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Société

Pension à 65 ans, accaparement des plages : le Forum Citoyen Libre contre-attaque

4 juin 2026, 17:40

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Pension à 65 ans, accaparement des plages : le Forum Citoyen Libre contre-attaque

Georges Ah Yan, fondateur du Forum Citoyen Libre, lors d’une rencontre avec la presse à Bell Village hier, où il a dénoncé le recul de l’âge de la pension et les menaces pesant sur les plages publiques. Photo:Aurélio Prudence.

Le Forum Citoyen Libre (FCL) poursuit son combat sur plusieurs fronts. Réuni face à la presse hier à Bell Village, son fondateur et dirigeant, le travailleur social Georges Ah Yan, a dressé un état des lieux de deux dossiers qu’il considère comme prioritaires : le retour de la pension de vieillesse à 60 ans et la protection des plages publiques face aux projets de développement.

D’entrée de jeu, Georges Ah Yan a présenté l’autorisation obtenue du Commissaire de police pour la tenue du quatrième rallye du mouvement. Prévu le 20 juin, celui-ci partira de Poste-de-Flacq pour se terminer à Trou-d’Eau-Douce. L’objectif affiché est de sensibiliser la population à la nécessité, selon le FCL, de rétablir l’âge d’éligibilité à la pension de vieillesse à 60 ans.

«La pension n’est pas une donation ni un cadeau. Nous y contribuons tous à travers les taxes», a insisté le travailleur social. Critiquant les justifications avancées autour des contraintes budgétaires de l’État, il s’est interrogé sur les privilèges accordés aux élus. «On parle d’une caisse vide, mais qu’en est-il des ministres, des junior ministers et des députés ? Un député ayant effectué deux mandats bénéficie d’une pension sans même devoir attendre l’âge de 60 ans», a-t-il déclaré.

Le dirigeant du FCL a également annoncé une série de rencontres publiques à travers le pays afin de poursuivre la mobilisation. Il a même donné rendez-vous à ses sympathisants en 2029 pour ce qu’il présente déjà comme le dernier rallye du mouvement au Square Khadafi.

Des plages publiques sous pression

L’autre grande préoccupation du Forum Citoyen Libre concerne la gestion du littoral et l’octroi des permis environnementaux (EIA). Georges Ah Yan estime que le système actuel mérite d’être revu afin de mieux protéger les espaces côtiers.

Selon lui, Maurice dispose d’environ 322 kilomètres de littoral, mais seulement 48 kilomètres seraient officiellement classés comme plages publiques. Une situation qu’il juge préoccupante alors que de nouveaux projets hôteliers et immobiliers continuent d’être proposés. «Ce n’est pas raisonnable. Les promoteurs veulent encore davantage d’espaces pour construire», a-t-il soutenu.

Le travailleur social est notamment revenu sur le dossier de Pointe-aux-Piments. Il affirme avoir été sollicité par des habitants souhaitant voir cette portion du littoral retrouver son statut de plage publique. Après avoir saisi le ministre des Terres et du logement, Shakeel Mohamed, le FCL envisageait également une action devant le tribunal de l’environnement. Entre-temps, le gouvernement étudie la possibilité de reclasser un terrain d’une superficie d’un arpent et 90 perches comme plage publique.

Georges Ah Yan a également évoqué des situations similaires à Riambel, Palmar et dans d’autres régions côtières. Tout en précisant qu’il n’est pas opposé au développement économique, il estime que celui-ci doit se faire dans le respect de l’environnement. «Les hôtels peuvent être construits le long des routes et les touristes les traverser pour accéder à la plage», a-t-il avancé.

Le fondateur du FCL plaide également pour un renforcement des procédures entourant les études d’impact environnemental. Il souhaite notamment que les rapports EIA demeurent accessibles pendant toute la durée des projets et qu’un suivi plus rigoureux soit assuré afin de vérifier le respect des conditions imposées aux promoteurs.

Face aux effets grandissants du réchauffement climatique et à la fragilité des zones humides, Georges Ah Yan estime enfin que davantage de précautions doivent être prises. Il préconise notamment que les futurs projets de développement soient implantés à une distance minimale de 50 mètres du rivage afin de mieux préserver les écosystèmes côtiers du pays.

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