Publicité
«Residential Care Institutions»
Ces 370 enfants placés que le système doit mieux protéger
Par
Partager cet article
«Residential Care Institutions»
Ces 370 enfants placés que le système doit mieux protéger
Ils sont 370, de zéro à 17 ans, placés dans des institutions parce que leur famille n’a pas pu, n’a pas su, ou n’a pas voulu. C’est sur ce chiffre, brut, pesant, qu’a démarré, mardi, un atelier consultatif de deux jours portant sur la révision des Residential Care Institutions (RCI) Regulations 2022, à l’Oceans Creek Beach Hotel, Balaclava. Autour de la table : directeurs d’institutions, représentants de ministères partenaires, organisations non gouvernementales (ONG) et des résidents des foyers eux-mêmes.
Améliorer la qualité
Le pays compte aujourd’hui 22 RCI : cinq, logées dans des bâtiments d’État mais gérées par des ONG ; dix-sept, entièrement administrées par des ONG. Ces structures constituent le dernier filet de protection pour des enfants victimes de violence, d’abus ou de négligence, placés sous ordonnance judiciaire. Ce ne sont pas des centres d’hébergement ordinaires, mais des espaces où des enfants marqués par des ruptures parfois profondes arrivent avec, pour tout bagage, la confiance fragile qu’ils placent dans un système qui se doit d’être à la hauteur.
Les règlements adoptés en 2022 avaient posé un premier cadre… insuffisant. Depuis, les remontées du terrain sont constantes : qualité de prise en charge inégale, besoins psychosociaux de plus en plus complexes, cadre réglementaire à la traîne.
Dès sa prise de fonction en novembre 2024, la ministre de l’Égalité des genres et du bienêtre de la famille, Arianne Navarre-Marie, dit avoir été interpelée de manière répétée par les acteurs du secteur sur la nécessité de revoir ce cadre. C’est ce constat qui a poussé le ministère à lancer ce processus de révision.
En ouvrant les travaux ce mardi, la ministre a fixé des objectifs précis: améliorer la qualité des services, renforcer la sécurité des enfants, mieux encadrer les pratiques professionnelles et garantir que chaque décision soit prise dans l’intérêt supérieur de l’enfant – et non dans celui de la procédure ou de l’institution.
La révision vise également à introduire une approche plus individualisée. Offrir un toit ne suffit pas : il s’agit de créer les conditions pour que ces enfants puissent grandir, se reconstruire et envisager une vie d’adulte stable. «Chaque fois que c’est possible, une atmosphère qui ressemble à ce qu’une famille devrait être», a-t-elle formulé.
La supervision figure parmi les chantiers prioritaires. Un cadre réglementaire sans mise en œuvre rigoureuse reste lettre morte. Inspections régulières, mécanismes de suivi, tenue des dossiers, mesures correctives : ce sont les garanties minimales que ces enfants sont en droit d’attendre.
Un cas récent dans une institution à Bambous a servi d’illustration concrète dès l’ouverture des travaux. Le message aux gestionnaires présents était sans ambiguïté: les recommandations formulées après inspection ne sont pas optionnelles. «Un enfant placé sous protection de l’État ne peut pas payer le prix d’une recommandation ignorée.»
Les carers ont aussi été nommés dans ce tableau – avec reconnaissance, mais aussi lucidité. Car ce sont eux qui, au quotidien, font tenir le système, souvent dans des conditions difficiles. Ils méritent un cadre réglementaire qui les soutient réellement.
Sur deux jours, les participants seront répartis en groupes de travail pour passer en revue les différentes sections des règlements existants et formuler des recommandations. L’exercice se veut ancré dans la réalité du terrain : loin des manuels, proche des expériences vécues. La participation des résidents des foyers est inscrite dans la démarche, conformément à la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant. Leurs expériences et leurs aspirations doivent guider les décisions. Pas seulement les intentions.
Publicité
Publicité
Les plus récents