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Mesures d’urgence

Entre nécessité économique et colère sociale

12 avril 2026, 14:00

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Entre nécessité économique et colère sociale

Dans un contexte économique mondial marqué par des tensions géopolitiques, une inflation persistante et des incertitudes sur les marchés énergétiques, le gouvernement a dévoilé, le vendredi 10 avril, en Conseil des ministres, un plan d’urgence destiné à protéger l’économie nationale. Parmi les mesures annoncées figurent notamment une hausse du tarif de l’électricité pouvant atteindre 15 %, ainsi qu’une augmentation du prix du pain, qui passe de Rs 2,60 à Rs 3,90.

Si le gouvernement justifie ces mesures par la nécessité de faire face à une conjoncture internationale difficile et d’assurer la stabilité économique, elles suscitent de vives réactions de la part des syndicats et des organisations de consommateurs, qui dénoncent un manque de transparence, une absence de concertation et un impact direct sur la population.

? Narendranath Gopee (FCSOU) : «Lager inn vinn enn lakle paspartou»

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Pour Narendranath Gopee, président de la Federation of Civil Service and Other Unions (FCSOU), ces mesures traduisent une réaction précipitée face à une situation de crise qui aurait dû être anticipée. Il souligne que les fragilités économiques du pays, notamment dans les secteurs de l’énergie, de l’agriculture et de la consommation, sont connues depuis longtemps.

Selon lui, l’absence de stratégie à long terme est préoccupante. Il plaide pour la mise en place de comités permanents au sein des ministères clés afin de garantir une meilleure planification et une autosuffisance accrue, notamment dans la production alimentaire et énergétique. Il estime que la dépendance aux importations expose Maurice aux chocs externes, comme les fluctuations des prix du pétrole. D’ailleurs, il précise que «lager inn vinn enn lakle paspartou».

Le syndicaliste évoque également le poids de la dette publique, estimée à environ 90 % du PIB, qui limite la capacité du gouvernement à prendre des décisions favorables aux consommateurs. Il met en garde contre les conséquences sociales des hausses tarifaires, notamment sur les produits de base comme le pain, dont le prix a grimpé à Rs 3,90. Il insiste par ailleurs sur l’urgence de repenser la politique énergétique du pays. Selon lui, le manque d’investissements des dix dernières années dans les énergies alternatives explique en partie la situation actuelle. Il met en avant le potentiel du photovoltaïque comme solution durable, appelant à une simplification des procédures administratives afin de permettre aux ménages et entreprises d’installer plus facilement des panneaux solaires. Il estime qu’une transition vers une production d’électricité décentralisée pourrait réduire la dépendance aux importations de pétrole et atténuer les hausses tarifaires à long terme.

Toutefois, il reconnaît certaines initiatives positives, comme le contrôle des prix via le Public Solidarity Fund (PSF). Il appelle néanmoins à une accélération des réformes pour encourager l’autosuffisance énergétique et mieux préparer le pays aux crises futures.


? Jayen Chellum (ACIM) : «Le consommateur paie le prix fort»

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Le secrétaire général de l’Association des consommateurs de l’île Maurice (ACIM), Jayen Chellum, se montre particulièrement critique face aux augmentations annoncées. Selon lui, la hausse du prix du pain et de l’électricité constitue un coup dur pour les consommateurs, d’autant plus qu’elle intervient sans explication claire. Il souligne que le prix du pain, produit de consommation quotidienne, n’avait pas été révisé depuis plus d’une décennie, mais regrette l’absence de transparence sur les raisons de cette hausse.

Jayen Chellum insiste également sur la nécessité de mettre en place un comité technique incluant des représentants de la société civile afin d’examiner et de justifier toute augmentation tarifaire. Il met en garde contre les dérives possibles dans le secteur non réglementé, évoquant des cas où les prix peuvent varier considérablement, certains produits atteignant Rs 23 à Rs 24, voire davantage selon les points de vente.

L’ACIM alerte aussi sur les effets en chaîne de ces augmentations, notamment sur les produits dérivés et les services. La hausse de l’électricité, prévue à hauteur de 15 %, pourrait entraîner une augmentation généralisée des coûts dans plusieurs secteurs, accentuant ainsi la pression sur le pouvoir d’achat. Jayen Chellum appelle le gouvernement à mettre en place des mécanismes de contrôle plus stricts et à inclure des représentants de consommateurs dans les processus décisionnels.


? Deepak Benydin (FPBOU/CITU) : «Attention à l’effet domino et social»

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Deepak Benydin, président de la Federation of Parastatal Bodies and Other Unions (FPBOU) et vice-président de la Confederation of Independent Trade Unions (CITU), met en garde contre un effet domino des augmentations annoncées. Selon lui, la hausse du tarif de l’électricité aura des répercussions sur l’ensemble de l’économie, notamment sur les coûts de production et les prix à la consommation.

Il insiste sur la nécessité d’un soutien accru de l’État, en particulier aux ménages à faibles revenus. En se référant à des exemples internationaux, notamment la pandémie de Covid-19, il rappelle l’importance des mécanismes de soutien social pour atténuer les chocs économiques.

Deepak Benydin souligne également les risques de tensions sociales si des mesures d’accompagnement ne sont pas mises en place. Il appelle à une concertation élargie entre le gouvernement, les syndicats et les associations de consommateurs afin de définir des solutions adaptées à la situation actuelle.

Par ailleurs, il plaide pour un développement accru des ressources locales, notamment dans les secteurs agricole et maritime, afin de réduire la dépendance aux importations. Il évoque également la nécessité de renforcer les coopératives et de mieux exploiter les ressources naturelles du pays.


? Radhakrishna Sadien (SOEF) : «Une classe moyenne sous pression»

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De son côté, Radhakrishna Sadien, négociateur de la State and Other Employees Federation (SOEF), estime que les mesures annoncées risquent de pénaliser lourdement la classe moyenne. Il dénonce une stratégie budgétaire qui repose sur des hausses de prix au détriment des travailleurs. Selon lui, la hausse de 15 % du tarif de l’électricité est particulièrement préoccupante, car elle intervient dans un contexte où le coût de la vie est déjà élevé. Il souligne que les compensations salariales actuelles sont insuffisantes pour faire face à ces augmentations, ce qui pourrait aggraver les inégalités sociales.

Radhakrishna Sadien critique également le manque de planification à long terme, notamment en matière de sécurité alimentaire. Il estime que des mesures structurelles auraient dû être mises en place bien avant les crises récentes, telles que la pandémie de Covid-19 ou les tensions géopolitiques actuelles.

Il met en garde contre les abus de certains commerçants qui pourraient profiter de la situation pour augmenter leurs prix de manière injustifiée. Enfin, il appelle à une approche progressive et concertée, soulignant que des décisions prises de manière unilatérale risquent de fragiliser davantage l’économie et la cohésion sociale.


? Manisha Dookhony, économiste : «Une tempête parfaite pour Maurice... avec des fenêtres d’opportunités»

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Pour comprendre les mesures annoncées le vendredi 10 avril par le Conseil des ministres, il faut d’abord saisir l’ampleur du contexte. C’est ce que propose Manisha Dookhony, économiste, qui parle sans détour d’«une tempête parfaite pour Maurice». Le prix du baril qui dépasse les 100 dollars, la menace persistante sur le détroit d’Ormuz, la pression sur la roupie, la suspension partielle des vols d’Emirates : tout se conjugue pour fragiliser une économie insulaire structurellement vulnérable. «Nous dépendons de l’importation du pétrole, mais aussi de presque 80 % de tous les produits que nous consommons localement. Tous les surcoûts qui se mettent sur les chaînes d’approvisionnement font que cela renchérit l’importation pour tous les produits», explique-t-elle.

Elle note également l’impact, souvent sous-estimé, sur le secteur touristique. Des hôteliers qu’elle a consultés lui ont confirmé des annulations et des reports en cascade depuis le début du conflit. «Cette pression sur la roupie alimente encore davantage le coût des importations», ajoute-t-elle. Et les engrais agricoles, dont une grande partie transite par le détroit d’Ormuz, pourraient eux aussi peser à terme sur la production locale.

Zones d’ombre

Si elle comprend que le gouvernement ait attendu avant d’agir – «tout le monde pensait que ce conflit serait de courte durée» – elle souligne que les impacts sur les prix sont «plus durables et prennent effet un peu plus tard qu’immédiatement après le début du conflit». D’où l’urgence de mesures bien ciblées. Sur la hausse de 15 % des tarifs de l’électricité, Manisha Dookhony salue l’exemption des ménages vulnérables, mais elle soulève une question précise. Le gouvernement annonce 128 800 consommateurs exclus de la hausse, correspondant à ceux inscrits au registre social. Or ce chiffre l’interpelle. «En décembre, il y avait environ 7 500 familles éligibles à l’internet gratuit. Il faudrait s’assurer que ces 128 000 correspondent bien au registre social ou vérifier s’il y en a qui ont dépassé le seuil, mais n’ont pas été mis à jour dans les bases de données du CEB», estime-t-elle.

Un travail de ciblage que la CEB devra, selon elle, mener sérieusement. Même questionnement du côté des petites et moyennes entreprises (PME). Le gouvernement annonce leur exemption de la hausse tarifaire, mais comment celle-ci s’appliquera-t-elle concrètement ? «Certaines PME opèrent dans des centres commerciaux et paient une quote-part pour leur utilisation de l’électricité. Un salon de coiffure dans un shopping mall, par exemple, comment sera-t-il traité ? Il faudrait plus de clarté», souligne-t-elle.

Pain et pouvoir d’achat

La hausse du prix du pain, d’environ 50 %, est pour elle un signal d’alarme social. L’allocation mensuelle de Rs 121 prévue pour ceux inscrits au registre social ne compensera, selon Manisha Dookhony, «que partiellement la hausse pour les familles modestes». Et l’effet s’inscrit dans une série de chocs déjà absorbés par les ménages : hausse du gaz, du carburant, et maintenant de l’électricité et du pain. «Tout cela va avoir un effet cascade sur les prix et l’inflation. Pour préserver le pouvoir d’achat, même si ce sera extrêmement difficile, il y aura certainement des demandes d’augmentation de salaires. Et dans le contexte actuel, ces demandes risquent d’être difficiles à mettre en place», prévient-elle. Elle ajoute que, pour le pain, une famille qui en achète dix par jour dépensera environ Rs 1 170 par mois, soit près de 6 % du salaire minimum.

Ne pas laisser passer une bonne crise

Manisha Dookhony refuse pourtant de s’arrêter au seul registre de la contrainte. La crise ouvre aussi des fenêtres d’opportunités que Maurice aurait tort de laisser passer. La première : accélérer la transition énergétique. «Cette urgence rend les investissements dans le solaire et l’éolien beaucoup plus attractifs», dit-elle. La deuxième est plus inattendue : le conflit fragilise Dubaï, concurrent direct de Maurice comme hub financier régional. «Dubaï perd aujourd’hui un élément clé : la sécurité et la stabilité. Maurice, elle, les a.» Des flux de capitaux pourraient ainsi se rediriger vers l’île, à condition que les conditions d’accueil suivent.

Elle évoque aussi la souveraineté alimentaire et la diversification des approvisionnements, en regardant notamment vers l’Afrique. Des pays comme le Nigeria, producteurs de pétrole ou de gaz, pourraient offrir des alternatives dans le cadre de la SADC, la ZLECAf ou le COMESA. «Il est temps de regarder vers d’autres pays, pour ne pas dépendre d’un flux spécifique», estime-t-elle.

Sur la production locale, elle termine sur une note presque optimiste, en citant un exemple venu de là où on l’attend le moins. «Si vous allez sur TikTok, vous verrez beaucoup de jeunes qui se sont mis dans la production de légumes, de façon très efficace. Ces jeunes pourraient servir d’exemple et méritent bien plus de soutien que ce qui leur est accordé aujourd’hui», conclut-elle.


? Khalil Elahee, directeur de la Mauritius Renewable Energy Agency : «L’investissement dans les renouvelables deviendra plus rentable»

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«Il est dommage que la communication autour des mesures concernant l’énergie ne se fasse pas avec davantage de sérénité, de discernement et de clarté. Il y a une colère qui est compréhensible, mais il faut aussi savoir qu’il existe des opportunités à saisir dans cette crise pour l’ensemble de la population. D’abord, il est un fait que 128 000 consommateurs résidentiels et commerciaux ne sont pas concernés. Les autres ne verront pas l’impact de la hausse sur leurs factures avant novembre 2026, car avec l’hiver, la baisse de consommation est plus significative, particulièrement dans le secteur résidentiel.

Il y a un climat de panique et un manque de confiance dans le pays qui fait que nous ne réalisons pas l’opportunité qui est offerte depuis cette semaine à tout le monde de produire son électricité à partir du solaire, d’en utiliser et même d’en vendre au CEB le surplus. C’est une décision qui était attendue depuis des décennies.

Avec une batterie de stockage et le Time-of-Use, cela veut dire un revenu pour ces prosumers au lieu de subir une hausse de tarifs. Les gros consommateurs commerciaux, industriels et domestiques doivent prendre avantage de la libéralisation nouvelle de l’installation du solaire PV avec des batteries sur les toitures pour une vraie autonomie.

Les nouveaux tarifs rendent l’investissement dans les renouvelables plus rentable. Avec l’efficacité énergétique et les économies d’énergie, les consommateurs pourront aussi amortir cette hausse de 15 % facilement. Il faut rappeler que la dernière augmentation date de 2023 et était plus forte, soit de 20 % et les industries ont connu des hausses plus importantes dans le passé.

J’invite les gros clients énergivores à se tourner vers le solaire avec des batteries tout en réduisant immédiatement les gaspillages car cela leur donnera une meilleure résilience. Je note cependant, que pour le transport, il n’y a pas de mesures fortes pour réduire la dépendance des importations. Par exemple, nous devrons songer sérieusement bientôt à un ajout de biocarburants que ce soit pour l’essence ou le diesel. La décarbonation du secteur du transport doit être une priorité.

Il n’y a pas lieu de faire de nouvelles études ou d’avoir recours à des consultants. Ce qu’il faut, c’est une approche holistique afin de venir de l’avant avec des actions concrètes de toute urgence».


? Sunil Dowarkasing, ancien stratégiste de Greenpeace : «Un amalgame sans vision»

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Pour Sunil Dowarkasing, les annonces du gouvernement n’ont rien de surprenant – mais elles n’en sont pas moins inquiétantes. «Je ne suis pas étonné. On avait déjà averti dès le début du conflit que ces impacts allaient se faire sentir», dit-il d’emblée. Ce qui le préoccupe davantage, c’est la nature même des mesures annoncées.

L’augmentation de 15% des tarifs d’électricité et la hausse du prix du pain vont, selon lui, peser lourd sur les ménages. «L’augmentation du pain va énormément peser sur les consommateurs. Et pour l’élec- tricité, il y a un effet domino que ça va entraîner.»

Mais c’est sur le volet énergétique que Dowarkasing est le plus virulent. Il pointe une contradiction fondamentale : d’un côté, le gouvernement annonce vouloir accentuer l’usage du charbon et de la biomasse ; de l’autre, il parle de débloquer 405 MW d’énergie renouvelable. «C’est décousu. On remplace un fossile par un autre fossile, et en même temps on annonce de bonnes mesures renouvelables. Comment une chose va à l’encontre de l’autre ?» Un «mismatch total», selon ses propres mots.

Il va plus loin, dénonçant ce qu’il appelle une reconcentration du pouvoir énergétique entre les mains des grands producteurs privés – Independent Power Producers (IPP). «Ces soi-disant bonnes mesures énergétiques remettent encore une fois les IPP au centre. Rien ne change.» Son verdict est sans appel : «C’est du firefighting. Il n’y a pas de direction, pas de plan, pas de vision. C’est un amalgame.»


Dr Zaheer Allam, Pr associé à l’université de Queensland : «Ce sont en réalité des mesures de systèmes urbains et territoriaux»

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«Oui, il faut voir ces décisions comme bien plus que des mesures d’urgence : ce sont en réalité des mesures de systèmes urbains et territoriaux. Elles touchent directement à la manière dont Maurice fonctionne au quotidien – énergie, mobilité, bâtiments, chaîne alimentaire, activité économique, protection sociale. C’est positif parce que cela montre que la réponse ne se limite pas à gérer une crise extérieure, mais commence aussi à traiter la façon dont notre modèle de fonctionnement absorbe les chocs.

L’enjeu maintenant, c’est de faire en sorte que ces mesures poussent réellement le pays vers plus de résilience et de transition. Si nous avions accéléré plus tôt le renouvelable, l’efficacité énergétique, le solaire décentralisé et une baisse plus structurelle de notre dépendance aux importations, notre exposition serait aujourd’hui moins forte. Mais maintenant que nous y sommes, il faut aller vite, non pas seulement pour passer le cap, mais pour transformer durablement notre trajectoire dans les prochaines années.

Cela demande plus d’innovation et de cohérence. Il faut accélérer le solaire sur les bâtiments publics et stratégiques, moderniser le réseau, améliorer l’efficacité des bâtiments et repenser les usages. Le stockage a bien sûr un rôle à jouer, mais il faut le voir comme une infrastructure de transition, utile pour accompagner la montée du renouvelable et stabiliser le système, pas comme une finalité en soi. La vraie finalité, c’est un modèle énergétique plus autonome, plus propre et moins vulnérable.

Il y a aussi une dimension plus large de positionnement géoéconomique et commercial. Maurice doit non seulement sécuriser ses approvisionnements, mais aussi être davantage présente là où se structurent les règles du commerce et de la résilience, que ce soit à l’Organisation mondiale du commerce ou dans d’autres espaces stratégiques. Nos politiques de résilience doivent être entendues, défendues et alignées avec les grandes transformations mondiales. Et tout cela doit rester guidé par la justice sociale, pour que la transition protège d’abord ceux qui sont les plus exposés.»

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