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Dr Swaley Abdoola : «Des vétérinaires qualifiés sont écartés sans explication»

7 juin 2026, 22:00

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Dr Swaley Abdoola : «Des vétérinaires qualifiés sont écartés sans explication»

Dr Swaley Abdoola, président du Veterinary Council.

Alors que les programmes de stérilisation des chiens errants se poursuivent à Maurice, le Veterinary Council s’interroge sur l’exclusion de plusieurs vétérinaires mauriciens, pourtant qualifiés et volontaires. Son président, le Dr Swaley Abdoola, déplore un manque de transparence dans les processus de sélection et appelle les autorités à mieux valoriser les compétences locales. Tout en reconnaissant l’apport ponctuel d’experts étrangers, il estime que ceux-ci doivent venir en complément, et non en remplacement, des ressources nationales.

Vous affirmez que Maurice dispose déjà de vétérinaires hautement qualifiés. Selon vous, pourquoi ces compétences locales ne sont-elles pas pleinement mobilisées dans les programmes de gestion des chiens errants et de stérilisation ?

Malgré les nombreuses manifestations d’intérêt de vétérinaires mauriciens qualifiés et leur volonté de contribuer au programme national de stérilisation, aucune explication n’a été fournie quant à leur exclusion. Pourtant, certaines personnes ont été retenues, y compris des individus qui ne sont pas enregistrés auprès des instances compétentes. Cette situation soulève des questions importantes sur la transparence du processus. Sur quelles bases les paiements ont-ils été effectués et quels critères ont guidé la sélection des intervenants ? Il ne faut pas oublier que le système de paiement par bons (vouchers) a été supprimé précisément pour répondre à certaines préoccupations. Malgré cela, la Mauritius Society for Animal Welfare (MSAW) poursuit ses activités de stérilisation sans protocole d’accord (MoU) formel, en s’appuyant sur un cercle restreint de personnes choisies, alors que plusieurs vétérinaires qualifiés ont exprimé leur disponibilité pour participer à cet effort national.

Vous évoquez des praticiens compétents qui auraient manifesté leur volonté de contribuer sans être sollicités. Disposez-vous d’exemples concrets ou de retours qui illustrent ce manque d’inclusion dans les programmes actuels ?

Oui, il existe des exemples concrets qui illustrent ce manque d’inclusion. Mon propre cas en est un. À plusieurs reprises, j’ai exprimé ma volonté de participer aux programmes concernés et j’ai soumis ma candidature. Malgré cela, aucune suite favorable ne m’a été donnée, alors que je possède les qualifications et l’expérience requises. Je sais également que plusieurs autres vétérinaires se trouvent dans une situation similaire. Par respect pour leur confidentialité, je préfère ne pas citer leurs noms. Toutefois, certains disposent de correspondances officielles avec la MSAW attestant clairement de leur intérêt à contribuer. Ces éléments soulèvent des questions légitimes sur la transparence du processus de sélection et sur l’égalité des chances accordées aux vétérinaires qualifiés désireux de mettre leurs compétences au service de ces programmes.

Vous plaidez pour une approche plus inclusive et transparente. Quelles mesures concrètes le Veterinary Council recommande-t-il aux autorités pour mieux intégrer les vétérinaires privés et optimiser les ressources disponibles dans le pays ?

Pour garantir une approche véritablement transparente et inclusive, nous recommandons que tous les vétérinaires dûment enregistrés et en règle soient informés publiquement des opportunités de participation aux programmes nationaux. Les critères de sélection devraient être clairement définis, objectifs et communiqués à l’avance afin d’assurer un traitement équitable de tous les candidats. Une telle démarche permettrait de mieux mobiliser les compétences disponibles dans le pays, d’optimiser les ressources existantes et d’assurer une plus grande efficacité des programmes. Elle contribuerait également à renforcer la confiance du public et de la profession dans les processus décisionnels et les institutions concernées.

Certains estiment que le recours à des experts étrangers permet d’accélérer la mise en œuvre des programmes de contrôle de la population canine. Dans quelles circonstances considérez-vous qu’une expertise étrangère peut être utile et où doit se situer l’équilibre entre compétences locales et soutien international ?

Le recours à une expertise vétérinaire étrangère peut se justifier dans le cadre de programmes de stérilisation de masse lorsqu’il s’agit de répondre à des besoins chirurgicaux à haut volume ou d’apporter un soutien technique spécifique. Toutefois, cette intervention doit demeurer ciblée, temporaire et encadrée. L’objectif ne devrait pas être de remplacer les compétences locales, mais de les compléter et de renforcer les capacités nationales à travers un véritable transfert de connaissances. L’équilibre consiste à valoriser en priorité les vétérinaires mauriciens qualifiés tout en faisant appel à une expertise internationale lorsque des besoins particuliers le nécessitent.

Le Veterinary Council est-il prêt à jouer un rôle de coordination entre les autorités, les vétérinaires privés, les ONG et les services gouvernementaux afin de mettre en place une stratégie nationale plus concertée pour la gestion des chiens errants ?

Oui. Le Veterinary Council est disposé à assumer pleinement son rôle d’autorité de régulation et de coordination technique afin de favoriser une collaboration efficace entre les vétérinaires du secteur privé, les ONG et les services gouvernementaux. Une approche concertée permettrait de mieux harmoniser les efforts de chaque acteur et de mettre en œuvre une stratégie nationale cohérente pour la gestion de la population canine. Le Conseil estime qu’une telle démarche doit être conforme au cadre légal en vigueur et s’appuyer sur des données scientifiques ainsi que sur les meilleures pratiques vétérinaires, afin de garantir des résultats durables, efficaces et respectueux du bien-être animal.

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