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Consultations pré-budgétaires
Syndicats, ONG, artistes et jeunes avancent leurs priorités
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Consultations pré-budgétaires
Syndicats, ONG, artistes et jeunes avancent leurs priorités
Le dernier jour des consultations pré-budgétaires 2026-2027 s’est tenu, mercredi 6 mai 2026, sous la présidence du junior minister des Finances, Dhaneshwar Damry, au Lunch Room de l’Assemblée nationale. Les échanges ont réuni tour à tour les confédérations syndicales, les associations environnementales et ONG engagées auprès des groupes vulnérables, les artistes, puis les associations de jeunes. Chaque secteur est venu avec ses urgences, ses chiffres et ses attentes, dans un contexte marqué par les pressions sociales, économiques et institutionnelles.
Confédérations syndicales : malaise social, pouvoir d’achat et services publics
Les représentants syndicaux ont principalement insisté sur le dialogue social, le pouvoir d’achat et la qualité des services publics. Plusieurs intervenants ont exprimé leur déception face à l’exercice, estimant que les syndicats doivent être considérés comme de véritables partenaires sociaux. Deepak Benydin, président de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions, a plaidé pour le maintien des acquis sociaux, notamment autour de la pension à 60 ans, qu’il associe au principe d’universalité. Il a aussi évoqué la nécessité d’une assistance de 25 % pour soutenir une population dont une grande partie des travailleurs gagne, selon lui, entre Rs 25 000 et Rs 30 000 par mois.
Deepak Benydin, président de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions.
Les syndicats ont également réclamé la mise en place d’une Parastatal Body Service Commission afin d’éviter les nominations jugées partisanes dans les organismes parapublics. La sécurité alimentaire, le logement, la santé, l’eau, la pollution et les énergies renouvelables ont aussi été abordés. Ramesh Ramnarain, vice-président du Mauritius Trade Union Congress, a, pour sa part, insisté sur un «malaise social généralisé» et sur la nécessité de ne pas réduire le budget à une simple équation économique. Il a proposé de généraliser les installations solaires sur les bâtiments publics afin de réduire la facture énergétique et la pollution.
Ramesh Ramnarain, vice-président du Mauritius Trade Union Congress.
Adeel Moniaruch, du MTUC, a avancé cinq priorités : des caméras autour des écoles pour lutter contre l’indiscipline, des caméras sur les routes contre la «road rage», un contrôle renforcé des prix alimentaires à travers un «maximum price index», le développement de la pêche pour réduire l’importation de poissons, ainsi qu’un port stratégique pour mieux capter les flux maritimes dans l’océan Indien.
Adeel Moniaruch, secrétaire général du Mauritius Trade Union Congress.
Environnement et ONG : financement, alimentation, enfance et économie bleue
Du côté des associations environnementales et des ONG, les propositions ont porté sur le financement du secteur social, la sécurité alimentaire, la protection de l’enfance et la survie de certaines activités liées au tourisme. Hugues Vitry, directeur de la Mauritius Scuba Diving Association, a indiqué que la plongée représente un segment important du tourisme, avec environ Rs 500 M de revenus directs, selon l’association. Il a toutefois déploré l’impact de la TVA, de la hausse du carburant et des difficultés liées aux permis de bateaux. Il a aussi alerté sur le prélèvement d’espèces rares ou endémiques sur les sites de plongée, estimant qu’un poisson vendu Rs 2 000 ou Rs 3 000 pourrait générer jusqu’à Rs 1 M par an s’il restait visible pour les plongeurs.
Hugues Vitry, directeur de la Mauritius Scuba Diving Association.
Les ONG sociales ont, elles, demandé une révision du mécanisme de financement. Lindley Couronne, directeur de DIS-MOI, et Suraj Ray, chairman de MACOSS, ont plaidé pour un retour à une formule accordant 75 % des fonds au Mauritius Social Integration Fund, contre 25 % au secteur privé. Selon eux, environ 3 000 employés travaillent dans le secteur des ONG, avec 163 organisations concernées. FoodWise a rappelé que plus de 100 000 personnes sont en situation d’insécurité alimentaire à Maurice, alors que 279 kilos de nourriture seraient jetés chaque minute.
Lindley Couronne, directeur de DIS-MOI, et Suraj Ray, chairman de MACOSS.
L’ONG propose une déduction fiscale pour les donations alimentaires faites par les entreprises aux ONG enregistrées. Pedostop, représentée par Virginie Bissessur, a demandé la création d’un haut secrétariat interministériel à l’enfance. Elle a cité des chiffres préoccupants : 42 % des Mauriciens disent avoir vécu une expérience de violence sexuelle, dont 26 % durant leur minorité. Selon l’organisation, seuls trois cas sur 100 arrivent aux autorités.
Virginie Bissessur, directrice de Pédostop.
Artistes : reconnaissance, rémunération minimale et lieux de création

Les artistes ont, eux, mis l’accent sur la reconnaissance du métier, la rémunération et l’accès aux infrastructures. Roshan Boolkah, de l’Union des artistes, et le négociateur Ivor Yan ont proposé un soutien aux artistes en cas de maladie, de décès ou de difficultés personnelles. Ils ont aussi demandé une aide financière aux organisateurs d’événements, notamment face au coût élevé des stades, salles privées et lieux de spectacle.

L’Union des artistes a également insisté sur la transmission musicale dans les écoles, du primaire au secondaire, à travers l’apprentissage d’instruments et du chant. La question d’un tarif minimum a été centrale. Les représentants ont rappelé qu’il existe déjà une trentaine de barèmes de rémunération dans différents secteurs, mais que les artistes restent souvent considérés comme des travailleurs indépendants sans protection suffisante. Ils demandent que les heures de répétition soient incluses dans le calcul de la rémunération, au même titre que le temps de performance. Le chanteur Bruno Raya a, pour sa part, plaidé pour un «one-stop shop» destiné aux artistes afin de centraliser les démarches administratives, ainsi que pour des espaces dédiés à la musique, notamment dans les municipalités et conseils de district.
Jeunesse : dialogue, transparence et avenir à Maurice

Les associations de jeunes, lauréats et étudiants ont souhaité un dialogue plus régulier avec l’État. Les propositions ont porté sur les opportunités, l’agriculture, les crédits carbone, les programmes destinés aux jeunes et la transparence dans les initiatives gouvernementales. Des jeunes présents ont souligné leur volonté de rester à Maurice, tout en reconnaissant que cette aspiration dépendra d’une meilleure prise en compte de leurs attentes. Plusieurs intervenants ont demandé davantage d’interactions avec le ministère des Finances ainsi qu’une collaboration plus structurée pour bâtir des projets capables de retenir les talents dans le pays.
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