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«Les mains qui parlent»
Sarah-Amélie Goder met la langue des signes à la portée de tous
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«Les mains qui parlent»
Sarah-Amélie Goder met la langue des signes à la portée de tous
Faire tomber les barrières, un geste à la fois. C’est avec cette volonté que Sarah-Amélie Goder lance Les mains qui parlent, une série d’ateliers d’initiation à la langue des signes destinée aux restaurateurs, aux serveurs, mais aussi au grand public. À travers cette démarche, celle que l’on décrit aussi comme une plume engagée souhaite poser une pierre concrète dans le chantier de l’inclusion à Maurice, en offrant à chacun des rudiments de communication avec les personnes sourdes.
Pour Sarah-Amélie Goder, la langue des signes ne se limite pas à un outil réservé à un petit groupe. «La Langue des signes française (LSF) va au-delà de la communication avec les personnes sourdes», explique-t-elle. Elle peut également faciliter les échanges avec des personnes vivant avec certains troubles, comme les troubles du spectre de l’autisme, la trisomie 21, l’aphasie ou d’autres difficultés de communication. «Le fait d’utiliser ses bras pour communiquer crée un réflexe de mouvement lorsqu’on parle à l’oral et donne davantage de confiance à la personne qui écoute», dit-elle.
Son engagement s’est nourri d’expériences concrètes. Lors d’un stage, elle s’est retrouvée face à une famille entièrement sourde-muette, sans pouvoir communiquer de manière fluide – une situation qui l’a marquée. Elle évoque aussi un ami autiste qui, lors de certaines crises, éprouve des difficultés à s’exprimer oralement et pour qui la langue des signes représente un véritable soulagement. Ces expériences ont renforcé sa conviction qu’il est important d’en démocratiser les bases. «Honnêtement, je pense qu’il est essentiel de connaître les bases de la langue des signes», affirme-t-elle.
À travers ces ateliers, son objectif est d’aider les personnes en situation de handicap, mais aussi celles qui évoluent dans cet environnement au quotidien – proches, collègues ou professionnels en contact avec le public. Elle a choisi d’organiser ses ateliers dans des cafés, un cadre qu’elle juge propice à l’apprentissage. «Les cafés offrent un environnement paisible. Y tenir mes ateliers crée une atmosphère plus détendue pour les participants», souligne-t-elle. Le choix de cibler notamment les restaurateurs et les serveurs n’est pas anodin. Dans les services ouverts au public, la qualité de l’accueil repose souvent sur la capacité à communiquer rapidement, simplement et avec respect. Or, les personnes sourdes se heurtent encore à un manque criant d’interlocuteurs capables d’échanger avec elles en LSF. «Les personnes sourdes dans le pays n’ont presque personne avec qui communiquer aisément», déplore-t-elle. Elle rappelle également que tout le monde ne peut pas se permettre des appareils auditifs. Concrètement, les participants apprendront les bases de la communication en langue des signes – non pas un cursus académique complet, mais des outils utiles au quotidien. Les ateliers devraient s’étaler sur un à deux mois, une durée qu’elle juge «largement suffisante pour acquérir les bases». Pour ceux qui souhaitent aller plus loin, des cours particuliers sont également prévus. Sarah-Amélie Goder espère étendre ces ateliers à d’autres entreprises, restaurants et commerces. Elle estime qu’il est temps de «dépoussiérer cette langue», car elle est, dit-elle, «bénéfique pour l’être humain dans tous les cas».
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