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Mondial-2026

Visas refusés, accès bloqués : La FIFA face à ses contradictions

14 juin 2026, 08:00

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Visas refusés, accès bloqués : La FIFA face à ses contradictions

© AFP

Quelques jours seulement après le coup d'envoi du Mondial-2026, une polémique de fond s'impose. Le tournoi censé célébrer l'universalité du football se retrouve au cœur d'une contradiction majeure : l'accès à la compétition dépend moins du statut officiel accordé par la FIFA que du passeport détenu par la personne concernée.

Les cas documentés se multiplient. Le plus spectaculaire reste celui d'Omar Artan, arbitre somalien sélectionné par la FIFA et refoulé à l'aéroport de Miami malgré un visa en règle. Mais l'affaire ne s'arrête pas là. Des responsables de la fédération palestinienne ont dénoncé leurs difficultés d'accès. Des supporters iraniens, ghanéens et ivoiriens ont évoqué des refus ou des obstacles administratifs. La délégation sénégalaise a subi des fouilles jugées abusives. L'attaquant irakien Aymen Hussein a été retenu plusieurs heures à l'aéroport de Chicago. Des journalistes accrédités ont rencontré des obstacles incompatibles avec leur mission. Pris isolément, chacun de ces épisodes pourrait passer pour un incident administratif. Mis bout à bout, ils dessinent un tableau autrement plus préoccupant.

La FIFA savait

Le problème est que la FIFA n'ignorait rien de ces risques au moment d'attribuer l'organisation de la compétition. Le cahier des charges imposé aux pays candidats est pourtant extrêmement détaillé. Les États hôtes doivent fournir des garanties concernant les procédures de visas, la liberté de déplacement et les conditions d'entrée pour l'ensemble des acteurs du tournoi — joueurs, arbitres, délégations officielles, médias accrédités et supporters étrangers.

L'article 3 des statuts de la FIFA affirme que l'organisation est «engagée à respecter tous les droits de l'homme internationalement reconnus». L'article 4 interdit toute forme de discrimination fondée notamment sur l'origine nationale. Ces engagements sont clairs sur le papier. Mais les premiers jours du Mondial donnent précisément l'impression inverse : certaines nationalités bénéficient d'un accès quasi automatique, tandis que d'autres affrontent un véritable parcours d'obstacles dont l'issue reste incertaine jusqu'à la dernière minute.

Au moins six principes mis en tension

Selon une analyse des textes fondateurs de l'institution, au moins six engagements centraux du cahier des charges FIFA semblent avoir été mis en contradiction par les politiques migratoires américaines : l'accès des arbitres, des officiels fédéraux, des médias accrédités et des supporters, ainsi que le principe de non-discrimination et les engagements affichés en matière de droits humains. Sans parler juridiquement de violations formelles, la liste est suffisamment longue pour poser une question politique majeure à l'institution.

Un silence qui interroge

Ce qui frappe peut-être le plus, c'est le relatif silence qui entoure cette controverse. Lors des Mondiaux en Russie et au Qatar, chaque contradiction entre les engagements de la FIFA et la réalité du terrain provoquait une couverture médiatique mondiale et des réactions en chaîne au sein des fédérations et des confédérations. Aujourd'hui, des arbitres, des responsables fédéraux, des journalistes et des supporters se retrouvent empêchés de participer pleinement à l'événement sans provoquer la même tempête internationale. Comme si certains pays devaient démontrer quotidiennement leur conformité aux valeurs proclamées du football, tandis que d'autres bénéficiaient d'une présomption de vertu quasi automatique.

Si l'universalité du football constitue un principe non négociable, il devrait s'appliquer avec la même exigence à Doha, à Moscou ou à Los Angeles. Dans le cas contraire, la FIFA risque de découvrir que le véritable scandale de ce Mondial ne concerne pas seulement les visas refusés — mais la crédibilité d'une institution qui prétend défendre des principes universels tout en semblant les appliquer à géométrie variable.

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