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Journée mondiale des animaux de laboratoire

Le sort des macaques mauriciens dans les labos britanniques

24 avril 2026, 05:39

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Le sort des macaques mauriciens dans les labos britanniques

Entre 2015 et 2023, plus de 103 000 macaques à longue queue ont quitté Maurice vers des laboratoires de recherche, principalement aux États-Unis, au Canada et en Europe. Rien que pour le Royaume-Uni, les données les plus récentes fournies par le gouvernement mauricien font état de 1 248 macaques exportés en 2025. Des organisations de protection animale ont par ailleurs documenté des trajets dépassant régulièrement 40 heures, impliquant jusqu'à sept vols successifs. Ce que ces animaux vivent à destination, en revanche, reste largement hors de vue.

C'est précisément ce que vient rappeler la Journée mondiale des animaux de laboratoire, célébrée ce vendredi 24 avril. Et cette année, elle coïncide avec la diffusion d'images qui ont provoqué un tollé au Royaume-Uni : des vidéos tournées en caméra cachée dans des laboratoires britanniques, montrant des macaques soumis à des procédures de tests toxicologiques hautement invasives. Un ancien employé de laboratoire, traumatisé par ce qu'il avait été amené à pratiquer, a confié les images à Animals International, qui les a ensuite transmises au Mail on Sunday.

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Dans un communiqué publié hier, Animals International détaille ce que montrent ces images. Les singes sont notamment soumis au gavage oral : maintenus de force, un tube leur est introduit dans la gorge pour y injecter directement une substance test. Selon le témoignage de l'ancien employé, «les primates se débattaient, criaient et hurlaient pour éviter que le tube soit enfoncé dans leur bouche». Certains auraient subi cette procédure quotidiennement pendant jusqu'à neuf mois. D'autres séquences montrent des macaques immobilisés dans un dispositif de contention, un masque fixé sur le visage pour leur faire inhaler des substances. À l'issue des tests, les animaux sont euthanasiés.

Animals International tire également la sonnette d'alarme sur les projets du gouvernement mauricien d'autoriser des tests sur des macaques sur le territoire national, dans le cadre de son ambition de faire de l'île un hub biomédical. Aux côtés du collectif local Monkey Massacre in Mauritius, l'organisation demande à Maurice de mettre fin à l'exportation et d'abandonner tout projet d'expérimentation locale. Mansa Daby, fondatrice du collectif, conteste l'argument habituellement avancé : «La justification récurrente est que ce commerce sert le progrès médical et sauve des vies humaines. Cet argument persiste malgré l'existence et l'avancement rapide d'alternatives plus efficaces.» Elle soulève aussi une contradiction : les États-Unis, principale destination de ces exportations, ont annoncé une feuille de route visant à éliminer progressivement l'expérimentation animale d'ici à 2035.

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Sur le plan scientifique, Animals International rappelle qu'environ 90 % des médicaments qui passent les tests animaux échouent ensuite lors des essais cliniques humains. Le commissaire de la Food and Drug Administration américaine, Marty Makary, a lui-même récemment affirmé que les avancées technologiques permettent désormais d'aller au-delà de ces méthodes. Les organisations appellent ainsi Maurice à adopter des alternatives : systèmes in vitro, organes-sur-puce, modélisation par intelligence artificielle.

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