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Consommation

L’ACIM dénonce les situations de quasi-monopole et la recrudescence des fraudes bancaires

19 mai 2026, 12:30

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L’ACIM dénonce les situations de quasi-monopole et la recrudescence des fraudes bancaires

Réunie en conférence de presse le mardi 19 mai à son bureau de Bell-Village, l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM) a tiré la sonnette d’alarme sur deux fronts : la hausse continue des prix liée aux situations de monopole et la recrudescence des fraudes bancaires sophistiquées visant les consommateurs.

Le secrétaire général de l’ACIM, Jayen Chellum, a affirmé que la création d’un comité interministériel sous l’égide du bureau du Premier ministre constitue «une reconnaissance officielle de la gravité de la situation économique actuelle». Selon lui, les tensions internationales, notamment les conflits au Moyen-Orient, la dépréciation de la roupie, ainsi que la hausse des coûts du fret maritime et des assurances, exercent une pression directe sur les prix des produits de consommation courante.

Mais pour l’ACIM, la flambée des prix ne s’explique pas uniquement par les facteurs internationaux. L’association pointe également du doigt des situations de «quasi-monopole» dans plusieurs secteurs stratégiques de l’économie. «Ce n’est pas seulement une question macroéconomique, mais aussi microéconomique», a insisté Jayen Chellum.

Documents à l’appui, l’ACIM affirme avoir adressé neuf lettres et interventions officielles entre 2015 et 2025 au ministère du Commerce et à d’autres institutions publiques concernant des hausses de prix jugées abusives. Les produits visés incluent le poulet, les œufs, le ciment, l’huile comestible, le thé, ainsi que certaines boissons gazeuses, des gammes dominées par seulement deux grandes compagnies.

Selon les chiffres présentés par l’association, plusieurs marchés fonctionneraient dans une logique de domination commerciale. L’ACIM rappelle qu’en 2021 déjà, elle avait dénoncé une situation où certains importateurs détenaient plus de 30 % des parts de marché, seuil considéré comme problématique par la Competition Commission.

L’ACIM réclame également le retour des marchés régionaux afin de réduire les intermédiaires et faire baisser les prix pour les consommateurs. Des villes comme Port-Louis, Vacoas, Flacq et Saint-Pierre ont été citées comme exemples de régions où les consommateurs paient parfois leurs légumes ou produits alimentaires jusqu’à deux fois plus cher selon le lieu de vente.

Autre sujet majeur : les fraudes bancaires numériques. L’ACIM affirme avoir écrit au gouverneur de la Banque de Maurice pour réclamer une enquête et un renforcement des mesures de sécurité après plusieurs cas de fraude impliquant des appels Google Meet usurpant les logos de banques locales.

Selon l’association, plusieurs cas liés à la Mauritius Commercial Banks (MCB) auraient été rapportés récemment, avec des pertes estimées à Rs 4 millions, Rs 250 000 et Rs 51 000 dans différents dossiers. Les fraudeurs se feraient passer pour des employés de banque et pousseraient les victimes à effectuer des transferts urgents via leurs applications mobiles. «Les escrocs disposent parfois d’informations personnelles très précises, ce qui augmente la crédibilité de leurs appels», a expliqué Jayen Chellum.

L’ACIM demande désormais aux banques commerciales, notamment la SBM, la MCB et Absa Bank, de renforcer les campagnes de sensibilisation en créole, en français et en anglais, tout en améliorant les systèmes de protection des données et les dispositifs de sécurité des transactions électroniques.

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