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Basic Retirement Pension : «Le coût peut grimper à Rs et 100 milliards d’ici 2035 sans réforme»

15 avril 2026, 06:30

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Basic Retirement Pension : «Le coût peut grimper à Rs et 100 milliards d’ici 2035 sans réforme»

La députée de l’opposition Joanna Bérenger a interpellé le Premier ministre, Navin Ramgoolam, sur les conséquences sociales de l’augmentation progressive de l’âge d’éligibilité à la Basic Retirement Pension (BRP). Elle a notamment voulu savoir si, dans le cadre de la préparation du prochain Budget, une étude ou une évaluation de l’impact socio-économique de cette réforme avait été réalisée, en particulier sur les groupes vulnérables et les travailleurs à faibles revenus.

Dans sa réponse, le chef du gouvernement a d’emblée justifié cette réforme par la situation économique héritée du précédent gouvernement. Il a évoqué des finances publiques «en désordre», avec une dette publique avoisinant les 90 % du PIB et un déficit budgétaire de 9,3 % au 30 juin 2025. Le PM a également rappelé que des institutions internationales telles que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale préconisaient depuis plusieurs années une réforme du système de pension, jugée inévitable. Ramgoolam a souligné une particularité du système mauricien : l’âge d’éligibilité à la BRP, une pension non contributive, était inférieur à l’âge légal de la retraite fixé à 65 ans depuis 2018. Il a insisté sur le poids croissant de cette allocation sur les finances publiques. Les dépenses liées à la BRP sont passées de 1,9 % du PIB en 2010 à 7,8 % en 2024-2025. En termes de dépenses récurrentes de l’État, elles représentaient 24,5 % en 2024-2025, contre 9,6 % en 2010.

Ramgoolam a mis en garde contre une dérive insoutenable, évoquant un coût potentiel de Rs 100 milliards d’ici 2035 si aucune réforme n’était engagée. Pour l’année financière 2024- 2025, les dépenses liées à la BRP ont atteint Rs 55,3 milliards, dépassant largement les budgets alloués à la santé (Rs 17,2 milliards), à l’éducation (Rs 19,4 milliards), au logement (Rs 2,2 milliards) et aux services de police (Rs 12,6 milliards).

Face à cette pression budgétaire, le gouvernement a décidé d’augmenter progressivement l’âge d’éligibilité de 60 à 65 ans sur une période de cinq ans, à compter du 1er septembre 2025. Toutefois, afin d’atténuer l’impact de cette mesure sur les populations les plus fragiles, un comité interministériel a été mis en place pour évaluer les effets de la réforme et proposer des mesures d’accompagnement.

Parmi celles-ci figure un soutien financier mensuel destiné aux personnes devenues inéligibles à la BRP. Ce dispositif, géré par la Mauritius Revenue Authority, concerne les individus percevant un revenu mensuel inférieur à Rs 10 000, ou les ménages dont les revenus ne dépassent pas Rs 20 000. Initialement fixé à Rs 10 000 en septembre 2025, ce soutien a été porté à Rs 10 370 en janvier 2026 afin de compenser l’inflation.

Une autre mesure prévoit le maintien des prestations pour les bénéficiaires de pensions d’invalidité et de veuvage, même après l’âge de 60 ans, jusqu’à ce qu’ils deviennent éligibles à la BRP. Par ailleurs, une commission d’experts sur la réforme des pensions a été instituée en septembre 2025 afin de formuler des recommandations globales sur le système de retraite.

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