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Crise institutionnelle
Adrien Duval dénonce une situation «constitutionnellement intenable»
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Crise institutionnelle
Adrien Duval dénonce une situation «constitutionnellement intenable»
Le Chief Whip de l’opposition, Adrien Duval, a adressé une lettre formelle à la speaker, Shirin Aumeeruddy-Cziffra, afin de contester un possible bouleversement dans l’organisation de l’Hémicycle. Dans ce courrier daté d’hier, il revient sur la conférence de presse tenue le 4 avril par Paul Bérenger, en présence de Joanna Bérenger et de Chetan Baboolall. Lors de cette intervention, les trois élus avaient laissé entendre leur intention de siéger sur les bancs de l’opposition lors de la séance du 7 avril, tout en demeurant membres du MMM.
Une perspective qui suscite une vive opposition de la part d’Adrien Duval. Dans sa lettre, il souligne que ces élus souhaitent prendre place derrière le leader de l’opposition et lui-même, tout en restant affiliés à un parti faisant partie de la majorité gouvernementale. Une telle configuration est qualifiée de «preposterous» et, selon lui, de nature à tourner en dérision les fondements mêmes de la démocratie parlementaire.
S’il reconnaît que la répartition des sièges relève de l’autorité de la speaker, Adrien Duval insiste sur le fait que cette prérogative doit s’exercer dans le respect strict de la Constitution et des pratiques parlementaires établies, notamment celles inspirées du modèle de Westminster. Pour étayer son argumentation, il s’appuie sur Erskine May, ouvrage de référence en matière de procédure parlementaire, rappelant que le gouvernement est constitué du parti ou de la coalition disposant de la confiance de la Chambre, tandis que l’opposition regroupe ceux qui ne soutiennent pas l’exécutif.
Ces principes, souligne-t-il, imposent une séparation claire entre majorité et opposition. Dès lors, il estime qu’il est inconcevable qu’un parti membre du gouvernement puisse voir certains de ses élus siéger simultanément sur les bancs de l’opposition, sans avoir quitté leurs fonctions ou leur formation politique.
Brouiller les lignes fondamentales
Adrien Duval va plus loin en avertissant que permettre une telle situation reviendrait à brouiller les lignes fondamentales du fonctionnement parlementaire. Selon lui, cela effacerait la distinction essentielle entre gouvernement et opposition, affaiblirait la responsabilité collective et risquerait de rendre le fonctionnement de l’Assemblée incohérent, voire ingérable. Il évoque même le risque d’une crise constitutionnelle si un tel précédent venait à être établi.
Dans ce contexte, le Chief Whip de l’opposition estime qu’aucune position intermédiaire n’est envisageable. Les élus concernés doivent, selon lui, faire un choix clair : soit quitter leur parti et siéger en tant qu’indépendants ou membres de l’opposition, soit rester fidèles à leur formation politique et occuper les bancs du gouvernement.
Il invite ainsi la speaker à veiller à ce que toute décision relative à la disposition des sièges soit conforme aux principes constitutionnels et aux pratiques parlementaires reconnues. Il suggère également que, avant d’autoriser un tel changement, il conviendrait de s’assurer que les élus concernés ont effectivement démissionné ou ont été exclus de leur parti.
Enfin, Adrien Duval prévient qu’il se réserve le droit de soulever cette question sous forme de point of order lors de la séance parlementaire d’aujourd’hui, laissant présager un débat animé au sein de l’Assemblée nationale.
Contacté, Adrien Duval a souligné qu’«en tant qu’ancien speaker, il y a un véritable problème dans cette affaire. Enn parti pa kapav ena de lipie dan de kote Lasanble». Il a insisté sur le fait que les membres d’un parti doivent être alignés et siéger conformément à la position de leur formation politique, rappelant qu’il s’agit là d’un principe fondamental de la démocratie parlementaire. À défaut, dit-il, des situations absurdes pourraient se produire. « Par exemple, un Deputy Prime Minister (DPM) pourrait choisir de s’asseoir sur les bancs de l’opposition aujourd’hui, puis redevenir DPM quand cela lui convient», a-t-il illustré.
Adrien Duval a également souligné que la distinction entre membres du gouvernement et de l’opposition est clairement établie et doit être respectée. «Les trois personnes concernées ne peuvent pas rester membres du MMM tout en siégeant sur les bancs de l’opposition», a-t-il affirmé.
Il a enfin ajouté que, sans son intervention, «cette erreur aurait pu être mise à exécution».
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