Publicité
Parlement
Ambiance : «No ping-pong, no ping-pong»
Par
Partager cet article
Parlement
Ambiance : «No ping-pong, no ping-pong»
Dix minutes. C’est le retard avec lequel la séance parlementaire de ce mardi 7 avril a débuté, soit à 11 h 40 au lieu de 11 h 30. Un détail, peut-être. Sauf qu’à 11 h 35, le conseiller du Premier ministre avait déjà fait son entrée – vite, vite – dans l’hémicycle. Cinq minutes plus tard, Navin Ramgoolam suivait. Comme si une dernière mise au point s’imposait avant le coup d’envoi.
Premier acte : la speaker Shirin Aumeeruddy-Cziffra annonce avoir reçu deux lettres, l’une du whip de l’opposition Adrien Duval et l’autre de l’ex-DPM Paul Bérenger, au sujet de l’allocation des sièges. Le nom de Bérenger prononcé, la salle retient son souffle une fraction de seconde. Un moment suspendu, presque imperceptible, qui rappelle que le leader mauve n’est plus là.
Ses troupes, elles, sont bien présentes, assises, silencieuses, mais pas une cravate mauve n’était en vue aujourd’hui. Effacement discret ou changement de couleur à venir? Pendant les 20 premières minutes, l’Hémicycle tourne au ralenti. Puis vient la Private Notice Question.
Salle de classe
Il est 12 h 02 quand le leader de l’opposition, Joe Lesjongard, reprend son fil habituel : les tensions au Moyen- Orient, les répercussions sur le pouvoir d’achat des Mauriciens. Des questions que la chambre accueille avec un chœur bien rodé : «MSM, MSM, MSM», comme une réponse à tout ou une réponse à rien. Le premier ministre, lui, ne se fait pas prier : «They bankrupted the country.» Ce qui a l’effet de réveiller l’assemblée pour de bon.
On dirait une salle de classe. D’un côté, la speaker – la professeure – qui tente de maintenir l’ordre, dont la patience s’effrite. De l’autre, les élèves : Ram Etwareea, régulièrement recadré depuis son banc. Joe Lesjongard et Adrien Duval, côté opposition, qui se font reprendre. Et au pupitre, Navin Ramgoolam, soutenu par ses camarades de banc qui commentent, répliquent, relancent. À un moment, Shakeel Mohamed lance même, à travers l’Hémicycle, à l’adresse d’Adrien Duval qui tente de reprendre une question : «You can’t insist.»
La speaker, elle, multiplie les rappels à l’ordre. «No ping-pong, no ping-pong, no ping-pong.» Jusqu’à dispenser, lasse, une leçon de syntaxe : «It is very easy to use how, when, what…», pour rappeler que les questions doivent être des questions, et non des commentaires déguisés. Quand Lesjongard aborde le prix des billets d’avion et l’impact sur le tourisme, Ramgoolam répond, lapidaire : «I don’t control the price of oil.»
À 12 h 15, Adrien Duval prend le relais et interpelle le PM sur la flambée des tarifs d’Air Mauritius. D’un banc en face, quelqu’un lâche : «To pe al Paris, la ?». Le ton redevient plus grave lorsqu’Adrien Duval questionne le PM sur la manière dont il entend «secure allegiance» des membres et nommés restants du MMM, dans un contexte de recomposition politique. Dans la salle, quelqu’un murmure ou peut- être lance-t-il franchement : «Game of Thrones». Comme si l’expression était lâchée pour nommer ce que tout le monde voyait déjà.
Publicité
Publicité
Les plus récents