous demande de voter sur des indicateurs qui ne sont plus ceux du ministère», a-t-il soutenu.
Adrien Duval a également évoqué le fonctionnement de la Higher Education Commission et de la Quality Assurance Authority, affirmant que ces institutions sont restées pendant une longue période sans conseil d’administration. Selon lui, cette situation a eu des conséquences sur la gouvernance du secteur tertiaire. Le député a aussi fait référence au classement de plusieurs universités mauriciennes, estimant que certaines institutions avaient perdu des places sur les plans international et africain. Il a également évoqué le problème du sous-emploi des diplômés, affirmant que plusieurs jeunes se retrouvent dans des emplois ne correspondant pas à leur niveau de qualification.
Une controverse a ensuite éclaté dans l’Hémicycle sur la prise de parole du ministre de l’Enseignement supérieur, de la science et de la recherche, Kaviraj Sukon (à lire sur lexpress.mu). Alors que seuls les noms du Premier ministre et d’Adrien Duval figuraient sur la liste des intervenants sur ce projet de loi, la speaker a autorisé le ministre à répondre aux critiques formulées à l’encontre de son ministère.
L’intervention de Sukon fait débat
Cette décision a été contestée par les membres de l’opposition. Shirin Aumeeruddy-Cziffra, a toutefois maintenu sa position, estimant qu’il était démocratique de permettre au ministre concerné de répondre, son ministère ayant été directement visé dans l’intervention précédente.
Prenant la parole, Kaviraj Sukon a rejeté les critiques d’Adrien Duval. Il a rappelé que le ministère de l’Enseignement supérieur n’existait pas encore au moment du vote du Budget 2024-2025 et que les indicateurs mentionnés avaient été établis sous l’ancien gouvernement. «Le KPI dont vous parlez a été fixé par l’ancien gouvernement en juin 2024», a-t-il lancé.
Le ministre a défendu les réformes entreprises depuis l’arrivée au pouvoir du gouvernement, notamment les modifications apportées à la Higher Education Act et la transition vers l’accréditation institutionnelle. Il a également mis en avant des accords conclus avec des organismes internationaux d’assurance qualité au RoyaumeUni, en France et en Inde.
Concernant le classement des universités, Kaviraj Sukon a estimé que les progrès nécessitent des investissements sur plusieurs années. Il a cité l’exemple de Singapour, où les résultats dans l’enseignement supérieur sont, selon lui, le fruit d’une stratégie visant le long terme.
Le ministre a également insisté sur le fait que les fonds concernés n’étaient pas des dépenses supplémentaires pour de nouveaux projets, mais servaient au fonctionnement des universités, au paiement du personnel académique, au financement des laboratoires et au soutien de la recherche. «Cet argent a été utilisé pour faire fonctionner les universités, les laboratoires et financer la recherche», a-t-il déclaré, affirmant vouloir «rétablir les faits» devant l’Assemblée.
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