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Conférence de presse du leader de l’opposition

La facture du peuple : concert vide, STC, électricité

6 mai 2026, 13:15

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La facture du peuple : concert vide, STC, électricité

Le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, a réuni la presse aujourd’hui mercredi 6 mai, autour de trois dossiers qu'il estime liés par un même fil : pendant que les Mauriciens «ser sintir», le gouvernement dilapide, négocie dans l'opacité et alourdit les factures. Concert fantôme, contrat pétrolier suspect, électricité plus chère, une démonstration qui se veut méthodique.

Le 1ᵉʳ mai, fête du Travail, l'esplanade de la municipalité de Port-Louis se voyait en fête pour un concert organisé par le ministère du Travail. Ce n'était pas le cas. Coût : plus de Rs 1,5 million. Public présent : à peine 200 personnes, personnel compris, selon les informations dont dispose l'opposition. Face au flop, le ministre du Travail, Reza Uteem, a répondu au Parlement. «Le ministre dit '’I confess’’, à trois reprises. Qu'est-ce qu'il confesse ? Que c'est un fiasco», mais il a aussi tenu à indiquer les chiffres de visionnage en ligne; plus de 345 000 vues sur Facebook, YouTube et TikTok. Une pirouette qui n'a pas convaincu Joe Lesjongard.

Pour le leader de l'opposition, l'absence de public n'est pas anecdotique. Les conditions étaient réunies : beau temps, disponibilité de bus et de métro, journée chômée. Si les gens ne se sont pas déplacés, c'est qu'ils ont choisi de ne pas le faire. «C'est l'impopularité grandissante du gouvernement.» Dépenser Rs 1,5 million pour un concert désert, dans une période de crise, résume, selon lui, l'état d'esprit de ceux qui gouvernent.

Le deuxième dossier est plus complexe, mais la question de fond reste la même : qui paie ? Tout commence fin 2024. Le fournisseur d'huile lourde de la STC, Two Rivers DMCC, voit son contrat rompu après des sanctions européennes, alors qu'il lui restait trois cargaisons à livrer. Le 19 décembre, la STC lance un appel d'urgence, mais pour une seule cargaison au lieu de trois, avec un premium de USD 96 par tonne métrique. C'est Sahara Energy Resources Limited qui remporte le marché. S'ensuit une série de décisions qui interpellent l'opposition.

En janvier 2026, nouveau directeur à la STC. Un appel d'offres est lancé, mais tous les soumissionnaires sont disqualifiés, alors que, selon Joe Lesjongard, le moins-disant affichait un premium de seulement USD 70 par tonne. Le 9 février, la STC prolonge son contrat avec Sahara de deux mois. Vingt jours plus tard, la guerre au Moyen-Orient éclate. Fin mars, nouveau procurement d'urgence, cette fois lancé sur 48 heures : Sahara se voit accorder un premium de USD 200 par tonne. Un contrat d'un an, sans appel d'offres, avalisé en Conseil des ministres le 10 avril.

Lesjongard pointe deux anomalies précises. Le contrat STC-Sahara stipulerait explicitement que les premiums restent fixes pour toute la durée du contrat, mais l'opposition affirme que la STC aurait payé USD 16 supplémentaires par tonne pendant plusieurs mois. Et si le premium spot de USD 200 obtenu dans l'urgence a servi de base pour négocier le contrat annuel, le consommateur risque d'en assumer une partie via sa facture d’électricité. «Ce premium va finir par augmenter de USD 25 par tonne métrique», avertit-il.

Hausse d'électricité illégale ?

Troisième volet, le plus directement ressenti par les ménages : la hausse de 15 % des tarifs d'électricité, entrée en vigueur le 1er mai. Celle-là même que le ministre de l'Énergie avait promis de faire baisser à son arrivée au pouvoir. «Kuyonn lepep», lâche Lesjongard sans détour. «Au lieu de baisser, ça augmente.» Mais au-delà du reniement politique, il va plus loin : la procédure serait viciée. L’Electricity Act 2005 confie explicitement à l’Utility Regulatory Authority, et non au gouvernement, le pouvoir de fixer les tarifs.

La loi prévoit des consultations obligatoires avant toute décision, notamment des consommateurs. Ces étapes n'auraient pas été respectées. «Nous croyons fermement qu'il y a eu vice de procédure et, plus grave, violation de la loi. Cette augmentation est illégale.» Il entend en informer toutes les autorités compétentes et rappelle que tout consommateur est en droit de la contester. À une question de la presse, Lesjongard a tenu à corriger ce qu'il considère comme une contre-vérité répétée par le gouvernement : le contrat Mangalore n'a jamais été résilié. Il était simplement arrivé à terme.

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